Retour
Samedi midi, sur le parvis de l’hôtel de ville de Montpellier, Yohan Rossel avait bien du mal à cacher son émotion à l’instant de gravir le podium d’arrivée du Critérium des Cévennes. Les trois dernières épreuves chronométrées de la matinée, disputées entre Brisac et Claret, puis l’inédite super spéciale organisée dans l’enceinte du Sud de France Arena, venaient de sceller le verdict de la 67e édition en sa faveur. La sienne et celle du jeune Alexis Maillefert, recruté en dernière heure pour assurer le difficile rôle du copilote dans l’habitacle de la Lancia Ypsilon.
Frappé par le décès d’un très proche à quelques jours du rallye, le champion gardois était en effet partagé par le bonheur légitime de la victoire et des sentiments d’une tout autre nature. "Lundi, je ne savais même pas si j’allais prendre le départ… Finalement, en gagnant ici, dans mes Cévennes, devant ma famille et mes amis, je mesure à quel point j’avais besoin de revivre une telle situation", confiait, entre deux embrassades, celui qui avait déjà inscrit son nom au palmarès en 2017.
Reparti dimanche matin avec 11,6 secondes d’avance sur Yoann Bonato, Yohan Rossel aura finalement grignoté un peu plus de trois secondes supplémentaires au cours cette ultime étape dominicale, trop brève pour avoir un réel impact sur le fil de l’histoire.
1.Rossel-Maillefert (Lancia Ypsilon HF)
2.Bonato-Boulloud (Lancia Ypsilon HF) à 15,0’’
3.Astier-Giraudet (Porsche 992 GT +) à 2’18,0’’
4.Margaillan-Coppa (Hyundai i20N) à 6’17,1’’
5.Nicolas-Carmille (Citroën C3) à 6’52,9’’
6.Durand-Blanc (Skoda Fabia) à 7’58,2’’
7.Fontalba-Hermet (Alpine A110) à 10’21,2’’
8.Turco-Fontana (Citroën C3) à 10’30,4’’
9.Verdier-De Turckheim (Renault Clio Rally3) à 11’00,3’’
10.Villiod-Pascaud (Peugeot 208 GT Line) à 11’05,6’’, etc.
Le battu et son copilote Benjamin Boulloud n’en acceptaient pas moins ce résultat avec une certaine satisfaction. "Dans le cadre du championnat de France, cette deuxième place constitue une excellente opération puisqu’elle me permet de revenir à égalité de points avec Raphaël Astier avant l’ultime manche du rallye du Var", confiait le sextuple champion de France, bien conscient d’avoir laissé filer sa chance le samedi : "J’ai lâché trop de temps sur Yoann dans les spéciales du matin. La longue de 53 km ne m’a pas permis ensuite de combler l’intégralité mon retard. J’ai bien réessayé ce dimanche, mais l’écart était déjà trop important."
Troisième équipage du podium final, Raphaël Astier et Denis Giraudet auront au moins eu le plaisir d’épingler un temps scratch ce dimanche sur la courte spéciale tracée entre Brissac et Causse de la Selle. Pour le reste, les deux hommes savaient pertinemment que leur Porsche 992 GT + ne serait guère à son avantage sur des routes aussi sinueuses face aux plus agiles Lancia Ypsilon. Mais eux aussi ont engrangé de précieux points en vue du combat décisif, au rallye du Var dans un mois, et c’était bien là l’essentiel !
50 Critériums au compteur !
Le record n’est pas près d’être battu ! En rejoignant l’arrivée du rallye l’octogénaire héraultais Gérard Authebon a bouclé son 50e Critérium des Cévennes.
Vainqueur en historique
Le rallye réservé aux VHC (les Voitures Historiques de Compétition) a vu la victoire de Frédéric Agrelo et Vincent Bruille, associés à bord d’une Ford Escort RS2000 des années 70.
Quatrième au volant de sa Hyundai après avoir perdu tout espoir d’un meilleur résultat dès le premier jour, Hugo Margaillan sauve bien les meubles en vue de cette même échéance. Mathématiquement, il reste également dans le match dans la course au titre national avec son équipier Mathieu Coppa.
Cette édition du Critérium des Cévennes accueillait également les trois formules organisées par les constructeurs français. Au terme de trois jours de batailles acharnées, Alexandre Villiod et Tom Montagne s’imposent dans la Stellantis Motors Cup, Yohan Roumieux en Clio Trophy France et Melvin Rabilloud dans le Trophée Alpine A290 réservé à des autos 100 % électriques. Une grande première pour la classique cévenole.