Retour
Il y a les chiffres qui font sourire. Et ceux qui font réfléchir. Jeudi, la Fédération française de football a annoncé le déblocage d’une enveloppe de 2,2 millions d’euros pour soutenir les quelque 12 000 clubs amateurs du pays face à la hausse des prix du carburant, rapporte Foot Mercato. L’aide sera versée directement sur les comptes des clubs, avec des montants adaptés à leur taille.
Dans le même temps, son président Philippe Diallo a dévoilé les premiers résultats de l’exercice 2025-2026 : pour la première fois, les recettes de la FFF dépassent les 300 millions d’euros, avec un bénéfice net d’un peu plus de 4 millions d’euros.
Deux annonces. Un même jour. Et forcément, la comparaison.
Selon le détail du dispositif relayé par Renseignement Économique, l’aide oscille entre 100 euros pour les clubs de moins de 100 licenciés et 500 euros pour les plus grandes structures. Un geste apprécié, sans aucun doute, dans un contexte où chaque déplacement en car ou en minibus pèse de plus en plus lourd sur des budgets souvent tenus à l’euro près.
Mais pour un petit club qui enchaîne les déplacements chaque week-end, cent euros ressemblent davantage à un pansement qu’à un remède. Un amortisseur temporaire, plutôt qu’une solution durable.
Le rebond financier de la FFF, lui, est spectaculaire. La saison précédente, l’instance avait enregistré des pertes de plus de 8 millions d’euros, notamment en raison du soutien apporté au football professionnel, fragilisé par la crise des droits télévisés. Cette fois, la progression des recettes dépasse les 12 millions d’euros.
L’explication ? Principalement le renouvellement du contrat avec l’équipementier et la signature de six nouveaux partenariats commerciaux. Rarement la Fédération aura été aussi attractive pour les marques. Il faut dire que l’équipe de France, désormais dirigée par Zinédine Zidane, reste l’un des produits les plus porteurs du sport français.
Le débat n’est pas nouveau. Depuis des années, les dirigeants du football amateur dénoncent un décalage entre la santé financière des instances et les difficultés des clubs de quartier ou de village, qui reposent sur des milliers de bénévoles. L’aide carburant, aussi utile soit-elle, ne mettra pas fin à ce sentiment.
Ou plutôt, elle pourrait même le raviver. Car à l’heure où la FFF communique sur des recettes record, chaque club amateur fera rapidement le calcul : combien de pleins, avec cette aide ?
Il serait injuste de balayer l’initiative d’un revers de main. La FFF aurait pu ne rien faire. Elle a choisi de redistribuer une partie de ses nouvelles ressources vers la base. C’est un signal.
Reste à savoir s’il sera suivi d’autres mesures. Car sur les terrains du dimanche matin, la flambée du carburant, elle, ne va pas s’arrêter de sitôt.