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La cérémonie du Ballon d’Or France Football a montré à tous les observateurs et singulièrement les camerounais, ce que devrait être un grand rendez-vous sportif : une organisation maîtrisée, une mise en scène sobre et une réalisation centrée sur les véritables acteurs du jeu : les joueurs, les entraîneurs et les grandes figures du football.
Au Cameroun, on a parfois l’impression que la cérémonie met davantage en avant le président de la Fédération, ses proches, les influenceurs et certaines personnalités, pendant que les acteurs du football sont relégués au second plan.
Le problème, à la vérité, n’est pas d’inviter des partenaires, des sponsors, des autorités ou des médias. C’est normal, car tous participent d’une manière ou d’une autre à faire vivre le football chez nous. Le problème, c’est la hiérarchie.
Qui doit être au premier rang ? Qui doit être mis en lumière ? Et à qui cette soirée est-elle réellement consacrée ?
Lorsqu’on récompense les meilleurs footballeurs du pays, les joueurs, les capitaines, les entraîneurs, les arbitres et les dirigeants qui font vivre les compétitions doivent occuper une place centrale. Ce sont leurs performances qui justifient l’existence de la cérémonie. Les joueurs des championnats locaux et tous ceux qui travaillent dans l’ombre ne doivent pas être de simples figurants. Cette soirée doit être pensée pour eux.
Je ne saurais terminer sans évoquer la place du président de la FECAFOOT, Samuel Eto’o.
Légende du football mondial, terreur de plusieurs générations de défenseurs, il n’a pas besoin que chaque cérémonie devienne une démonstration permanente de sa présence. Son rôle devrait être de construire une institution capable de valoriser les joueurs, de promouvoir les compétitions et de faire rayonner le football camerounais, et non d’apparaître 23 fois à l’écran en 2H de cérémonie. Un grand dirigeant ne se mesure pas au temps d’antenne qu’il occupe, mais à la place qu’il sait donner aux autres.
J’invite donc la Fecafoot à s’inspirer de France Football. Non pas pour copier et coller sans adapter au contexte camerounais, mais pour retenir un principe simple : « dans une cérémonie sportive, le sport doit rester au centre et les sportifs doivent être les premiers bénéficiaires de l’attention. »
Alain Denis Ikoul