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En s’appuyant sur le passé de Samuel Eto’o avec les Lions Indompatables marqué par des moments de tensions, Jean Ediegnie III estime que comme l’ancien capitaine avait bénéficié d’une certaine grâce, il en va de même pour André Onana écarté de la tanière des Lions Indomptables depuis 2025. En enchainant des clean sheet en Turquie, le « conseiller spécial du Grand 9 » l’invite à accorder une seconde chance au gardien de Trabzonspor.
Lettre ouverte à Samuel Eto’o Fils, président de la Fecafoot : mon Grand 9, pourquoi André Onana n’aurait-il pas droit à une seconde chance ?
Cher Samuel Eto’o Fils,
C’est avec beaucoup de respect, mais également une profonde incompréhension, que je prends ma plume ce matin pour m’adresser à vous au sujet de notre compatriote André Onana, dont l’absence prolongée chez les Lions Indomptables continue de susciter de nombreuses interrogations.
Mon Grand 9, permettez-moi de vous rappeler un épisode de votre propre carrière internationale.
En décembre 2011, alors que vous étiez capitaine des Lions Indomptables, vous aviez été suspendu pour 15 matchs par la FECAFOOT à la suite du mouvement de grève des joueurs ayant entraîné l’annulation d’un match amical contre l’Algérie.
Cette sanction avait ensuite été ramenée à huit mois.
En août 2012, lorsque le sélectionneur Denis Lavagne vous avait rappelé en équipe nationale, vous aviez vous-même refusé de répondre favorablement à cette convocation, dénonçant notamment les dysfonctionnements persistants dans la gestion des Lions Indomptables.
Pourtant, mon Grand 9, personne n’avait considéré que votre histoire avec l’équipe nationale devait définitivement s’arrêter là.
Quelques semaines plus tard, sous Jean-Paul Akono, vous retrouviez les Lions Indomptables et votre brassard de capitaine.
Vous aviez eu droit à une nouvelle chance !
Et cette possibilité de revenir n’avait rien d’anormal.
Car votre talent, votre expérience et votre contribution à l’équipe nationale étaient jugés suffisamment importants pour que les différends du passé ne constituent pas un obstacle définitif.
Mon Grand 9, pourquoi ce qui était possible pour Samuel Eto’o en 2012 ne le serait-il pas pour André Onana en 2026 ?
Je vous pose cette question avec d’autant plus d’insistance que notre compatriote continue de démontrer ses qualités sur les pelouses européennes.
Hier encore, avec Trabzonspor, André Onana a réalisé un nouveau clean sheet lors de la victoire (2-0) face à Beşiktaş.
Une performance qui vient s’ajouter à ses récentes prestations encourageantes dans le championnat turc.
Et pourtant, malgré cette dynamique sportive, son absence chez les Lions Indomptables continue d’interroger.
Cher Samuel Eto’o, qu’est-ce qui justifie aujourd’hui la non-sélection d’André Onana ?
Existe-t-il une sanction disciplinaire toujours en vigueur ?
Une décision technique motivée par des critères sportifs ?
Ou des différends qui n’auraient jamais été définitivement réglés ?
À ma connaissance, aucune explication publique suffisamment précise ne permet aujourd’hui de répondre à toutes ces interrogations.
Je ne prétends pas qu’André Onana doive être sélectionné automatiquement parce qu’il réalise de bonnes performances en club.
Mais je pense qu’un joueur de son expérience mérite, comme tous les autres internationaux camerounais, d’être évalué selon des critères sportifs et disciplinaires transparents.
Mon Grand 9, vous savez mieux que quiconque qu’une carrière internationale ne devrait pas se résumer à ses moments de désaccord.
Vous avez vous-même traversé des périodes de tensions avec les responsables de notre football.
Vous avez contesté certaines décisions.
Vous avez refusé une convocation.
Et malgré tout, les portes de la sélection nationale se sont rouvertes devant vous.
Pourquoi ne pas contribuer aujourd’hui à créer les conditions d’un dialogue avec André Onana, si des différends subsistent réellement ?
Car, mon Grand 9, le pardon et la réconciliation ne sont pas des signes de faiblesse.
Notre histoire, en Afrique comme ailleurs, nous enseigne que des hommes ayant connu des oppositions autrement plus graves ont parfois réussi à se retrouver autour de l’intérêt supérieur de leur nation.
Nelson Mandela, après vingt-sept années de prison, a fait de la réconciliation l’un des fondements de son action politique.
Sans comparer ces situations à un différend sportif, nous pouvons au moins en retenir une leçon : aucun désaccord ne devrait être considéré comme irréparable par principe.
Et dans le cas d’André Onana, nous parlons avant tout de football !
Cher Samuel Eto’o, les Lions Indomptables n’appartiennent ni à leur président de fédération, ni à leur sélectionneur, ni à un joueur. Ils appartiennent à toute la nation camerounaise.
Cela ne signifie pas que chaque joueur possède un droit automatique à la sélection.
Cela signifie simplement que les décisions doivent servir l’intérêt sportif de l’équipe nationale et pouvoir être expliquées.
Mon Grand 9, je ne vous demande pas d’imposer André Onana au sélectionneur.
Je vous demande de contribuer à clarifier publiquement sa situation et, si un différend existe, de favoriser les conditions de son règlement.
Car notre football a davantage besoin de rassemblement que de divisions.
Vous avez bénéficié d’une seconde chance en 2012. Pourquoi André Onana ne pourrait-il pas, lui aussi, retrouver un jour le chemin des Lions Indomptables ?
En espérant que cette modeste interpellation retiendra votre attention, je vous prie de recevoir, cher Samuel Eto’o Fils, l’expression de ma considération et de mon profond respect.
Jean Ediegnie III
L’Apôtre Jean de l’Église Saint Samuel de Warda
Conseiller spécial FB du Grand 9.