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« Le sentiment d'avoir réalisé quelque chose d'impossible », cet habitant d'Offranville a dompté le marathon des sables
Ludovic Carpentier a dû composer avec des températures avoisinant parfois les 50°C.
Ludovic Carpentier a dû composer avec des températures avoisinant parfois les 50 °C. ©Photo fournie par l’athlète.

Le marathon des sables « Legendary » reste l’objectif majeur de Ludovic Carpentier pour ses 40 ans. Cependant, ce n’est que dans deux ans, et avant, cet habitant de Colmesnil-Manneville, près d’Offranville, ne veut pas rester inactif. Alors, après avoir tenté avec succès l’aventure du marathon des sables au Pérou en fin d’année 2025, ce sportif accompli (il a pratiqué le canicross et jouait il n’y a pas encore si longtemps au hand à Arques-la-Bataille), a décidé de s’engager dans la même épreuve, mais au Maroc. Il a connu d’autres conditions, d’autres galères, mais son courage et son mental ont encore fait la différence et lui ont permis de franchir la ligne d’arrivée.

« Tenir compte de ce que j’avais vécu au Pérou »

Après avoir fini le marathon des sables au Pérou, Ludovic Carpentier a d’abord annoncé qu’il ne recommencerait jamais et après avoir bien récupéré, il a évoqué son envie d’y retourner pour « défier » le désert, mais avec en tête le « Legendary » et ses 250 km en six étapes. Cependant il a changé de décision pour plusieurs raisons : « J’ai été contacté par les organisateurs du marathon des sables au Maroc qui me proposaient une réduction de 40 % sur l’engagement à leur manifestation en tant que finisher au Pérou. Mille deux cents euros au lieu de 2 000, ça compte quand même d’autant que je voulais connaître les conditions de course au Maroc. Alors, j’ai dit banco en prévoyant de tenir compte de ce que j’avais vécu au Pérou ».

Autre élément important, la préparation du Seinomarin va s’effectuer sous la canicule de cet été et il considère cela comme avantage, sachant qu’on lui annonçait des températures autour de 40 °C au Maroc et que ça allait même être pire.

Pour autant, Ludovic Carpentier a tiré des enseignements de son expédition péruvienne : « Cela a commencé par mon sac qui était de sept kilos avec trop de choses et là, il ne pesait que six kilos. J’ai juste prévu de quoi manger pour 2 000 calories par jour et pas plus. De même, je n’ai pas emmené de matelas, mais juste un duvet en plumes d’oie car c’est plus léger ».

Pour le reste, il a effectué à peu près le même programme sportif car physiquement, cela lui avait plutôt été bien adapté à l’effort demandé avec on le rappelle des étapes de 30 et 60 km avant un jour de repos et une dernière étape de 30 km.

Ludovic Carpentier a été victime d'hallucinations, mais a réussi à prendre le dessus et à finir dans de bonnes conditions.
Ludovic Carpentier a été victime d’hallucinations, mais a réussi à prendre le dessus et à finir dans de bonnes conditions. ©Photo fournie

Alors direction Marrakech avant six heures de bus pour rejoindre Ouarzazate, camp de base de l’organisation. Sur place, pas de problème pour les formalités administratives et le contrôle médical pour se présenter serein le matin du départ. Ils sont 380 répartis en deux bus pour à nouveau six heures de bus pour rejoindre le désert et rien autour !

Ludovic Carpentier ne vise pas une place au classement et il en tient compte : « Lors de la première étape, j’étais parti trop rapidement au Pérou et je l’avais payé. Là, j’ai couru plus en gestion et cela m’a apporté de la confiance pour la suite, ma 111e place étant anecdotique ».

« Envie de tout arrêter avec des hallucinations »

Le lendemain, c’est l’étape reine et ses 60 km. La température avoisine les 50 °C au plus fort, mais ce n’est pas ça qui va marquer l’Offranvillais : « En fait, je fais aussi ça pour l’expérience humaine. Sur le parcours, j’ai côtoyé des personnes en situation de handicap très courageuses. Elles sont accompagnées par des membres de l’organisation, mais plusieurs fois, j’ai tenu à les aider et à échanger avec elles. Aussi, après les 30 premiers kilomètres, j’ai eu un gros coup de barre, l’envie de tout arrêter avec des hallucinations. J’avais le sentiment de caresser mon fils alors que je savais qu’il n’était pas là. J’ai fait une pause, je me suis alimenté et c’est reparti dans de bonnes conditions ».

La journée de repos arrive au bon moment. Souffrant d’ampoules aux pieds et voyant que le seul podologue présent est très occupé, Ludovic Carpentier décide de se soigner lui-même ! Par la suite, il prend le temps de souffler et avoue « avoir apprécié que l’on m’offre une banane et une orange fraîches ».

Reste une dernière étape de 30 km sur un parcours qui semble roulant. Alors Ludovic Carpentier décide de partir vite, mais il n’est pas le seul dans ce cas. Aussi, le rythme est très rapide, mais il arrive à tenir la distance si bien que finalement, il se classe 84e sur 380.

« C’est le mental qui m’a permis d’aller au bout »

En franchissant la ligne d’arrivée, il pense à sa famille et ses amis qui l’ont soutenu et il avoue : « C’est difficile de comparer les deux marathons auxquels j’ai participé, mais j’ai vraiment le sentiment d’avoir réalisé quelque chose d’impossible. Au Pérou, il y avait plus de sable et de montées alors qu’au Maroc, c’est le mental qui m’a permis d’aller au bout et de combattre la chaleur étouffante. Je suis très fier de ce que j’ai accompli car il y a tellement de facteurs que l’on ne maîtrise pas. Il y a eu énormément d’abandons ».

Ludovic Carpentier heureux et fier à l'arrivée.
Ludovic Carpentier heureux et fier à l’arrivée. ©Photo fournie

Le retour de Ludovic Carpentier va aussi être assez mouvementé : « La seule route qui nous ramenait à Marrakech s’est effondrée et nous avons mis 11 heures au lieu des six prévues. J’ai alors vu des scènes assez incroyables de concurrents qui étaient presque prêts à en venir aux mains avec les membres de l’organisation qui n’y étaient pour rien. Aussi, à Marrakech, il y avait une émeute dans la ville et j’avais hâte de prendre l’avion pour rentrer ».

Désormais, place au repos avec logiquement le marathon des sables « Legendary » en point de mire pour 2027, mais avec Ludovic Carpentier, il pourrait bien se passer d’autres aventures avant…

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