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Il n'a pas gagné le Ballon d'or et est au cœur d'une polémique qui lui a coûté trois sponsors chinois. Ce mardi 27 octobre matin en Chine, sur l'immense réseau social Weibo - plus de 500 millions d'utilisateurs actifs là-bas -, le footballeur français est sur toutes les lèvres.
Car plusieurs communiqués sont tombés dans la nuit pour se désolidariser du joueur du Real Madrid. Le dernier, du géant des produits laitiers, Mengniu : "Notre entreprise s'oppose fermement à tout propos ou toute action qui heurte les sentiments du peuple chinois et met fin à toute collaboration avec Kylian Mbappé avec effet immédiat." Et avant, c'était quasiment mot pour mot le même texte publié par la marque de boissons Dongpeng. Le fabricant de fromages Milkground a aussi suivi le mouvement.
Mais quel est le crime du capitaine des Bleus ? Il a répondu à une question en blaguant. Dans le podcast de son coéquipier du Real Madrid, Aurélien Tchouaméni, il est interrogé sur les multiples montages humoristiques dont il est l'objet. Il y a le plus célèbre où il est grimé en Mobutu, l'ancien dictateur du Zaïre, repris par ses partenaires lors de la dernière Coupe du monde.
Mais Kylian Mbappé parle aussi d'un montage où son visage est mélangé avec celui de l'ancien leader chinois Mao Zedong : "Il y en a plein. Celui où j'ai le plus rigolé, c'est quand on avait mis une vidéo d'un mec, je crois que c'est un dictateur chinois. Je l'utilise beaucoup avec mes amis." Avec ces deux mots, "dictateur chinois", Mbappé est accusé d'avoir insulté tout un pays.
"Tout propos ou tout acte qui blesse les sentiments du peuple chinois se heurte naturellement à un rejet commun de la part de l'ensemble de la société chinoise", a dit lors d'un point presse régulier un porte-parole des Affaires étrangères, Guo Jiakun. Car un portrait géant de Mao trône toujours à Pékin sur la place Tiananmen. Certains peuvent penser d'abord aux millions de morts, aux purges et aux déportations mais en Chine, si le parti a reconnu des erreurs, Mao demeure le grand timonier, le fondateur de la République populaire de Chine en 1949.
C'est désormais terminé les publicités pour Mengniu, Dongpeng ou Milkground. Kylian Mbappé n'est pas un chef d'État mais semble avoir créé un incident diplomatique. "En Chine, ce sont des propos déplacés extrêmement graves qui ont franchi la ligne rouge", a commenté un utilisateur de Weibo, d'après des messages rapportés par l'AFP. "Je n'achèterai plus jamais de produits Dongpeng ou Mengniu si aucune action en justice n'est engagée" contre le joueur pour réclamer des dédommagements, a surenchéri un autre.
Cela en dit aussi beaucoup de ce qu'on demande aux superstars du foot, sur les terrains, dans les pubs, les podcasts, sur YouTube, TikTok, Instagram. Il faut que ces stars se racontent, qu'elles soient drôles, qu'elles partagent leurs petites habitudes, leurs plaisanteries de vestiaire. Et en même temps, leurs moindres mots sont écoutés, traduits, décortiqués sur toute la planète.
Pour ce qui est des revenus publicitaires de Kylian : il lui reste encore les vêtements ON, les montres Hublot, les parfums Dior, les lunettes Oakley, les valises Rimowa, les hôtels Accor...
Ne laissez pas Google décider de vos sources.