flag
back Retour
"C’est un parcours qui n’est pas humain" : après 180 km et 10 000 m de dénivelé, ce Serviannais est venu à bout de l’infernale Diagonale des fous 2026
Le Serviannais Damien Pommier a bouclé l’immense parcours en 59 heures et 40 minutes. DR

Dimanche 18 octobre, il est 9 h 40 sur l’île de La Réunion, et Damien Pommier peut enfin souffler, savourer. Après 59 heures, 40 minutes et 37 secondes d’effort colossal, le Serviannais vient à bout de la Diagonale des fous, l’une des courses d’ultra-trail les plus redoutables au monde. Derrière lui, 180 kilomètres avalés, 10 200 mètres de dénivelé positif et trois nuits passées dehors, à lutter contre les éléments. Pourtant, il n’a commencé l’ultra-trail que deux ans auparavant, après de nombreuses années de course à pied.

"Est-ce que je vais y arriver ?"

"Je regardais la course à la télé en 2024 et je me suis dit : "Je dois le faire". C’est un parcours qui n’est pas humain, et j’aime les choses qui sortent du quotidien", résume le Serviannais. Alors le jeudi 15 octobre, à 22 heures, le départ est donné pour plus de 2 800 participants. Et dans sa tête, forcément, quelques doutes : "Est-ce que je vais y arriver ? Est-ce que je suis assez entraîné ?" Arrivé sur l’île le 5 octobre, le coureur a pris le temps de s’acclimater à la météo tropicale, mais rien ne peut vraiment préparer à ce qui l’attend.

Au départ, Damien Pommier fait partie de plus de 2 800 participants, il n’en restera plus que 2 126 à l’arrivée.
Au départ, Damien Pommier fait partie de plus de 2 800 participants, il n’en restera plus que 2 126 à l’arrivée. DR

L’Héraultais attaque les premiers kilomètres, et avale les premiers dénivelés. En quasi six heures, il a déjà bouclé 30 kilomètres et 2 000 m de dénivelés. Mais lors de la première nuit, il a dû faire face à la météo.

"Au-delà du parcours, c’est le climat qui était le plus dur. On a passé la nuit sous pluie et le froid, on était plein de boue. Et le vendredi matin, il a commencé à faire très chaud." Damien enclenche, il passe le Nez de bœuf, la plaine des Merles, la Roche plate… À mesure qu’il passe les sentiers sinueux et cassants, la fatigue s’accumule autant que les dénivelés.

Les heures de sommeil se comptent sur les doigts d’une main : seulement 2 h 20 de microsiestes sur l’ensemble de la course. "Parfois, je me disais : si je m’arrête, je ne pourrai pas repartir à cause de la fatigue." Une lutte avec les limites du corps qui a bien failli coûter la fin de la course : "Arrivé en haut du Maido, j’étais vraiment fatigué et je ne tenais plus. J’avais la tête qui tournait. Je me suis autorisé 45 minutes de sieste. J’ai eu l’impression de dormir 8 heures, j’étais en pleine forme et je suis reparti !".

"À chaque ravito, on a le ventre noué"

À chaque ravitaillement, une autre course se joue de l’autre côté. Sa femme, Morgane, et son beau-frère l’attendent. "Nous non plus, on n’a quasiment pas dormi. On voulait être là à chaque ravitaillement et pouvoir répondre à chacun de ses besoins, raconte Morgane Pommier, fière de son mari, À chaque ravito, on a le ventre noué. On stresse de savoir dans quel état on va le retrouver, s’il va nous annoncer une blessure ou une envie d’arrêter…"

Mais pour tenir jusqu’au bout, le Serviannais avait préparé son corps pendant des mois. "Deux séances de kiné et quatre de renforcement musculaire par semaine", auxquelles s’ajoutent les sorties de course. Le tout, entre ses astreintes de nuit à la SNCF de Béziers et sa vie de famille, avec deux filles de 9 et 13 ans.

Pour s’endurcir, le coureur s’est employé sur les sentiers arides du Biterrois. L’Héraultais a multiplié les sorties dans le Caroux et au pic du Vissou. "Je n’hésitais pas à partir à midi en plein été, sur des parcours de 30 kilomètres et 2 800 mètres de dénivelé." Une préparation exigeante, qui a aussi coûté "plusieurs milliers d’euros". Mais qui semble avoir payé : aucune ampoule, aucune crevasse, et aucune courbature après la course.

"Il n’y a pas de mot"

Côté assiette, les gels énergétiques finissent par écœurer. Dès qu’un ravitaillement propose des pâtes, du riz ou du poulet, Damien en profite, "c’est qui nous permet de tenir jusqu’à la fin".

Et puis vient l’arrivée, les derniers kilomètres. Quelques jours après, l’émotion coupe encore Damien. "Il n’y a pas de mot. Je ne les trouve toujours pas", lâche-t-il, la voix émue. Ce dimanche 18 octobre à 9 h 40, il arrive 1604e de la Diagonale des fous, 292e de sa catégorie, 40-49 ans.

Pas encore de retour dans l’Hexagone, le Serviannais regarde déjà devant lui. Dans trois semaines, il prendra le départ du marathon Nice-Cannes avec son épouse. Et un autre rêve se dessine : "Il y a aussi l’ultra-trail du Mont-Blanc que j’aimerais beaucoup faire". Bref, l’aventure ne fait que commencer…

Vous aimerez peut-être

Parcours du Tour de France 2027 : après avoir accueilli l'arrivée d'une étape en 2026, l'Ariège n...

LA DÉPÈCHE il y a 7 heures

Pour ses dix ans de greffe, le Sarthois Alexandre Allain dévoile son grand défi et est soutenu pa...

Actu il y a 1 jour

Marathon de Lille : parcours, horaires, circulation… tout ce qu’il faut savoir ce week-end

Le Bonbon il y a 12 heures

Course pédestre : Le défi réussi du Salonais Guillaume Antoniolli aux 100km de Millau

La Provence il y a 12 heures

L’Hyrace, ce défi sportif inspiré de l’Hyrox, revient à Toulouse avec un objectif solidaire de 40...

LA DÉPÈCHE il y a 6 heures

Côtes-d'Armor : à Lannion, près de 500 participants à la deuxième édition du trail de Buhulien

Actu il y a 11 heures