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Le signal était déjà là mercredi, sur la feuille de match de Manchester City-PSG. L’Équipe le confirme ce samedi matin : moins efficace ces dernières semaines, João Neves a provisoirement reculé dans la hiérarchie parisienne au milieu de terrain, avant le déplacement à Strasbourg (17h15, 7e journée de Ligue 1). Un déclassement temporaire, sans doute. Mais un déclassement quand même.
Il suffit de remonter le temps pour mesurer le contraste. « Aujourd’hui, je ne me vois pas dans un autre club que le PSG. J’ai une marge de progression dans tous les domaines, c’est pour cela que j’ai accepté le projet », confiait-il il y a un peu plus d’un an, en marge d’un rassemblement avec la sélection portugaise. Le discours d’un joueur installé, sûr de son statut. Aujourd’hui, c’est ce statut-là qui vacille.
Personne ne l’avait vraiment vu venir. Mercredi, pour le déplacement le plus prestigieux de l’automne, Luis Enrique avait aligné Ousmane Dembélé et Warren Zaïre-Emery d’entrée, laissant Khvicha Kvaratskhelia et João Neves sur le banc. Résultat : une victoire 4-2 à l’Etihad Stadium, l’une des soirées les plus abouties de Paris cette saison. Difficile, après ça, de crier à l’injustice.
Et l’entraîneur parisien n’a pas caché vers qui allaient ses faveurs du moment. Vendredi, en conférence de presse, il a longuement salué les prestations de Zaïre-Emery et de Maghnes Akliouche, recrue de 24 ans en pleine intégration. Deux joueurs en forme, un Neves en dedans : l’équation est vite posée.
Arrivé de Benfica à l’été 2024, sous contrat jusqu’en 2029, le milieu de 21 ans s’était imposé comme l’un des moteurs du jeu de Luis Enrique, capable de presser, de récupérer, de projeter. Son volume de jeu, sa hargne et sa justesse en avaient fait un titulaire quasi incontestable lors de l’aventure européenne victorieuse du club.
Sauf qu’au PSG, le confort n’existe pas. Ou plutôt, il ne dure jamais longtemps. Avec Vitinha, Fabián Ruiz, Zaïre-Emery et désormais Akliouche, la concurrence au milieu est féroce, et Luis Enrique n’a jamais hésité à bousculer les hiérarchies au gré de la forme du moment.
Le mot « provisoire » a toute son importance. Rien ne dit que Neves restera longtemps à l’écart : le calendrier est démentiel, avec Strasbourg ce samedi et la réception du FC Barcelone mardi soir au Parc des Princes. Les rotations seront inévitables. Mais le message, lui, est passé.
Au fond, la question n’est pas de savoir si João Neves a encore sa place à Paris. Elle est de savoir combien de temps il lui faudra pour la reconquérir. Le vestiaire parisien, lui, connaît la règle : sous Luis Enrique, on ne joue pas sur son nom.
S’il entre en jeu à la Meinau, chaque ballon comptera double. S’il reste sur le banc, le feuilleton prendra une tout autre tournure à l’approche du choc contre le Barça.