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Interview « J’ai été viré de la section sportive » : du VSF à la Ligue 2 avec Laval, Yanis Court raconte ses souvenirs
Yanis Court lors de sa première titularisation face à Sochaux au stade Francis Le Basser.
Yanis Court lors de sa première titularisation face à Sochaux au stade Francis Le Basser. ©Nicolas GESLIN

Le 4 septembre 2026, le club de football Le Stade Lavallois, basé à Laval (Mayenne) recevait le Red Star de Saint-Ouen-sur-Seine (Seine-Saint-Denis) sur la pelouse du stade mayennais Francis-Le Basser.
Quel rapport avec La Ferté-Bernard direz-vous ? Sur le terrain, ce jour-là, deux joueurs passés par le VSF football s’affrontaient. Gaëtan Poussin gardait les buts du Red Star, Yanis Court dynamitait le milieu de terrain de Laval.
Victoire des Parisiens, deux buts à un. « Je n’ai même pas été saluer Gaëtan car j’étais trop déçu par le score. Et je ne suis pas trop quelqu’un qui va vers les gens, même si j’aurais bien aimé qu’on se parle », avoue Yanis Court.
Le milieu de terrain offensif de 17 ans du Stade Lavallois a signé son premier contrat professionnel cet été. Un rêve devenu réalité pour le Fertois qui ne se fixe « aucune limite ».

De nombreuses fractures pour Yanis Court, Fertois qui évolue au Stade Lavallois

L’Action-L’Echo : Yanis, comment ça va ? Vous restez sur votre première titularisation en Ligue 2 contre Sochaux, vendredi 18 septembre mais vous étiez sorti blessé.

Yanis Court : Justement, ça pourrait aller mieux. J’ai une fissure au ménisque. Lors d’un duel en début de match, ç’a tapé. J’en ai pour trois à quatre mois de soins. J’ai déjà hâte de retrouver les terrains en 2027 !

A.-E. : Cette blessure arrive alors que vous gagniez votre place… Vous grattiez des minutes depuis le début de la saison, et la première titularisation arrivait enfin.

Y. C. : Oui ! Déjà, j’étais un peu triste que la trêve internationale arrive, car je me sentais bien, elle me coupait dans mon élan. Mais là, c’est encore pire.

A.-E. : Avez-vous déjà connu des périodes longues de convalescence de ce type ?

Y. C. : Malheureusement, sur les trois dernières années, j’ai été pas mal blessé. En trois ans, j’ai eu fracture du poignet, de la malléole extérieure, de la clavicule, et des lésions à l’aine.

De la Patriote au VSF

A.-E. : Cela permet-il de mieux appréhender cette période difficile ?

Y. C. : Mentalement, ce n’est jamais simple. En étant footballeur, ce qu’on veut, c’est être sur le terrain, mais cela fait prendre du recul. Quand on joue, on ne se rend pas compte de la chance que l’on a. Alors, je ferai mes soins en salle et je serai le premier supporter du club dans les tribunes.

Yanis Court doit faire face à une blessure au genou, il ne reverra pas les terrains avant 2027.
Yanis Court doit faire face à une blessure au genou, il ne reverra pas les terrains avant 2027. ©Stade Lavallois

A.-E. : Revenons à vos débuts, c’était à Bonnétable.

Y. C. : Mon père (Gaëtan, aujourd’hui vice-président du VSF football), jouait dans ce club. Il m’a initié au foot, et à 4 ans, j’avais ma première licence. Ensuite, en U12, j’ai intégré la section sportive au collège de La Ferté-Bernard, et j’ai signé au VSF.

« J’étais un taré »

A.-E. : Le foot, ç’a toujours été une passion ?

Y. C. : Pire que ça, j’étais un taré (rires) ! Dans notre maison à Saint-Célérin-le-Géré, on avait un grand jardin, on jouait tout le temps. Et j’étais toujours au but, je jouais avec mon père, il tirait. Donc, j’étais gardien en club aussi. Mais au bout d’un moment, j’en avais marre d’être gardien, je ne touchais pas assez le ballon, donc j’ai demandé à être sur le terrain. J’avais de l’explosivité et une bonne vitesse de pointe, donc j’ai été mis ailier gauche.

A.-E. : Comment s’est passée l’arrivée en section sportive ?

Y. C. : J’avais demandé à intégrer la section sportive du Mans ou de Sablé-sur-Sarthe, mais j’ai toujours été refusé car j’avais un mauvais dossier scolaire. Ils avaient un œil « footballistique » sur moi quand même, mais ils n’ont jamais voulu me prendre. Et à La Ferté-Bernard, j’ai fini par être viré de la section…

« J’étais un vrai petit con »

A.-E. : Pour quelle raison ?

Y. C. : Mon mauvais comportement ! Sur le terrain, j’étais ‘un vrai petit con’. J’étais le meilleur, et de loin, mais l’exigence que j’avais envers moi-même, je la demandais aussi à mes coéquipiers. J’ai rencontré un psychologue du sport, et il m’a fait comprendre que ce n’était pas possible. Mes parents m’ont remis les pendules à l’heure et ç’a été un déclic pour moi. Je les en remercie, ils aiment bien rester dans l’ombre, mais ils ont tout fait pour moi.

A.-E. : Comment se fait votre arrivée à Laval alors ?

Y. C. : Lors d’un tournoi interligue avenir en U15, le Stade Lavallois m’avait repéré. Comme Cholet et Le Mans FC. Les trois clubs étaient très intéressés mais j’ai fini par choisir Laval.

Il raconte sa signature pro

A.-E. : Pourtant vous êtes un supporter du Mans ?

Y. C. : Oui, je suis Sarthois… Mais au fond de moi, je me disais qu’ils m’avaient toujours refusé. Et puis les dynamiques des équipes à l’époque étaient différentes, Le Mans était encore en National.

Yanis Court évoque ses souvenirs du VSF jusqu'à sa signature professionnelle à Laval.
Yanis Court évoque ses souvenirs du VSF jusqu’à sa signature professionnelle à Laval. ©Stade Lavallois

A.-E. : Vous signez un contrat de deux ans au centre de formation et la suite on la connaît…

Y. C. : Oui, j’ai fait U16-U17 et U18. En janvier dernier, j’avais signé mon contrat stagiaire pro, et il était conditionné à ce que je fasse la reprise de la saison avec le groupe professionnel. J’ai fait une très bonne prépa’ cet été et avant le début du championnat, j’ai signé mon premier contrat professionnel.

« Je ne me considère pas comme un crack »

A.-E. : C’est un rêve, à 17 ans, de décrocher son contrat pro ?

Y. C. : Oui, mais en toute humilité, être titulaire avec la N3, ce n’est pas ce que je visais. Je savais ce que je voulais, et je suis là où je veux être. Une fois qu’on est dedans, on ne réalise pas trop. Et l’âge ne veut rien dire, je ne me considère pas comme un crack, sinon je serais au Real Madrid ou au FC Barcelone.

A.-E. : Quelles sont vos ambitions ?

Y. C. : Je n’ai aucune limite ! Je ne veux pas n’être qu’un joueur de Ligue 2, j’ai plus d’ambition. Il n’y a que le terrain qui parle, si je suis bon tout le temps, je vais avoir ma chance plus haut.

A.-E. : Le début de saison de votre club n’est pourtant pas optimal… (Laval est dernier du championnat, N.D.L.R.).

Y. C. : Oui, mais franchement, on ne le mérite pas. Il y a de très bons jeunes, un bon groupe soudé. Le coach a changé (David Vignes a signé cet été, ndlr). Si on continue, ça va tourner.

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