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La traversée du Viaduc de Millau coûte cher. Mais elle pourrait rapporter gros à Montpellier. Ce lundi, il peut rentabiliser les 170 km de route jusqu’à Rodez puisqu’un succès l’assurerait d’occuper la deuxième place au quart du championnat. Zoumana Camara, lui, ne "regarde pas à côté ce qui se passe", ne veut pas se servir de ce levier, ou le réserve à son vestiaire. À ce stade de la saison, le MHSC est de toute façon à la fois très près et très loin de ses objectifs, raccord avec sa feuille de route mais à des mois de la ligne d’arrivée.
L’entre-deux rappelle le lien avec un club ruthénois aussi proche géographiquement qu’éloigné sur certains points. "Ils ne sont pas mieux, on n’est pas mieux. C’est juste qu’on est différents", balaye le coach héraultais, avant ce derby ou plutôt cette fête des voisins, puisqu’aucune rivalité n’embrase la rencontre au regard du peu de confrontations (3 depuis 2014).
Pourtant, Montpellier, le club de la ville, et Rodez, assis sur les "valeurs" d’un territoire rural, partagent bien des similitudes. Cette mentalité populaire ou humilité naturelle issue de leurs racines, par exemple. Mais surtout un même goût pour une identité forte.
"Ce n’est pas la même, mais elle est aussi forte, acquiesce Grégory Ursule, directeur sportif du RAF après en avoir été le capitaine et milieu. Elle est portée plutôt à Montpellier par une famille, une dynastie, les Nicollin, mais elle se ressent aussi dans la façon de travailler des collaborateurs. Il y a une certaine continuité, fidélité, de ces deux clubs familiaux, un peu les derniers des Mohicans."
Cette "fidélité", Rodez la revendique, mettant en avant son ancrage départemental, sur son blason notamment. La Paillade est peut-être plus centrée sur son quartier et sa ville de naissance, mais sa propension à s’appuyer sur sa formation locale a fait son histoire. Et continue cette saison avec les minots de la dernière finale de Gambardella (Megnan, Vidal-Cartoux, Abderrebi…).
Le réservoir est moins prolifique en Aveyron. Mais le RAF a depuis une dizaine d’années trouvé la parade avec un recrutement peu coûteux, appuyé sur une cellule très réduite et une utilisation aiguisée de la data. Les beaux coups, notamment chez les buteurs (Baldé, Bentayeb, Corredor, Nkada…), ont attiré le regard de la France du foot. Dont le MHSC.
"Transposer en disant qu’ils ne font pas cher et recrutent bien ? Non, Rodez, c’est Rodez. Montpellier, c’est Montpellier. C’est un club qui travaille bien, qui a depuis longtemps mis un système en place. Mais c’est complètement différent", tranche encore Camara, citant le système de jeu en 3-5-2, commun aux pros et aux jeunes ruthénois.
Montpellier se veut plus hybride, s’adapte à l’opposition et impose sa possession. "Mais ils ont la capacité aussi d’aller en transition", corrige Ursule, dont l’équipe affiche cette appétence pour l’explosion et l’intensité. "Quel que soit son état de forme, elle va vous demander énormément d’efforts", note le coach héraultais.
Sur une bonne vague au contraire des Aveyronnais (4 défaites consécutives), le MHSC y est préparé. Sans doute parce qu’il cultive aujourd’hui des qualités de Rodez : "Cette saison, je trouve qu’on se rapproche plus dans le jeu. Par la jeunesse de nos effectifs, l’enthousiasme, plus de folie, liste Ursule. Et puis la répétition des efforts, la générosité. Je n’aurais pas dit ça il y a peu."
Le 20 février dernier, justement, le MHSC avait eu les occasions à Paul-Lignon, mais il s’était incliné 1-0 sur un but de Samy Benchamma, joueur formé… à Montpellier. Si près et si loin d’un RAF qui l’avait distancé de 7 points et trois places au classement final (5e contre 8e). Des broutilles mais toute une différence à gommer.