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Dimanche, Didier et Maxime seront meneurs d’allure sur le marathon de Lille : « On se doit d’être à la hauteur »
Didier Idziak et Maxime Prouvost, coureurs hors pair au sein de l'US Marquette Athlétisme, seront meneurs d'allure sur le marathon de Lille, dimanche 25 octobre.
Didier Idziak et Maxime Prouvost, coureurs hors pair au sein de l’US Marquette Athlétisme, seront meneurs d’allure sur le marathon de Lille, dimanche 25 octobre. « C’est une chance », estiment-ils. © Margot NICODÈME

Plusieurs points communs les unissent : ils sont des coureurs hors pair, au sein du même club d’athlétisme, et ils ont à cœur de porter les autres – de parfaits inconnus en l’occurrence – jusqu’à leur objectif. Maxime Prouvost, 47 ans, et Didier Idziak, 59 ans, seront meneurs d’allure sur le marathon de Lille (Nord), ce dimanche 25 octobre 2026. Ils font office de leaders expérimentés à l’US Marquette : Didier y est coach, quand Maxime a bouclé le dernier marathon qu’il a couru, à Gand en mars dernier, en 2h44.

Aux niveaux qui sont les leurs, qu’est-ce qui les motive à renoncer à performer au marathon de Lille, qui fait son grand retour après 31 ans d’absence ? La perspective de faire réussir tant de coureurs, dont certains seront nécessairement en proie au doute, à un moment ou à un autre, sur ces 42,195 km. Ils prennent leur rôle de « boussole », aussi pour garder le cap psychologiquement, avec sérieux et humilité. « C’est une chance, on se doit d’être à la hauteur de l’honneur qui nous a été fait », sourit Maxime.

Processus de sélection, fonctions, avantages… Voici tout ce qu’il faut savoir sur ces essentiels meneurs d’allure.

Maxime et Didier, athlètes de l’US Marquette, sont meneurs d’allure au marathon de Lille

C’est un réflexe chez les (très) bons coureurs : ils ne reconnaissent que timidement faire partie d’une certaine élite. À Lille dimanche, Maxime sera meneur d’allure en 3h15 ; Didier en 3h45, un temps loin de son record personnel de 2h22, en 1996.

Mettre son talent au service des autres, Didier Idziak le fait depuis des décennies : en parallèle de son métier de coordinateur à Auchan Faches-Thumesnil, il est entraîneur, et meneur d’allure depuis presque autant de temps. « Je l’ai fait des dizaines de fois, depuis bientôt 30 ans. J’étais meneur d’allure même quand ça n’existait encore pas vraiment, j’accompagnais les coureurs du club. » Booster la confiance en soi, c’est devenu une seconde nature chez lui.

Ses bons conseils, il les distillera comme il le fait habituellement aux groupes, kilomètre après kilomètre, qui l’entoureront dimanche. « Il faut rassurer constamment les coureurs », et surtout les maintenir dans un rythme millimétré. « Tu es obligé de courir avec un frein. À celles et ceux qui demanderaient à être légèrement en dessous du temps pour battre leur RP [record personnel, ndlr], je réponds : ‘Surtout pas !’»

Didier, coach, a été meneur d'allure des dizaines de fois, au cours des 30 dernières années, même quand la fonction n'existait pas encore réellement. Booster les performances des coureurs, c'est une seconde nature chez lui.
Didier, coach, a été meneur d’allure des dizaines de fois, au cours des 30 dernières années, même quand la fonction n’existait pas encore réellement. Booster les performances des coureurs, c’est une seconde nature chez lui. ©D.R.

Au sujet de cette régularité quasi absolue, Maxime admet qu’elle peut être vectrice de stress. « Il y a cette crainte de ne pas toujours être pile à l’allure à chaque kilomètre, d’autant que ce n’est pas une foulée naturelle. » En effet, sur l’épreuve lilloise, le chef d’entreprise, qui a créé un bureau d’études spécialisé dans les expertises écologiques, doit rallonger de 30 minutes son propre temps marathon. Mais toute cette bonne pression en vaut la peine.

« Il y a une fierté de participer à l’événement à Lille, ma ville. C’est une superbe expérience humaine, on sera une équipe, ensemble, et une équipe qui va réussir ! C’est grisant. »

Par contraste avec Didier, lui n’a endossé le rôle de meneur d’allure que « deux-trois fois » jusqu’alors, mais il en garde déjà de précieux souvenirs. Sur les 10 km de Marchiennes par exemple, le 11 octobre dernier, il raconte avoir été remercié d’une accolade par une coureuse qu’il a emmenée jusqu’à la ligne d’arrivée.

Maxime et Didier le disent presque en chœur : « Tu transmets ton expérience », et c’est tout le sens de la mission qui leur est confiée.

Comment ont-ils été sélectionnés ? Sont-ils rémunérés ? Les coulisses de ce rôle particulier

Comment ont-ils été choisis, d’ailleurs ? Ils ont simplement répondu à un appel sur les réseaux sociaux émanant de la Ligue Hauts-de-France d’Athlétisme. Ils ont dû justifier d’un « chrono marathon » relativement récent, élément indispensable pour fixer le temps à leur attribuer sur le marathon de Lille. Beaucoup d’aspirants, peu d’élus : quelque 200 personnes auraient candidaté pour un rôle de meneur d’allure dans les premières 24 heures ; 48 prendront finalement le départ du marathon, pour 12 allures, de 2h45 à 5h30.

La question est légitime : sont-ils rémunérés ? Négatif, mais ils reçoivent un bel équipement de la part de Nike, à savoir un maillot, un short et une paire de chaussures, à porter obligatoirement le jour J. « C’est une reconnaissance », estime Didier, qui regrette toutefois l’absence de paire de chaussettes… Qu’importe, il portera sans doute la sienne, aux couleurs de l’US Marquette Athlétisme.

Les bons conseils des meneurs d'allure

S'il ne faut dispenser qu'un seul bon conseil, avant le marathon de Lille, quel est-il ? Pour Maxime, "il faut avoir confiance en soi et repenser à l'entraînement exigeant" qui a mené à cette ligne de départ. Pour Didier, il convient de miser sur une excellente avant-dernière nuit : si celle de samedi à dimanche est entachée de réveils inopinés et liés à l'appréhension, pas d'inquiétude. Le sommeil de qualité, c'est dans la nuit de vendredi à samedi, qu'il est déterminant.

Enfin, ces meneurs ont signé un contrat qui les engage à honorer leurs fonctions les plus basiques : encourager, avec vigueur et enthousiasme, les coureurs qui choisiront de performer à leurs côtés. Didier Idziak est conscient qu’il ne faut pas se manquer, car ce rôle – dans de rares cas, heureusement – peut s’avérer ingrat. « On peut nous reprocher un infime décalage de quelques secondes sur la distance parcourue… » La responsabilité est d’autant plus grande.

Mais c’est avec une certaine légèreté, parce qu’ils ont au moins la certitude d’avoir les capacités physiques, qu’ils s’élanceront dimanche, depuis le 215, boulevard de la Liberté. Et comme on dit dans le milieu – plus si sélect que ça – des runners : « Y’a plus qu’à ! »

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