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Antoine Dupont : "On aurait proposé cette équipe-là en Coupe d'Europe avant le début de la saison, personne n'y aurait cru", savoure le capitaine du Stade Toulousain après le succès face à Exeter
Le capitaine toulousain avait le sourire à la fin de la partie. DDM, Marc Salvet

l'essentiel S'il pointait les lacunes affichées par les "rouge et noir", Antoine Dupont voulait se satisfaire du succès décroché à l'arraché contre Exeter, en ouverture de la Champions Cup, ce dimanche 18 octobre au Stadium (43-40). D'autant que les coups du sort n'ont pas épargné les Toulousains.

Vous revenez de loin, non ?

Oui, c'est sûr qu'on ne s'est pas mis dans de bonnes dispositions. On a eu des problèmes de discipline, de défense aussi sur le début du match. Pourtant, c'est quelque chose qu'on avait ciblé, qu'on avait essayé de préparer. Mais force est de constater qu'on n'a pas su répondre de la meilleure des manières. Mais après, à l'énergie, sur des coups d'éclat et sur notre rugby, on est capables de marquer avec très peu d'occasions. C'est ce qui nous sauve aujourd'hui. Mais il va falloir plus de consistance à l'avenir, notamment dans cette compétition, qui, on le sait, ne donne pas droit à l'erreur si on veut aller plus loin.

Quels ont été les mots à la pause, que vous atteignez menés 24-26 et à 13 contre 15 ?

Que ça allait être dur, mais on savait qu'on en était capables. Du moment qu'on avait le ballon, on savait qu'on était dangereux, qu'on arrivait à les mettre en difficulté et marquer des points. Ça allait être sur le secteur défensif et sur la discipline où il allait falloir être très bons. Parce qu'on sait que quand il nous manque du monde, il faut compenser avec de l'énergie et ne pas faire de fautes faciles, ce qui leur permet de venir dans notre camp. Et quand ils sont proches des lignes, à un ou deux de plus, c'est très dur de les empêcher de marquer. Donc on a essayé de se dire de garder un maximum la possession et que quand on allait se retrouver à défendre, on allait devoir faire tous des efforts supplémentaires pour ne pas prendre de points.

Avec un tel scénario, ne regarde-t-on pas le verre à moitié plein : la réaction et la victoire ?

Oui, il faut prendre le positif. Quand on voit les faits de match, on aurait signé à la mi-temps d'ailleurs pour sortir avec la victoire. Ça se joue à pas grand-chose. Il faut souligner, je pense, l'état d'esprit de l'équipe. À la fin, on aurait proposé cette équipe-là en Coupe d'Europe avant le début de la saison, personne n'y aurait cru. Donc on a su s'adapter avec des joueurs qui n'étaient pas à leur poste, des joueurs qui n'avaient pas d'expérience. C'était leur premier match de Coupe d'Europe. Et malgré tout, on a eu un ballon pour marquer un essai supplémentaire et mettre au final 50 points en étant à 14 quasiment tout le match. Donc bien sûr qu'il y a du positif, mais on voit encore les mêmes lacunes qui nous font défaut chaque match. Et je pense qu'on a peut-être même mieux défendu quand on était 13 ou 14 qu'à 15 (sourire). Donc c'est peut-être un problème de motivation.

Vous n'avez d'ailleurs pas hésité à relancer des ballons après avoir repris le score alors qu'on aurait pu penser que l'occupation pouvait s'imposer...

Oui, notamment l'essai de 80 mètres, où au final, c'est un peu mal embarqué parce que je reçois une passe moyenne. J'envoie une chistera moyenne, je ne sais même pas où elle a atterri, je n'ai pas vu les ralentis encore (sourire). Mais c'est ce qui fait notre jeu aussi, de tenter des choses et je pense que les joueurs qui sont sur ce coup autour de moi savent qu'on est capables de tenter des choses et de répondre à l'initiative du joueur à côté de nous. Derrière, le coup est loin d'être fini et on voit que chaque joueur suit l'initiative de l'autre, on est connectés et quand on arrive à jouer comme ça, on arrive à marquer des essais avec pas grand-chose. C'est ce qui fait notre force, ce qu'il faut qu'on garde tout en, comme je le disais, gommant les lacunes qu'on a.

Vous êtes passé à l'ouverture après la sortie de Tommaso Menoncello mais avez parfois attaqué au centre. Comment avez-vous fonctionné avec Romain Ntamack ?

C'était comme on pouvait (sourire) ! Je sais que Romain a l'habitude évidemment de prendre la main et moi j'aime bien aussi être en seconde lame. Donc on a essayé de communiquer pour être connectés. On savait qu'on ne pouvait pas trop s'exposer donc on est beaucoup revenus dans les côtés fermés. Et on a essayé d'écarter quand on nous le permettait ou quand on avait des avantages. Donc on a plutôt bien géré cette période-là puisqu'on a réussi à marquer des essais et à ne pas trop en prendre. Mais c'était beaucoup d'adaptation et peu d'organisation.

Comment avez-vous vécu la dernière pénalité ?

Ça fait partie du côté tragique de notre sport et du rôle de buteur. Il a fait quasiment 100 % tout le match en mettant des transformations dans les angles à chaque fois et il manque la plus importante. Comme je disais, deux minutes avant, si Marc-Elie (Kouassi) rattrape le ballon, on marque et le match est plié. Finalement, tu te retrouves d'abord à cinq mètres de leur ligne, puis on remonte, on remonte, pénalité, pénalité. Et tu te retrouves à peut-être faire un match nul et peut-être à perdre le match s'ils vont en touche et qu'ils finissent par marquer un essai. Cela fait partie du sport, ce coup-ci, ça a penché en notre faveur. Il faut en profiter, souligner tous les côtés positifs parce qu'il y en a dans cette rencontre aujourd'hui, mais être réalistes sur ce pourquoi on s'est retrouvés dans cette situation aussi.

Vous évoquiez vendredi l'importance des bonus offensifs dans cette compétition. Au vu du match, la victoire seule doit vous combler, non ?

Oui, bien sûr. On prend un rouge à la 15e minute et puis un jaune après, évidemment que tu peux te satisfaire de la victoire. À un moment, quand on commençait à reprendre l'ascendant, on a regardé pour compter un peu les essais. Mais honnêtement, on n'était pas dans une posture aujourd'hui pour viser un bonus offensif. Puis il y avait une équipe en face de nous aussi qui, offensivement, était très dangereuse. Elle nous a posé beaucoup de soucis. En plus, avec cette nouvelle formule de trois essais d'écart, on a vite vu que ça allait être compliqué et qu'il allait falloir se battre pour le gain du match. On verra plus tard pour ce point laissé en route.

Avez-vous laissé pas mal d'énergie dans la bataille ?

On va voir l'état des troupes dans deux jours et qui va rester de valide parce que les week-ends se suivent et se ressemblent. On perd encore du monde aujourd'hui, on va voir dans quel état on sera mardi. Après, je pense que physiquement, ceux qui étaient sur le terrain en tout cas, on s'est plutôt bien sentis, même si évidemment on a compensé à l'énergie. Mais je ne suis pas sûr qu'il y ait un très gros temps de jeu effectif au final. Et on sait de toute façon que ce match de Perpignan sera charnière aussi. Déjà parce que ça terminera un bloc de trois réceptions qui, on le sait pour la suite du championnat, sera important pour nous. Et puis parce qu'après, il y a beaucoup de joueurs qui vont partir en sélection. Et c'est important d'engranger un maximum de points avant de partir. On connaît bien ces périodes-là et on verra avec qui on peut jouer samedi (sourire).

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