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Battu par Poitiers vendredi 23 octobre 2026 (74-79), le Caen Basket Calvados a enchaîné un troisième revers de rang et a déçu pour la première fois de la saison. L’absence de Lee Moore, indisponible six à huit semaines, semble avoir considérablement pesé sur ce résultat. Notre consultant, Camille Eleka, attend que d’autres joueurs soient capables de prendre le relais. Son analyse.
Camille, ce match est-il le premier match raté du CBC cette saison ?
Oui, je considère que c’est un match raté, dans la mesure où Poitiers n’a pas fait non plus un grand match. On aurait pu être un peu plus disciplinés sur notre jeu, à l’image du début de match. On a commencé plutôt bien, même si quand j’ai vu De Bruhl rater son dunk d’entrée, je me suis dit : j’espère que le match ne sera pas à cette image.
Les détails, on les a complètement mis au vestiaire. On a fait des erreurs sur les aides et la défense qui étaient trop prégnantes. En deuxième mi-temps, on n’arrive pas à mettre des paniers, on est sur un courant alternatif. Cette défaite laisse un goût amer. Même en l’absence de Lee Moore et d’Antoine Rojewski, qui amènent de la menace et des qualités de shoot, on aurait pu faire mieux. On aurait pu limiter les pertes de balle sur les contre-attaques, en voulant trop vite faire la passe décisive. On s’est précipité.
Le CBC a-t-il une dépendance Lee Moore ?
C’est la grande question. Quand on voit la deuxième mi-temps contre Quimper (72-81) et ce match contre Poitiers, on a beaucoup moins de sérénité quand Lee Moore n’est pas là. C’est quelqu’un qui nous amène beaucoup de confiance dans notre jeu. Est-ce que Leo De Bruhl a les épaules pour amener ce leadership, mettre la balle sous le bras et se montrer en véritable patron ? Il a donné onze passes décisives contre Poitiers, c’est super. Il ne faut pas minimiser cette performance, mais dans la construction du jeu, dans la gestion des momentums, on voit que c’est encore un jeune meneur de jeu. Parfois, il accélère quand on doit ralentir, et il ralentit quand on doit accélérer.
On n’a pas su capitaliser sur les moments forts contre Poitiers et leur mettre la tête sous l’eau. Dans les temps faibles, on s’est un peu désorganisés. J’ai vu des mecs baisser la tête, ce que je n’avais pas vu depuis longtemps. On a aussi vu le coach s’agacer sur ses meneurs de jeu, sur ses joueurs, parce qu’il trouvait que c’était approximatif. Défensivement, on a eu nos petits problèmes sur les sorties, sur les aides défensives. Quand Lee Moore est là, il amène une stabilité.
Tyler Thomas a été en difficulté.
Il avait déjà forcé le jeu en deuxième mi-temps lors du match précédent. Il avait essayé de prendre le match à son compte. Il fait 1/8 au shoot, -2 d’éval, ça ne lui ressemble évidemment pas. Lee Moore, c’est un peu comme le commandant, et Tyler Thomas le capitaine. Est-ce qu’il peut prendre une place de commandant ? Je ne suis pas sûr. Par contre, quand le jeu est bien huilé, c’est un des joueurs les plus forts qu’on ait vus dans la nouvelle ère du CBC.
Que va-t-il falloir absolument améliorer dans les jours à venir ?
La gestion du rythme, bien travailler les systèmes de jeu, faire en sorte de trouver nos forces à l’intérieur, trouver notre alternance intérieur – extérieur. Les matchs d’avant, ça partait de partout, les gars pouvaient jouer leurs duels ou ressortir. On a une équipe intense, une équipe qui se donne à tous les matchs. On ne peut pas le leur reprocher. Ils mettent même trop d’énergie parfois, à l’image de la fougue de Leo De Bruhl. Ça fait trois défaites de suite, c’est là qu’on va voir si c’est une grande équipe ou pas.
Est-ce qu’ils vont arriver à se remobiliser ? Il va falloir que l’équipe reprenne confiance et qu’on n’ait pas cette Lee Moore dépendance. On a une grande qualité d’effectif. On va voir si, mentalement, les mecs sont prêts pour accéder aux playoffs. On se rappelle qu’ils ont gagné deux matchs après prolongation. On les avait trouvés hyper investis, hyper sérieux. Mais si ces matchs avaient basculé autrement, on serait peut-être en plein doute et en mini-crise. Il ne faut pas tomber dans cette spirale de défaites. Il faut que Rudy Demahis-Ballou passe un cran. Quand il rentre à la place de Leo De Bruhl, il faut qu’il amène du contrôle, en plus de sa créativité. Tyler Thomas doit prendre son rôle de leader et montrer la voie.