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Une journée de compétition entre gestion mentale et physique
Sur une compétition comme les Journées de l’épée, les tireurs doivent composer avec la longue attente pour se reposer, mais aussi et surtout se préparer pour leurs matchs à venir. Photos Jean-Louis Bories
Une journée de compétition entre gestion mentale et physique

Publié le 18/10/2026 à 05:11

l'essentiel Plongée au cœur du déroulé d’une compétition, comme celle qui se tient à Rodez ce week-end avec les Journées de l’épée, du point de vue d’un tireur local.

L’état d’esprit et l’état d’âme d’un compétiteur d’escrime durant plus de huit heures au bord et sur les pistes relèvent d’un caractère bien trempé, d’une philosophie personnelle, de nerfs à toute épreuve et d’une gestion millimétrée de son corps. Maël Denaux, maître d’armes au club de l’Escrime Rodez Aveyron et tireur engagé dans le tableau senior hier, dévoile le déroulé d’une compétition.

"La concentration, c’est souvent la différence qui se fait entre le vainqueur et le vaincu"

Le "en garde", l’épéiste aveyronnais l’a en tête dès l’échauffement. Le "prêt" est dans le mental essentiellement. Au "allez", c’est le rythme et la constance dans l’effort technique et physique qu’il faut garder toute une journée sans jamais se déconcentrer. "C’est cette difficulté qu’il faut gérer individuellement, au-delà des conseils qu’on peut te donner", assure Denaux, qui détaille que la problématique d’un tournoi : l’attente entre deux passages. "On attend parfois plus d’une heure, on perd le rythme, l’adrénaline descend, on a beaucoup transpiré. Se remettre dans le bain, car il faut de nouveau s’échauffer, cela use plus que la compétition. Les interrogations viennent, on ne sait pas contre qui, sur quelle piste. Garder la concentration, c’est souvent la différence qui se fait entre le vainqueur et le vaincu."

Entre deux rencontres, en phase de poule, il y a de l’analyse, un revisionnage des assauts. Maël Denaux, lui, est du genre à se gérer seul : "Je connais bien mon corps et mon rythme, j’arrive à faire la part des choses, à comprendre et à corriger." Ce qui n’est pas le cas de tous, certains ayant besoin d’être rassurés, motivés par le coach. Mais de son côté, le maître d’armes n’aime pas trop être coaché, car il avoue aimer trouver les solutions par lui-même et avoir le recul sur ses assauts, comprendre l’adversaire. "Bien sûr, j’aime gagner, mais ma motivation première, c’est de rendre ce sport beau, c’est ce que j’essaie d’inculquer aux élèves que j’entraîne car je ne les conseille pas pour la gagne, ça, ils doivent l’avoir en eux. C’est une question de personnalité. Moi, je fais mon analyse, c’est mon combat mental avant de revenir sur la piste. Ce n’est pas simple, car l’adversaire change et il faut repartir dans une autre analyse. Ce qui est dangereux surtout quand on gagne un match, c’est de ne pas se remettre en question et on oublie l’essentiel, dont la récupération."

"On ne peut pas s’isoler toute une journée"

Comme dans tous les sports, il est essentiel d’être prêt à tout instant. Qui plus est sur une pratique individuelle et sur un tournoi comme celui qui se déroule ce week-end à Rodez. Être le régional de l’étape est d’ailleurs un poids supplémentaire selon Maël Denaux : "On essaie de ne pas y penser, mais il y a de l’attente, c’est normal, cela ajoute un peu plus de pression. On ne peut pas s’isoler toute une journée donc on rencontre des amis, des dirigeants. Les mots, les phrases t’invitent à la performance, là encore il faut faire la part des choses."

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