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Cela fait quelques semaines que Mahamadou Nagida s’est imposé au poste de latéral gauche du Stade Rennais. C’est pourtant dans une rotation avec Quentin Merlin que le jeune Camerounais (21 ans) avait commencé la saison.
Mais depuis plusieurs matchs, c’est bien le premier qui s’est forgé une place de choix dans cette équipe grâce à des performances de plus en plus consistantes : « Nagi’a une confiance grandissante depuis quelque temps, ses choix sont meilleurs aussi », a observé son entraîneur Franck Haise après la belle victoire 3-0 face à Strasbourg.
Quelles sont les clés de ce joueur, pas encore tout à fait accompli, mais à qui on prête un potentiel de plus en plus grandissant ?
Les velléités offensives de Nagida sont souvent la première chose que l’on retient chez lui. Ses courses à répétition lui permettent de se retrouver rapidement dans des positions proches de la surface, autour de laquelle il est de plus en plus décisif. Contre Crète en Ligue Europa notamment, le scénario renversant ne tient qu’à lui.
D’abord grâce à sa finition aussi spontanée que sublime de l’extérieur du gauche pour égaliser. Puis d’un déboulé où, après avoir éliminé sur un pas son premier vis-à-vis, en a déposé un second d’un crochet intérieur avant de voir sa frappe repoussée par le gardien, reprise d’une volée clinique d’Aït Boudlal pour arracher la victoire au bout du temps réglementaire.
Il a déjà goûté aux plaisirs du poste d’ailier gauche lors de sa formation au Cameroun, mais aussi en sélection, lui qui en compte déjà 13 avec les Lions indomptables. Cette expérience lui offre ainsi une qualité de dribble naturelle, parfois même surprenante.
Face à Auxerre, on l’a par exemple vu lever le ballon en pleine surface puis jongler avec, à six mètres de la cage, pour envoyer de dos, un centre en cloche sur la tête d’Estéban Lepaul. Le tout après avoir enclenché un sprint de plus de 30 mètres pour recevoir le ballon dans le demi-espace qu’il a perforé grâce à sa puissance et le mauvais positionnement des Bourguignons.
Enfin, sa qualité de centre est plus qu’honnête. Le week-end dernier face à Strasbourg, il a délivré sa première passe décisive de sa carrière en club (il en compte déjà trois avec le Cameroun), sur un centre en première intention que Boulaye Dia a intelligemment laissé filer pour Sebastian Szymański. D’ailleurs, toutes compétitions confondues, il est le Rennais qui centre le plus (43 fois), devant Adrien Thomasson (38 fois) et Szymański (32 fois), deux des cautions créatives de l’équipe.
Cependant, Nagida est en réalité bien plus qu’un ailier que l’on aurait repositionné latéral par défaut. Sa capacité à répéter les efforts est aussi impressionnante qu’essentielle. Seul le dragster jordanien Mousa Al-Tamari déclenche plus de sprints par 90 minutes que lui avec environ 23 accélérations par match complet, contre 18 pour le Camerounais selon Sofascore.
De plus, même si ses capacités défensives sont parfois plus à même d’être critiquées, le natif de Douala se démarque à sa manière. En Ligue 1, malgré son temps de jeu réduit (420 minutes sur 720 possibles), il est le sixième joueur qui réussit le plus d’interceptions du championnat avec 14 unités, relate le site de statistiques Fbref.
Interrogé sur sa manière de s’améliorer défensivement en conférence de presse il y a deux semaines, l’intéressé a répondu : « On bosse bien à l’entraînement, après je suis toujours à la salle et ça me donne de la force. Le plus important c’est d’enchaîner les matchs pour progresser. »
Face au Paris FC, il a encore laissé un petit peu trop de temps et d’espace à Ilan Kebbal pour trouver Lassine Sinayoko sur le troisième but du Paris FC. Il n’est pas monté assez vite sur le porteur du ballon qui avec sa qualité de centre, a pu déposer le ballon entre Cresswell et son attaquant, qui conclura l’action d’un retourné acrobatique.
Ses montées doivent aussi parfois être mieux compensées, comme sur le face-à-face raté de Romain Faivre où l’attaquant auxerrois a été beaucoup trop facilement trouvé dans l’espace laissé par le retour tardif du Camerounais.
Mais c’est là que Franck Haise a peut-être trouvé la parade. Après avoir opté pour un système à 4 en défense depuis le début de saison, l’entraîneur rennais a décidé de revenir sur la base à 5 (ou à 3 selon les points de vue) qui avait fait son succès du côté de Lens. Face à la Juventus puis à Strasbourg, Mahamadou Nagida a donc été titularisé au poste de piston gauche.
Ce système met d’autant plus en avant ses qualités, lui offrant plus de libertés offensives en compensant parfois quelques errances défensives : « Je crois globalement que pour nos joueurs qui peuvent jouer pistons, pour eux c’est mieux. On peut mieux voir leurs qualités et moins certains manques », a justifié Franck Haise.
En phase offensive, le 5-3-2 devient naturellement un 4-3-3 avec la montée en temps voulu de l’un des deux pistons en qualité d’ailier. Un système dans lequel Nagida a déjà travaillé : « À l’entraînement, quand on joue en 4-3-3 je suis parfois ailier. Ça ne me dérange pas du tout. »
Cette importance grandissante dans le jeu rennais le néo-piston en est bien conscient : « Je commence à gagner la confiance du coach, de mon côté je suis très content, je gagne en maturité et en temps de jeu. »
À lui désormais de confirmer sa bonne forme récente pour définitivement rendre les supporters Rouge et Noir fous de lui.