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TOP 14. « Ambitieuse » la Section aspire « à se qualifier sur les deux tableaux » avant ses débuts européens

« Il n’y a jamais eu autant de similitudes entre le rugby de Top 14 et celui de la Coupe d’Europe », estime le manager Sébastien Piqueronies. Ce qui devrait être profitable à Pau « toujours pas remis de l’élimination de l’an passé » avant la venue de Leicester (dimanche, 14 heures)

Sébastien Piqueronies : « Quand on voit la poule de cette année, c’est valorisant d’être invités au dîner des grands. »

Vous êtes à la fois coquin, mystérieux, visionnaire et amnésique ! Vous avez pu observer, sur mes premières compositions, qu’on tient à faire des rotations, et pas uniquement sur le dernier match. À Vannes, on s’est passés d’Émilien (Gailleton), de Fabien (Brau-Boirie), de Lekso (Kaulashvili) et Facundo (Isa). La semaine d’après, de Théo (Attissogbe) Rodrigo (Marta), Lekso (Kaulashvili) et Facundo (Isa). À Lyon, c’était Beka (Gorgadze). J’ai pour habitude de faire la meilleure équipe...

Vous êtes à la fois coquin, mystérieux, visionnaire et amnésique ! Vous avez pu observer, sur mes premières compositions, qu’on tient à faire des rotations, et pas uniquement sur le dernier match. À Vannes, on s’est passés d’Émilien (Gailleton), de Fabien (Brau-Boirie), de Lekso (Kaulashvili) et Facundo (Isa). La semaine d’après, de Théo (Attissogbe) Rodrigo (Marta), Lekso (Kaulashvili) et Facundo (Isa). À Lyon, c’était Beka (Gorgadze). J’ai pour habitude de faire la meilleure équipe possible chaque semaine, et ça ne va pas bouger. On a une haute grosse ambition sur cette compétition, on n’a pas prévu de changer de modèle. La Section est ambitieuse et veut se qualifier sur les deux tableaux. On va garder exactement le même mode de fonctionnement sur les deux compétitions.

Un match de Champions Cup est donc devenu tout aussi important qu’une rencontre de Top 14 à Pau ?

Exactement. Ce qui m’inquiète, c’est que vous n’avez pas l’air de me croire (rires). L’année dernière, on avait déjà l’ambition de nous qualifier. Lundi, quand j’ai ouvert la réunion avec le staff, j’ai mis la photo de la fin de match contre les Bulls (défaite 24-26 à domicile qui élimine la Section de la la Champions Cup). On était très déçus : la preuve, on ne s’en est pas remis de l’élimination de l’an passé. On était absents, et je pèse mes mots.

Quelles leçons avez-vous retenues de cette première année d’apprentissage ?

Déjà, c’est gratifiant pour nous de nous préparer à affronter les meilleurs. Quand on voit la poule de cette année, c’est valorisant d’être invités au dîner des grands. L’apprentissage qu’on en tire, c’est qu’il faut croire en nous et jouer notre carte à fond. On ne veut pas être un spectateur ni un faire-valoir.

« On parlera de gagner un titre le jour où on sera capables de se qualifier. Mes filles ont appris à faire du vélo après avoir appris à marcher »

Bordeaux et La Rochelle s’en sont servies de marchepied pour devenir des références. Est-ce le chemin que doit emprunter la Section ?

Le chemin de la Section doit l’amener à se qualifier durablement en Top 14 et en Champions Cup. On s’est qualifiés une fois sur l’une des deux compétitions. On parlera de gagner un titre le jour où on sera capables de se qualifier. Pour l’instant, on ne l’a pas encore fait. Mes filles ont appris à faire du vélo après avoir appris à marcher. Ça me paraît logique.

Voyez-vous la Champions Cup comme une manière de réinventer votre management, ou de tester d’autres choses ?

C’est une manière d’être challengés et innovants. On ne va rien tester de particulier. On est dans la meilleure compétition européenne, tout comme le Top 14 est la meilleure compétition mondiale. Pour nous, c’est de la continuité. On veut être, à ce niveau, parmi les meilleurs. Innover et se challenger, oui, comme toujours, mais la priorité reste la continuité de performance et de fonctionnement.

Dans votre méthodologie et votre approche, des choses changent-elles par rapport au Top 14 ?

Factuellement, certaines choses changent : les buteurs ont 60 secondes au lieu de 45 pour transformer les pénalités. En revanche, la règle du bonus et les règles de coaching sont identiques au Top 14. Paradoxalement, on n’a jamais eu autant de similitudes entre les deux compétitions. C’est une année de continuité absolue, à part l’origine des équipes adverses et l’arbitrage. Les derniers vainqueurs européens étant plutôt des clubs français, il n’y a jamais eu autant de points communs entre le rugby de Coupe d’Europe et celui du Top 14.

Vous le voyez donc positivement ?

Ça permet d’avoir des repères. Il y a des scores expansifs et un rugby positif depuis le début de l’année en Top 14. On verra bien, mais je ne serais pas surpris qu’en fin d’année on constate que ce soit à peu près pareil sur le plan européen. C’est culotté de le dire avant le démarrage, mais c’est comme ça que je le vois.

La symbolique de la Section qui gagne aussi sur le plan continental est-elle importante ?

C’est important de montrer que quand on s’engage dans une compétition, on le fait avec toute notre énergie et toute notre conviction. C’est important de rendre notre public fier en gagnant des matchs. L’environnement est très exigeant envers nous, à juste titre, et on se rend compte qu’on rend les gens fiers en gagnant. On met énormément d’énergie pour défendre notre stade du Hameau depuis des mois. C’est essentiel de le maintenir au même niveau d’exigence qu’en Top 14 et de le garder invaincu. On communique exactement de la même manière en interne.

Vous enregistrerez quasiment un guichet fermé ce dimanche. Ce qui est inédit, et évocateur de l’engouement que cette Section suscite…

C’est puissant ! Et c’est d’autant plus fort que l’environnement économique est très difficile actuellement. On a eu quasiment quatre réceptions d’affilée, dont trois dans le même mois. C’est un vrai effort économique pour les supporters. Quand on a vu le calendrier, on savait que ce serait difficile de remplir le stade. Venir en famille trois fois par mois, ce n’est pas donné. On est lucides sur la vie des gens aujourd’hui. Malgré cela, on sent un vrai engouement, donc c’est doublement puissant.

Quels sont les points de vigilance face à cette équipe de Leicester ?

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