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Ex de Malherbe. "On rêvait les yeux ouverts" : il y a trente ans, Michaël Barré affrontait Caen avec le FC Saint-Lô
SURTITRE: Football - DSR - Coutances sur la ligne de départ TITRE: « Le premier tiers du tableau… » ACCROCHE: MICHAËL BARRÉ, le nouvel entraîneur de l'ES Coutances, se projette sur une saison dont il espère qu'elle tournera en sa faveur. Même s'il réclame encore un peu de temps pour prendre la température de cette DSR. LEGENDE: Michaël Barré - amical=ast-coutances
Michaël Barré a été entraîneur de Coutances après sa carrière de joueur.  ©archives – J.Potier

Michaël Barré ne sera pas au stade Louis-Villemer, samedi 24 octobre 2026, pour assister au match entre le FC Saint-Lô et le Stade Malherbe Caen. Pourtant, il n’est probablement pas une journée sans que le quinquagénaire n’entende parler de la rencontre à venir. Trente ans plus tôt, c’est lui qui affrontait le grand club régional sous le maillot saint-lois. Son équipe, pensionnaire de National 2, était parvenue jusqu’en 16e de finale de la Coupe de France. Le tirage au sort lui avait réservé Malherbe, alors en Division 1.

En championnat, on jouait au Stade de la Falaise, sur un terrain très boueux. Je ne pense même pas qu’il était homologué pour la coupe. Naturellement, on s’était tourné vers d’Ornano. Cela nous permettait de jouer dans un grand stade et de nous mettre à la place de professionnels le temps d’un week-end. 

Le samedi 8 février 1997, Saint-Lô avait défié Malherbe dans un d’Ornano flambant neuf, acquis à la cause des visiteurs du jour. Trois divisions séparaient les deux équipes. « C’était le monde amateur contre le monde professionnel. On affrontait les joueurs qu’on supportait le week-end après nos matchs. On rêvait les yeux ouverts, même si Saint-Lô n’était pas un tout petit club. Personnellement, je commençais à toucher le haut niveau. »

Saint-Lô proche de l’exploit

Deux ans plus tôt, Michaël Barré évoluait toujours à Périers, sa ville natale, en DSR. Il avait sauté le pas avec succès dans le club de la préfecture. Affronter Malherbe, c’était encore une autre étape. Pourtant, Saint-Lô n’était pas passé loin de l’exploit, ne s’inclinant que 2-1 après prolongation. 

On avait souffert, mais on avait réussi à marquer sur un de nos points forts, les coups de pied arrêtés, par notre capitaine Stéphane Martin. On était inférieurs physiquement et techniquement, mais l’envie nous avait permis de tenir le plus longtemps possible.

Saint-Lô était sorti la tête haute. « C’était de la fierté, une grosse satisfaction d’être arrivés jusque-là. Dans les journaux, il y avait toujours des allusions au match de Coupe de France dans lequel on avait brillé avec nos petits moyens. »

Deux ans pro au Stade Malherbe

Michaël Barré, 23 ans, s’était particulièrement distingué. Un an et demi plus tard, il allait signer son premier – et unique – contrat professionnel au Stade Malherbe. « Je pense que le match de Coupe de France avait aidé, confie-t-il. Il y avait une passerelle entre les bons clubs de la Manche et Malherbe. J’avais signé avec l’avant-centre Roland Guéla. C’était inespéré pour moi. » Michaël Barré rejoignait les Milos Glonek, Grégory Tafforeau, Jérôme Rothen, Régis Brouard ou le buteur Samuel Boutal. 

Je ne partais pas pour faire carrière dans le foot. J’ai pu vivre du football par la suite, mais à Saint-Lô, j’étais loin de m’imaginer que j’allais gagner ma vie en jouant au foot. Encore plus dans ma région. D’où la satisfaction et la surprise.

Michaël Barré attendra la deuxième année, et une relégation en Division 2, pour jouer huit matchs. « Ça a été dur personnellement parce que je n’étais pas habitué à faire les efforts H24 à 100 %, relate-t-il. Je n’avais pas non plus une culture footballistique très développée. Je n’avais pas baigné dans le foot de haut niveau depuis toujours. Il y avait plein de choses à apprendre, à faire, à ne pas faire. J’ai réussi à me remplir de tout ce que je pouvais prendre à côté de ces joueurs-là. Il y avait bien meilleur que moi, c’est pour ça que je n’ai pas plus joué. »

Entraîné par Patrice Garande à Cherbourg

Michaël Barré ne retient que le positif. « J’arrivais de ma petite campagne. Tous les jours, on avait les yeux grands ouverts. C’était une autre vie. » L’expérience professionnelle s’est arrêtée à l’issue du contrat. Michaël Barré est ensuite retourné dans la Manche, à Cherbourg, d’abord en CFA, puis sept ans en National. « Quand on est rarement titulaire, on ne se fait pas remarquer. Et tant qu’on ne se fait pas remarquer, on ne peut pas continuer. J’ai profité à fond des deux ans qui m’avaient été offerts. » À Cherbourg, le défenseur a rencontré Patrice Garande, arrivé un an après lui pour ce qui constituait sa première expérience comme entraîneur numéro 1. 

Je m’entendais très bien avec lui. J’avais plutôt la même vision que lui. J’étais son capitaine, donc un relais. On avait une relation de confiance.

Michaël Barré a mis un terme à sa carrière en 2010, à 36 ans. Il s’est aussitôt reconverti comme entraîneur à Coutances, où il a alterné DSR et DH, tout en dirigeant une association en faveur de la jeunesse. Son histoire avec le foot s’est achevée en 2020-2021, l’année du Covid. « Je ne m’y retrouvais plus. Je trouvais que les mentalités changeaient chez les joueurs. Il fallait constamment courir après eux. Depuis que j’ai goûté aux week-ends sans foot, je n’y retournerai plus. » 

« Plus envie de me faire mal »

Le livre s’est refermé et Michaël Barré a « complètement coupé les liens avec le monde du football ». Le sport ne fait pas davantage partie de son quotidien. « J’ai des douleurs aux genoux. Je n’ai plus envie de me faire mal, psychologiquement et physiquement. Le corps a dit stop. » Michaël Barré, père et grand-père, se consacre à sa famille et à son rôle d’assistant familial.

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