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Le dossier Manchester City a définitivement quitté les pelouses pour s’inviter à Downing Street. Selon la BBC, qui s’appuie sur des registres de déclarations depuis supprimés, Andy Burnham a partagé deux dîners d’hospitalité avec Khaldoon Al Mubarak, le président du club, lorsqu’il était maire du Grand Manchester. Problème : le communiqué publié en début de semaine pour faire la transparence sur ses relations avec les propriétaires émiratis ne le précisait pas.
Le détail a été mis sur la table par Sally Nugent, présentatrice de BBC Breakfast. Un ancien registre de l’autorité métropolitaine (GMCA) mentionnait ainsi un dîner en compagnie de Richard Leese, alors leader du conseil municipal, et du président de City lors d’un match contre Everton à l’Etihad, en août 2017. Valeur déclarée : 300 livres. Le Telegraph évoque de son côté des billets et prestations d’hospitalité pour près de 1 200 livres au total, dont trois matchs et un concert d’Ed Sheeran au stade, selon la presse britannique.
Dans l’opposition, ça sent la poudre. « Andy Burnham a promis au pays et à la Chambre des communes une transparence totale », a attaqué Louie French, ministre fantôme des Sports chez les conservateurs. Kemi Badenoch et Ed Davey, chefs des Tories et des Libéraux-démocrates, réclament eux aussi la publication de l’intégralité de ses échanges avec le club.
Que disait le fameux communiqué ? Il mentionnait une réunion formelle en octobre 2021, lors d’un sommet sur l’investissement organisé par le gouvernement, ainsi qu’une rencontre informelle dans les tribunes lors du jubilé de Vincent Kompany en 2019. Pour le reste, il indiquait seulement que l’ancien maire avait été l’invité du club « à un petit nombre de reprises », des hospitalités déclarées selon les règles.
Downing Street ne recule pas. Pour les services du Premier ministre, il s’agissait d’hospitalité reçue lors de matchs à domicile, dûment déclarée, et non de rendez-vous séparés avec le président du club. Burnham assure par ailleurs que les propriétaires de City ne lui ont jamais parlé des poursuites engagées par la Premier League. Mais quand les journalistes ont demandé quelle différence il y avait entre tout publier et publier ses « principaux échanges », son service de presse s’est contenté de renvoyer… au communiqué initial. Pas vraiment de quoi éteindre l’incendie.
Le timing, lui, ne pouvait pas être plus mauvais. Manchester City vient d’être reconnu coupable de graves infractions aux règles financières de la Premier League entre 2009 et 2018, et a fait appel. Burnham s’était dit inquiet à l’idée d’une vente du club par ses propriétaires, qu’il présentait comme des partenaires majeurs du Manchester moderne. Des propos que Downing Street a dû recadrer : le Premier ministre considère le jugement comme sérieux et estime que les responsables d’éventuelles fautes doivent en assumer les conséquences.
Trois cents livres de dîner, en soi, ce n’est rien. Le problème n’est pas le montant. C’est l’écart, ou plutôt le soupçon d’écart, entre la promesse de transparence et ce que racontent les archives. Rarement un club de football aura autant pesé sur l’agenda politique britannique. Et à Westminster, le feuilleton est loin d’être terminé.