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« D’un acteur du jeu de raquettes à zéro » : au Passage-d’Agen, le beach tennis n’a pas résisté à l’avènement du padel

Treize ans après son inauguration en grande pompe, le beach park de l’AS Passage est quasiment à l’abandon. L’activité n’y est plus que résiduelle. Au grand dam du président du club

L’AS Passage Tennis dispose d’un bel outil. Malheureusement sous-exploité aujourd’hui.

Il y a treize ans jour pour jour, était inauguré en son sein le premier parc français dédié à la pratique. Le 19 octobre 2013, Jean Gachassin en personne, président de la Fédération française de tennis, s’était déplacé dans la banlieue agenaise. Signe de l’importance prise par ce nouveau venu dans le monde des sports de raquettes.

Quatre terrains de sable côtoyaient alors les courts en terre battue et en dur de la structure passageoise. Le début d’une belle aventure, marquée notamment par l’organisation de tournois internationaux, en présence des meilleurs Français et de nombreux étrangers. Notamment les Italiens, rois de la discipline. En mai 2022, Guillaume Leruste, 36e mondial, s’imposait en finale de l’ITF 4 000 dollars lot-et-garonnais, aux côtés d’Andrea Banci (101e).

Une maintenance réduite

Quatre ans plus tard, le soufflé est bien retombé. En début de mois, alors envahi par les herbes, l’un des quatre terrains était tout bonnement impraticable. Un autre est toujours recouvert par une bâche, dont la disposition traduit l’emprise des éléments naturels. « Vu le peu de personnes qui patinent dessus, on a un peu levé le pied sur la maintenance », avoue Éric Vogler, le président de l’ASPT, même si un « rafraîchissement » a été effectué récemment. Les filets sont bien disposés, quoiqu’un peu distendus pour certains ; la tribune latérale, elle, n’a pas été remplie depuis un certain temps.

Il y a un manque de soutien de la Fédé et, sur le plan local, c’est très difficile de faire perdurer cette activité »
En début de mois, l’un des quatre terrains était envahi par les herbes.
En début de mois, l’un des quatre terrains était envahi par les herbes.

« On a du mal à faire vivre notre parc », ajoute-t-il, avec un brin d’euphémisme. Le responsable tout désigné de cette déchéance tient en un mot et cinq lettres : padel. La nouvelle discipline à la mode. Celle qui écrase tout sur son passage, vers laquelle le public se tourne et pour laquelle les complexes dédiés poussent comme des champignons. En Lot-et-Garonne notamment. Celle qui retient l’attention de la FFT, aussi. Au détriment de sa grande sœur sur sable.

« Il y a un manque de soutien de la Fédé et, sur le plan local, c’est très difficile de faire perdurer cette activité », poursuit le responsable passageois. Qui plus est dans un département où les sports de sable ne font pas partie de son ADN. En l’espace de quelques années, le beach tennis est ainsi passé « d’un acteur du jeu de raquettes à zéro ». Et ce n’est pas l’émergence du pickleball qui risque de redorer son blason.

C’est un gros regret, mais clairement, on ne sait pas comment redynamiser ce lieu »
Éric Vogler est le président de l’AS Passage Tennis depuis plus de huit ans.
Éric Vogler est le président de l’AS Passage Tennis depuis plus de huit ans.

Aujourd’hui, l’activité au Passage se résume à des stages ponctuels. « Sur un week-end ou pendant les vacances scolaires. » À l’image de celui proposé l’an passé par Régis Courtois qui fut, à son apogée, n°6 mondial. « Mais il n’y a plus de réservations de créneaux horaires. » L’absence d’éclairage, ainsi qu’une exposition aux aléas climatiques, n’arrangent pas la donne en vue d’un éventuel sursaut d’orgueil. Bien illusoire à ce stade.

« Si demain, on avait du monde, un salarié nettoierait plus régulièrement le site, mais aujourd’hui, il n’y a pas de besoin. Malheureusement », souligne Éric Vogler, qui déplore le fait qu’il n’y ait « plus de communication et de soutien de la Fédé. Le beach tennis est pourtant un sport très agréable à pratiquer. Aujourd’hui, on se retrouve à zéro sur le beach park, alors qu’il y a deux-trois ans, on accueillait le n°1 mondial. » Le Français Nicolas Gianotti, en l’occurrence. « C’est un gros regret, mais clairement, on ne sait pas comment redynamiser ce lieu. » Cette « verrue au milieu de notre complexe », ose-t-il déclarer. Un terme sans doute un peu fort, mais qui traduit bien sa déception. Et la situation qui caractérise aujourd’hui une discipline qui a pris de plein fouet le côté éphémère inhérent à la mode.

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