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"La Province, ils s'en foutent !" : de l'incompréhension et de la colère pour l'hippodrome de cette petite ville du Lot qui voit son activité largement réduite
L'activité du seul hippodrome lotois va devoir s'adapter à la suppression de nombreuses courses. DDM Archives - LAURENT LASSERRE

l'essentiel La hache de France Galop est tombée : l'hippodrome du Tumulus, à Gramat dans le Lot, perd ses épreuves de galop et la moitié de son calendrier. Une décision perçue comme un affront par la société des courses. Son président, Pierre Delrieu, pousse un coup de gueule.

L’incompréhension et la colère dominent sur le causse lotois. Actée le 19 octobre dernier lors du conseil d’administration de France Galop, la réorganisation des courses hippiques en région impose une logique stricte de spécialisation. Pour Gramat, dans le Lot, la sentence est particulièrement lourde : l’activité galop y est purement et simplement supprimée.

L’hippodrome du Tumulus perd ainsi l’une de ses deux réunions annuelles pour la saison 2027, ne conservant plus qu’une unique journée dédiée exclusivement au trot. Un choc brutal pour l’association lotoise fondée à la fin du XIXe siècle. "On nous dit que nous ne sommes pas les plus à plaindre car on conserve une journée de trot par an, par rapport à Aurillac dont l’hippodrome va complètement fermer... Certes. Mais il n’empêche que c’est une grave atteinte à une institution locale. Les courses de chevaux, à Gramat, ça remonte tout de même à 1891 !", dénonce Pierre Delrieu, le président de la société des courses.

"Pas question de toucher à Paris"

Pour le dirigeant lotois, l’argumentaire financier martelé par les instances nationales ne résiste pas à l’épreuve des faits. "Au niveau national, on ne leur coûte que 400 000 € en prix décernés. Ils pénalisent sciemment les petits hippodromes pour tenter de combler un déficit global de 48 millions d’euros sur les courses de galop et d’obstacles ! Pour la gouvernance, il est hors de question de toucher aux gros hippodromes et aux Parisiens. La Province, ils s’en foutent !", martèle-t-il sans détours. Officiellement, l’instance dirigeante menée par Guillaume de Saint-Seine depuis 2023 met en avant un plan destiné à rendre le calendrier "plus lisible, plus attractif et pérenne".

Le président de la société des courses de Gramat, Pierre Delrieu.
Le président de la société des courses de Gramat, Pierre Delrieu. DDM

En réalité, cette réorganisation illustre la crise profonde qui frappe la filière du galop et le modèle du PMU. Dans le Sud-Ouest, le couperet tombe d’ailleurs lourdement : Agen perd 35 courses de plat, Montauban et Auch renoncent au galop, tandis qu’Aurillac disparaît de la carte. Une centralisation destructrice selon Pierre Delrieu : "Ils sont en train de tuer toute une filière. Les coureurs et entraîneurs qui viennent chez nous n’ont tout simplement pas accès aux grands hippodromes parisiens. Ça reviendrait exactement à détruire toutes les petites équipes de rugby de la région pour sauver le Top 14 !"

Se réinventer, pour survivre

Face à ce désengagement national, le président de la société des courses entame un tour de table politique, lui qui assure pouvoir déjà compter sur le soutien des quatre parlementaires du département, tout comme de Vincent Labarthe, conseiller régional. Hier, mercredi 28 octobre, il devait rencontrer la sous-préfète de Gourdon avant d’échanger prochainement à Paris avec les responsables de France Galop. L’homme reste toutefois lucide : "Je suis assez pessimiste et ne me fais pas beaucoup d’illusions sur les suites de ces entretiens." 

Malgré la douche froide, l’équipe lotoise refuse de baisser les bras. "Dans l’immédiat, nous ne sommes pas menacés. On devrait survivre grâce à la mobilisation et au dévouement de nos bénévoles passionnés", rassure Pierre Delrieu. Pour préserver l’équilibre financier fragilisé par la perte de cette date, le site devra impérativement se réinventer. "Côté rentabilité, ça complique les choses. Il va falloir se diversifier avec d’autres animations comme du horse-ball ou des repas champêtres...", conclut le président, résolu à faire vivre le Tumulus malgré les arbitrages venus de la capitale.

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