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Antoine Rage est devenu champion du monde pour la deuxième fois de sa carrière, samedi 17 octobre 2026. Deux ans plus tôt, ses crosses de roller hockey étaient au fond d’un placard. Antoine Rage avait décroché après le Covid, en 2020. « J’en avais un peu marre et j’avais envie de continuer d’évoluer professionnellement », relate-t-il. Quelques mois plus tard, il allait devenir PDG d’une start-up parisienne de soixante salariés dont il était, auparavant, directeur financier. Malgré sa passion pour le sport qu’il pratiquait depuis l’âge de douze ans, après avoir commencé par le hockey sur glace, Antoine Rage avait décidé d’arrêter le hockey. « J’ai dépanné en 2021-2022 à Caen avec une grosse équipe de copains », raconte-t-il. En 2024, le Normand était revenu aux affaires dans un autre rôle, celui d’entraîneur.
J’ai joué pas mal de matchs en fin de saison. Pour la première fois, je me suis dit : je m’amuse vraiment. Je me suis alors demandé si ce n’était pas le moment de reprendre…
Sept ans après une grave blessure, une fracture de l’humérus, six ans après avoir participé à ses derniers championnats du monde, Antoine Rage « y retournait plein fer« . La saison 2025-2026 allait être, à 35 ans, celle de la renaissance. « J’ai eu un échange avec les sélectionneurs [de l’équipe de France] pour leur dire que j’étais disponible, relate-t-il. Sincèrement, je n’y croyais pas trop parce que beaucoup de planètes devaient s’aligner. En me préparant bien, j’ai performé au-delà de mon niveau du moment. »
Fin novembre 2025, Antoine Rage était appelé au All-Star Game. « Une super bonne nouvelle » en phase avec son retour tonitruant. « Le reste de l’année, j’ai beaucoup plus galéré, reconnaît-il. Je n’étais pas bon. Je restais dans le plaisir, mais il y avait du doute sur le côté performance pure. » Néanmoins, le staff de l’équipe de France connaissait les capacités du trentenaire. Antoine Rage est resté dans les petits papiers des décideurs. À l’heure du premier stage de préparation au Mondial 2026, il a pourtant dû renoncer. Georges, son premier enfant, venait de naître.
J’ai passé deux mois et demi à me préparer autour de la naissance de mon fils, sans compétition, sans stage, sans tournoi de préparation. Ça a été sport mais c’était génial. Je me suis éclaté.
Durant l’été 2026, le joueur a enchaîné quatre stages en deux mois. La liste définitive était connue mi-septembre. « J’ai adoré le process. J’avais le sentiment de débloquer de nouvelles choses chaque jour. Quand j’ai repris début 2025, je pensais ne pas être loin du très haut niveau. En fait, je me suis rendu compte qu’il y avait plein de choses qui ne revenaient pas si vite, techniquement et même tactiquement. » Antoine Rage a retrouvé la logique de progression qu’il aime tant. Et ce goût de l’investissement total.
« À la première coupure, je me disais : ne te remets pas dans des projets à fond, qui te coûtent. Pendant plusieurs années, je me forçais à ne pas me remettre dedans, mais il y avait toujours l’envie. » Et quelques entorses, à l’image d’une préparation marathon menée tambour battant pour établir un premier temps remarquable de 2h59.
En cinq, six ans, j’ai compris que ce qui me rendait heureux, c’était aussi la volonté d’aller chercher de la performance quelque part.
Désormais cadre dans une entreprise caennaise qui assure des voyages, Antoine Rage a trouvé le bon équilibre. Le titre mondial, auquel il a participé essentiellement en phase de poule, est un aboutissement. « Avoir réussi à revenir en aussi peu de temps, c’est un accomplissement assez exceptionnel pour moi. » Un projet de quatorze mois s’est refermé sur un triomphe. Quelle sera la suite ? « Je continuerai le hockey. À quel niveau et à quelle fréquence ? Je ne sais pas. Avant, c’était inconcevable de ne pas faire de haut niveau. » Désormais, Antoine Rage pourrait imaginer jouer un peu plus bas avec quelques anciens. Tant que le plaisir est toujours au rendez-vous.