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Pour leur découverte du niveau régional et d’un nouveau monde, les Girondins de Bordeaux se sont imposés en deuxième période, ce vendredi sur la « pelouse » de l’Aviron Bayonnais B (0-2)
Le football a quelque chose de magique. Gamins, la plupart des joueurs de la réserve de Bayonne rêvaient de porter la tunique des Girondins de Bordeaux. Aujourd’hui, ils pourraient. Comme plusieurs d’entre vous, ou presque. On exagère un peu ? OK. En attendant d’y signer, les Basques jouent pour 50 euros de prime de victoire à l’Aviron, pas en première mais en équipe B, et ont perdu ce vendredi (0-2) pour leur cinquième match de Régional 1, le premier des Marine et Blanc, engagés en retard dans une division...
Le football a quelque chose de magique. Gamins, la plupart des joueurs de la réserve de Bayonne rêvaient de porter la tunique des Girondins de Bordeaux. Aujourd’hui, ils pourraient. Comme plusieurs d’entre vous, ou presque. On exagère un peu ? OK. En attendant d’y signer, les Basques jouent pour 50 euros de prime de victoire à l’Aviron, pas en première mais en équipe B, et ont perdu ce vendredi (0-2) pour leur cinquième match de Régional 1, le premier des Marine et Blanc, engagés en retard dans une division amateur qu’ils découvrent après six titres de champion de France et une descente aux enfers.
Le football a quelque chose de tragique et en cela, il faut remercier Gérard Lopez. « On préfère repartir à zéro ici que d’évoluer plus haut avec lui », livrait un supporter bordelais avant la rencontre, maillot époque Zidane 96 sur le dos, celle de l’épopée UEFA, mélange de nostalgie et de néolithique. Elle ne se déroulait pas au stade Jean-Dauger, réservé à l’élite d’un autre sport, juste à Didier-Deschamps, et c’est déjà beau pour un club mythique qui, à quelques décisions près, aurait pu se retrouver en R3 contre les Labourdins d’Ustaritz ou la Jeanne d’Arc de Biarritz.
La saison passée, il disputait la montée en National avec l’Aviron. L’équipe Une. Quelques mois plus tard, il bataille avec la réserve pour le premier match de championnat de l’ère Dominique Delport, présent dans un stade où l’équipe au scapulaire était en retard au moment de commencer le championnat, tout autant qu’à l’heure de déposer les comptes.
Un bon millier de spectateurs, avec environ 450 Ultramarines d’un côté et une soixantaine de North Gate de l’autre, incompatibilité d’humeur oblige, une seule tribune et le reste du stade ouvert aux quatre vents : bienvenue dans ce nouveau monde, et ça fait forcément bizarre quand on se souvient d’un passé pas si lointain où, seize ans plus tôt, les Girondins roulaient sur le Bayern et la Juve en Ligue des champions. Depuis, une descente en flèche, un passage en National 2 et la découverte, ce vendredi au Pays basque, du niveau régional.
Dieu a inventé la calvitie pour rendre les hommes plus humbles. Il a créé le Régional 1 pour apprendre l’humilité aux anciens clubs professionnels. Ils ne jouent plus sur un billard hybride mais sur une « pelouse » où la terre distingue l’herbe, sauf si vous êtes presbyte deuxième dan. Ou à la bourre chez l’ophtalmo. C’est le nouveau quotidien des Girondins. Et celui de leurs suiveurs, qui vont devoir s’habituer à une tribune de presse sans prise électrique, avec pour seule assise une chaise en plastique aux accoudoirs sectionnés, laissée trop longtemps au soleil, et encore plus à l’humidité.
Si tu vois La Rhune, c’est qu’il va pleuvoir, dit le dicton basque. Et si tu ne la vois pas, c’est qu’il pleut déjà, comme au coup d’envoi de la rencontre, où le crachin n’a pas empêché les visiteurs de prendre à la gorge les locaux durant un bon quart d’heure. Sans concrétiser. La rencontre s’est ensuite équilibrée. Les Bayonnais ont eu leur chance. Jusqu’en deuxième période où, à l’usure, les Bordelais ont pris l’ascendant sur deux réalisations de… leurs défenseurs centraux.
Nadjib Cissé s’est d’abord élevé pour un but de la tête (70e), avant que Ruben Droehnle ne parachève cette première victoire dans le monde amateur à la 89e minute, sur penalty, d’une frappe du gauche qui ne laissait aucune chance à Eneko Mérin, le petit-fils de l’ancien président de l’Aviron (foot et rugby), notamment au moment de l’épopée en Coupe de France en 2004. En 16es de finale, Bayonne avait éliminé les Girondins (1-0). À l’époque, c’était un exploit. Aujourd’hui, c’est le quotidien de son équipe réserve.