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Sur les bancs de l’école de la Baume, où il a passé toute son enfance, Celio faisait souvent partie des meilleurs quand il s’agissait de sport. Dans la cour de récréation, il était celui qui courait le plus vite, le plus technique avec un ballon, le plus agile à la balle au prisonnier… Celio se débrouillait de partout. C’était ce jeune qu’on voulait tous avoir dans son équipe.
Et puis, dans sa tête, ses idées étaient claires : il ne voulait pas seulement jouer, il voulait gagner. "Quand j’étais plus petit, j’avais un tempérament très virulent. J’étais très excité, hyperactif et j’avais beaucoup de problèmes de concentration", admet le Sisteronais. Aujourd’hui, Celio Leone a quitté les bancs de son école pour fouler le monde des adultes. Âgé de 20 ans, il a appris à "[se] concentrer, à patienter, à prendre le temps", tout en conservant son appétence pour le sport, qu’il continue de pratiquer.
Mais alors, comment tout a commencé ? Dans sa vie, le sport y a trouvé sa place très tôt. Avant même d’intégrer l’équipe de football de Sisteron en catégorie "baby-foot" (initiation dès l’âge de 4 ans), il tapait déjà du ballon chez lui. Puis, en 2013, Celio s’est lancé dans une discipline totalement différente : le karaté. "J’en pratiquais à Château-Arnoux et c’était un sport qui me plaisait beaucoup", confie-t-il. Le Dignois de naissance a même participé aux championnats de Provence, où il a décroché une belle 3e place.
À l’adolescence, le jeune sportif s’est ensuite décidé à se concentrer uniquement sur le football ; c’est là que son histoire s’est progressivement écrite. Ses premières saisons, il les passe sous les ordres de Kévin Da Costa, actuel joueur du SFC. Après de belles performances individuelles, Celio Leone découvre un nouvel entraîneur, Fabrizio, qui prend une initiative d’envergure : l’emmener faire des essais au centre de formation de l’Olympique de Marseille.
Non retenu pour manque de physique, le jeune bas-alpin quitte la cité phocéenne déçu, mais pas désespéré pour autant. Il va ensuite s’essayer au Gap Foot 05, mais des pépins physiques le renvoient au bercail sisteronais plus tôt que prévu. Un parcours rempli d’expériences mais semé d’embûches pour celui qui, étant petit, espérait devenir footballeur professionnel. Et pourtant, la vie est faite de surprises. Il suffit d’être au bon endroit, au bon moment, pour trouver son bonheur. Des surprises qui surviennent quand on s’y attend le moins.
"Mon père jouait déjà à la grosse boule (la boule lyonnaise) et un jour, complètement par hasard, alors que je venais récupérer mes clés de maison, je suis tombé sur leur match", raconte celui qui était âgé de 15 ans. Marc Dussaillant, alors entraîneur de l’équipe sisteronaise, a tout de suite sauté sur l’occasion, celle de voir un jeune s’intéresser à cette discipline : "Quand il m’a vu arriver, il était content donc il m’a proposé de faire un entraînement. Je suis donc venu tester avec mon ami Nino Chabal et on a accroché direct", se remémore le désormais bouliste provençal.
Lancé dans sa nouvelle passion, Celio intègre l’équipe après un an d’entraînement et pour sa première saison, la Grosse Boule sisteronaise remporte le championnat de National 3, puis celui de National 2 par la suite avant de s’incliner en finale du championnat de National 1, tout de même qualificative pour la montée en Elite 2. Des performances à la chaîne qui offrent un statut solide à la GBS. Au-delà du sportif, la lyonnaise a aussi permis à Celio de travailler sur lui-même. Ce sport nécessite beaucoup de technique, de lucidité, de calme.
Conscient de son caractère, le Sisteronais savait où s’améliorer, et il l’a merveilleusement fait. "Les boules m’ont vraiment appris à rester calme, concentrer, à rester patient, ce qui m’a beaucoup aidé pour le foot. Inversement, le football m’a appris à gérer la pression donc quand j’étais sur les terrains, le bruit, l’ambiance, ça ne me déstabilisait pas", affirme-t-il. Dans la vie de tous les jours, Celio ne lâche pas ces disciplines, puisque son BPJEPS APT (Activités Physiques pour Tous) lui permet de travailler au service des sports à Sisteron.
Désormais face aux nouvelles générations, Celio s’est trouvé une nouvelle passion : transmettre. "Le sport, c’est ancré en moi, ça me fait me sentir utile car j’aime pouvoir transmettre ce que j’ai appris". Mais le "pluri-athlète" de la cité de Paul Arène a encore le cœur qui balance : "Actuellement, je vise à être le meilleur dans les deux sports. Je ne fais pas de pause, j’enchaîne tout. À l’avenir, j’essaierai de réduire certains entraînements afin de prendre du temps pour moi et pour ma famille, mais actuellement, je ne peux pas faire ce choix", conclut Celio, partagé entre deux passions qu’il entend bien mener le plus loin possible.