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Après 14 années sous les ordres de Didier Deschamps, l’équipe de France a changé de visage. Zinédine Zidane a officiellement pris les commandes des Bleus le 28 juillet 2026, réalisant enfin un rêve qu’il nourrissait depuis longtemps. Une arrivée très attendue, mais qui remet aussi en lumière une ancienne fracture avec l’un de ses partenaires du Mondial 1998 : Emmanuel Petit.
Comme le relatent nos confrères de l'Équipe, les deux hommes resteront pourtant toujours associés à la finale du 12 juillet 1998. Face au Brésil, Zidane inscrit un doublé avant qu’Emmanuel Petit ne scelle la victoire française à 3-0. Mais dix ans plus tard, l’entente se fissure brutalement. Dans son autobiographie À Fleur de Peau, publiée en 2008, Petit reproche à son ancien coéquipier de ne pas utiliser suffisamment son immense notoriété pour s’engager sur des sujets de société. "Zidane, c'est l'icône absolue ! Certes, il réalise certaines actions caritatives, mais c'est loin du compte au regard de son considérable pouvoir", écrivait-il.
Il ajoutait même : "Il doit s'exposer davantage". Des propos que Zinédine Zidane a très mal vécus, estimant surtout que Petit aurait dû lui parler directement avant de rendre ces critiques publiques. Zidane avait alors répondu avec une rare fermeté. "Je lui ai dit ce que je pensais, tout simplement. Moi, je l'ai fait entre quatre yeux et pas dans la presse", confiait-il à L'Équipe.
Puis le ton devenait encore plus tranchant : "Je ne veux plus le voir. Je l'ai croisé, déjà. Je lui ai dit ce que j'avais à lui dire (...) Il fait quoi, lui, aujourd'hui, Petit ? Il se moque de qui ? On le voit partout. Il ne faut pas prendre les gens pour des idiots (...) Ce qui m'énerve, c'est que j'ai croisé ces gens-là plusieurs fois et qu'ils ne m'ont rien dit. Et après, ils balancent ! Je dis non".
À l’époque, Petit assumait pourtant sa position. "En Équipe de France, on ne s’est pratiquement jamais parlé", expliquait-il, avant de reprocher à Zidane de ne pas avoir pris davantage position lors des émeutes dans les banlieues. Dix-huit ans plus tard, Emmanuel Petit porte cependant un tout autre regard sur cette querelle. Invité dans Tout beau, tout neuf, il a reconnu : "Ça fait partie des conneries que j’ai dites".
Avec le recul, l’ancien milieu d’Arsenal dit comprendre la difficulté pour une personnalité mondiale comme Zidane de s’exprimer sur chaque sujet de société. "Je comprends tout à fait lorsqu’on est à la place de Zizou, c’est une icône mondiale de par sa position c’est extrêmement compliqué de pouvoir s’investir et prendre position sur des faits de société", expliquait-il. Ce mea-culpa a finalement permis aux deux champions du monde de renouer un minimum de dialogue.
Petit ne prétend pas pour autant qu’ils sont devenus proches. "Je ne vais pas vous mentir, on n’est pas les meilleurs amis du monde, mais on se respecte", résumait-il. Au moment où Zidane ouvre une nouvelle page à la tête des Bleus, cette vieille querelle rappelle surtout que l’unité de 1998 cachait aussi des relations parfois tendues entre ses héros. Depuis sa nomination, le nouveau sélectionneur a déjà commencé à imposer sa méthode et à tourner la page Deschamps.