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Dans le garage de Genesis, Mathys Jaubert a hérité d'un surnom tout trouvé. Celui de "Baby Driver". Difficile d'échapper à cette étiquette à 21 ans, surtout quand ses coéquipiers se nomment André Lotterer et Pipo Derani, des références au palmarès bien fourni. Au fil des mois, le minot de la GMR-001 n°17 a pris ses marques dans le championnat du monde d'endurance (WEC). L'histoire n'était pourtant pas censée s'écrire ainsi.
"Je ne m'attendais pas à être en Hypercar aussi tôt dans ma carrière. Pour moi, la trajectoire logique aurait été d'être pilote de réserve. Mais Genesis m'a fait confiance", reconnaît-il. Et ses performances ont rapidement donné du poids à cette décision. Après une huitième place à Spa-Francorchamps, le Salonais s'est illustré aux 24 Heures du Mans avec le troisième temps de la première phase de l'Hyperpole, réservée aux voitures les plus rapides des qualifications.
"Pipo et André m'ont mis en confiance. Ils ont eux-mêmes poussé l'équipe à me confier cette responsabilité", raconte-t-il.
À Austin, le Tricolore s'est également vu confier le dernier relais, contribuant à une septième place, le meilleur classement de l'écurie basée à Signes cette saison. Pour Cyril Abiteboul, directeur de Genesis Magma Racing, les résultats ne racontent qu'une partie de l'histoire. "Il possède les qualités des grands pilotes : une vraie pointe de vitesse, mais aussi une sérénité et un pragmatisme précieux pour une structure, comme la nôtre en construction."
Cette assurance contraste avec les moyens modestes de ses débuts. Mathys Jaubert a d'abord dû trouver des sponsors, avant de s'orienter vers la Caterham, plus accessible, puis la Porsche Cup, dans l'espoir d'en faire son métier. Loin de la sacro-sainte filière monoplace, ce parcours singulier a retenu l'attention de Genesis.
En 2025, la marque coréenne l'intègre à son Trajectory Programme, avec une année en LMP2 chez IDEC Sport. Trois victoires en championnat d'Europe viennent conforter le pari Jaubert. "Beaucoup d'observateurs étaient surpris de notre choix. Il a presque fait les choses à l'envers, en privilégiant la GT. C'est justement cette expérience qui nous intéressait, et nous ne le regrettons absolument pas aujourd'hui", assure Cyril Abiteboul.
La piste n'a pas été sa seule école. Ses études à Polytech Marseille, mises entre parenthèses actuellement lui permettent de mieux comprendre sa voiture et de dialoguer avec les ingénieurs. Ce week-end, les 6 Heures de Barcelone, avant-dernière manche du calendrier, lui offriront une nouvelle occasion de mesurer ses progrès. Sans perdre de vue l'essentiel. "Je ne m'imaginais pas devenir professionnel. Maintenant que j'y suis, c'est avant tout un rêve et je veux qu'il continue à se réaliser le plus longtemps possible." Reste à tenir la distance.