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Deux ans et demi après son arrivée sur le banc catalan, Hansi Flick ne s’exprime toujours pas en espagnol face aux journalistes. Et il ne devrait pas changer. Selon l’émission Barça Reservat de Catalunya Ràdio, relayée par Foot Mercato, l’entraîneur du FC Barcelone ne sera pas en mesure d’apprendre l’espagnol suffisamment pour se faire comprendre.
Le constat ne serait pas sans conséquence sur son moral. D’après la radio catalane, cette difficulté à s’exprimer le frustre profondément, au point qu’il aurait en partie renoncé à essayer. La radio avance une explication liée à l’âge : Flick fêtera ses 62 ans en février.
Au quotidien, c’est son adjoint Arnau Blanco, issu du centre de formation, qui fait office d’interprète. Une fonction loin d’être anecdotique : entre 100 et 120 conférences de presse par saison, selon le décompte de Foot Mercato. Autant de rendez-vous où chaque nuance, chaque mot, peut faire la une des journaux.
Le club, lui, ne voit pas de problème. Mieux, la direction estimerait que s’exprimer dans un espagnol approximatif exposerait Flick à des remarques gênantes, à des maladresses ou à des confusions. Dans une ville où chaque déclaration est disséquée, le silence linguistique serait presque une protection. Ou plutôt une stratégie.
La situation tranche pourtant avec la tradition barcelonaise. Plusieurs entraîneurs étrangers passés par le Camp Nou avaient fait l’effort d’apprendre la langue, rappelle Foot Mercato. Une manière de se rapprocher des supporters et des joueurs, dans un club qui se revendique « más que un club ».
Reste la question du vestiaire. Le club estime visiblement que le message passe, et que le relais assuré par le staff suffit au quotidien. Sur le terrain, l’Allemand a d’ailleurs su imposer ses idées depuis son arrivée.
Mais l’information tombe à un moment sensible. Battu par le PSG en Ligue des champions (4-2), puis par le Real Madrid dans le Clasico (1-2), le Barça traverse sa première zone de turbulence de la saison. Flick a d’ailleurs réuni joueurs et staff autour d’un barbecue mercredi soir, une réunion de crise qui ne dit pas son nom, selon Mundo Deportivo.
Dans ces périodes, la communication de l’entraîneur devient un outil essentiel. Rassurer les supporters, recadrer certains joueurs, répondre aux critiques : tout passe par les mots. Et quand ces mots doivent être traduits, une part de leur force se perd forcément en chemin.
La question n’est d’ailleurs pas propre au Barça. Dans les grands championnats, de nombreux entraîneurs étrangers recourent à un traducteur, au moins à leurs débuts. Mais rares sont ceux qui, après plus de deux saisons, n’ont toujours pas franchi le cap. D’où l’écho de cette révélation en Catalogne.
Ce samedi, face à Alavés, Flick devra surtout parler le langage universel des résultats. Le seul qui compte vraiment au Camp Nou. Le feuilleton linguistique, lui, ne fait que commencer, et il risque de revenir à chaque mauvaise passe.