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Il y a des victoires qui valent plus que trois points. Celle de Tottenham contre Coventry (3-1), lundi soir, ressemble à un coup de défibrillateur pour un club qui s’enfonçait dans le dernier rang de Premier League après six journées sans succès. Pour Roberto De Zerbi, l’ancien coach de l’OM que l’on connaît bien de ce côté-ci de la Manche, l’enjeu dépassait largement le cadre d’un match de championnat : il fallait prouver que son projet n’était pas déjà en train de s’effondrer.
Le contexte rend l’épisode encore plus révélateur. Les Spurs ont dépensé sans compter cet été, mais l’équipe qui a frôlé la relégation la saison passée n’a pas retrouvé miraculeusement ses repères. D’où ce choix, presque artisanal, du technicien italien : une longue explication de texte avec son vestiaire, puis quatre jours à Marbella pour ressouder un groupe fragilisé. Du management à l’ancienne, loin des tableaux tactiques, qui rappelle que le football se joue aussi dans les têtes.
Sur le terrain, le scénario a eu de quoi rassurer. Maddison a ouvert la marque dès la 14e minute, Rudoni a ramené Coventry à hauteur, mais Marmoush a repris l’avantage avant que Ben Davies ne scelle l’affaire dans le temps additionnel. Avec le nul arraché à Old Trafford la semaine précédente, malgré une égalisation encaissée à dix contre onze, la courbe s’inverse timidement. Le retour de Maddison et de Kulusevski y est sans doute pour beaucoup : deux créateurs, et soudain l’attaque respire.
Reste à ne pas s’emballer. Tottenham pointe à la 16e place avec six petits points en sept journées, et De Zerbi lui-même le sait, lui qui insiste sur l’aspect mental après des saisons « comme celles que nous avons vécues ». Le déplacement à Chelsea dira si Marbella a vraiment servi de déclic ou si Coventry n’était qu’une parenthèse. Pour l’ancien Marseillais, l’heure de vérité ne fait que commencer.