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Pourtant, ils sont là, écharpes autour du cou et maillots d’époque sur le dos. Face à la réserve de l’Aviron Bayonnais, les supporters bordelais ont répondu présent et sont même bien plus nombreux que les Ciel et Blanc. Preuve que malgré la descente aux enfers du club, la fidélité est trop forte.
Alice fait partie de ceux qui ont fait le déplacement depuis Bordeaux, juste après la sortie du travail. Supportrice depuis 1996, elle a connu les grandes heures du club, les titres de champion de France en 1999 et 2009, les campagnes européennes et les émotions partagées avec son fils. « On peut tomber bas, c’est comme ça. C’est la vie, ça arrive », résume-t-elle, sans renoncer à l’avenir. « On ne va pas oublier ce qui s’est passé, mais derrière il faut quand même se projeter sur la reconstruction. »
Pour elle, comme pour d’autres, la descente ne signe pas la fin. « Les supporters qui sont toujours là ne vont rien lâcher et vont avoir un engouement pour notre club de cœur encore plus fort, dans la galère. »
Max et Hugo, eux, n’ont pas eu besoin de traverser la région puisqu’ils habitent Bayonne. Ce vendredi soir, ils portent fièrement les couleurs des Girondins. « Le premier match pour moi, ça a été Bordeaux-Marseille en 1998. » Ils ont connu Lescure en fusion, les finales au Stade de France… Aujourd’hui, le contraste est brutal. « On est un petit peu tristes de ce qui arrive, mais on est encore là et on sera toujours là ! »
Dans cette nouvelle réalité, on tente aussi de trouver des raisons d’espérer. Max et Hugo apprécient que plusieurs joueurs de la saison précédente aient décidé de rester malgré la descente en Régional 1 et voient dans ce groupe les prémices d’un retour aux fondamentaux. « Il y a vraiment cet ADN girondin qui revient, après l’ère Lopez, qui était un peu compliquée. » Le football est désormais plus « champêtre », disent-ils, mais la descente a aussi ses avantages : « C’est très bien, on peut limite aller voir tous les matchs ! »
Jérôme, lui, vient des Landes. Abonné au Stade Atlantique, il avale les kilomètres pour soutenir Bordeaux et accompagne les joueurs en déplacement quand il le peut. Son attachement remonte à 1982. Giresse, Tigana, Lacombe : il a connu les grandes gloires du club. Quarante ans après, la descente n’a pas fait partir la ferveur. « Au contraire : je me suis abonné, alors que je fais 145 km pour aller au stade. »