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Rugby – Nationale : "Si on joue pareil, on prendra 30 points minimum à Orléans", après la frayeur contre Suresnes, l’US Carcassonne doit se remettre en question
La soupe à la grimace pour Corentin Bousquet et ses coéquipiers après cette victoire étriquée. L'Indépendant - NATHALIE AMEN VALS

La veille d’Halloween, l’US Carcassonne a décidé de faire peur à tous ses supporters en se rendant la tâche très difficile contre Suresnes (18-16). Un troisième succès de rang mais des doutes, avant de se déplacer deux fois lors des quinze prochains jours.

Et si l’US Carcassonne avait fait exprès. Vendredi soir, à la veille d’Halloween, Samuel Marques et ses coéquipiers voulaient-ils offrir un grand frisson aux supporters venus les soutenir au stade Albert-Domec ? Heureusement (et malheureusement) ce n’était pas volontaire, mais les fantômes du match contre Massy, perdu au début du mois (12-23), ont, semble-t-il, resurgi sur la pelouse carcassonnaise.

L’US Carcassonne a finalement dû attendre les toutes dernières secondes pour arracher une victoire aussi précieuse que laborieuse face à Suresnes (18-16). Les jaune et noir ont évité le mauvais sort, mais ils sont passés tout près du scénario catastrophe, la faute à une conquête trop discrète et une difficulté à gagner les collisions. "Les avants n’étaient pas au rendez-vous, je pense qu’entre aujourd’hui et Bourgoin, il y a 50 % de différence dans ce secteur, pestait le manager Joël Rey, en conférence de presse après la rencontre. À Bourgoin, il y avait des mecs déterminés, aujourd’hui, des mecs qui ont cru que ça serait facile, les mains en haut du guidon."

Pourtant, pendant longtemps, les hommes du président Benoît Mestre semblaient avoir la situation bien en main. Après une entame sans grand rythme, les Audois trouvaient la faille une première fois grâce à leur capitaine Samuel Marques, parfaitement servi par Rémi Boulan. Six minutes plus tard, Théo Vassallo profitait d’un rebond capricieux pour creuser l’écart (12-3). À la pause, le public de Domec pouvait voir venir et avec deux essais à zéro pouvait même envisager un bonus offensif.

Ils nous ont bien contrés.

"On n’a pas trouvé de solution devant sur les ballons portés, on s’est fait un peu chier et secouer dans les rucks. Nous, ce qu’on voulait, c’était absolument marquer l’adversaire, si on pouvait finir cette première mi-temps avec 40 points d’avance, c’est ce qu’on voulait faire, mais voilà, ils nous ont bien contrés, expliquait le troisième ligne Corentin Bousquet, qui a reçu un carton jaune en fin de rencontre. On n’a pas avancé comme à Bourgoin, sur les collisions, dans les rucks et les mauls…"

Mais les mauvais esprits n’avaient pas encore quitté Domec. Au retour des vestiaires, les Franciliens haussaient le ton et enfilaient le costume des croque-mitaines, faisant planer la menace sur Domec en faisant progressivement vaciller les certitudes audoises. Jusqu’à prendre les commandes à la 56e minute, grâce à un essai de Lohan Sabbia (12-13).

Jérôme Bosviel remettait alors les siens dans le sens de la marche (15-13), mais Suresnes refusait de jouer les figurants dans cette soirée à suspense. Une pénalité à la 78e minute (15-16) faisait replonger Domec dans l’angoisse. Le cauchemar n’était alors plus très loin. Mais Carcassonne avait encore une dernière carte dans sa manche. En toute fin de match, le numéro dix local sortait le geste salvateur avec un drop qui faisait chavirer Domec (18-16). Et comme si la soirée n’avait pas offert suffisamment de suspense, Suresnes obtenait une ultime pénalité pour arracher la victoire. Sans succès.

Pas de bonbons, mais une victoire au goût particulièrement savoureux pour Carcassonne. "On a le sourire quand même parce qu’il faut retenir la victoire, même si ça n’a pas été un beau match", ajoutait Bousquet.

Les jaune et noir peuvent souffler. Halloween leur aura finalement réservé plus de peur que de mal. Mais derrière le soulagement de cette troisième victoire consécutive, Carcassonne sait qu’il lui faudra montrer un autre visage pour éviter que les prochaines frayeurs ne se terminent autrement. "Si on joue pareil, on prendra 30 points minimum à Orléans, je pense que c’est, sans manquer de respect, un ton au-dessus de Suresnes", prévient Joël Rey, alors que l’USC va se déplacer deux fois lors des deux prochaines semaines à Orléans et à Rennes, avant de recevoir le Mont-de-Marsan d’un certain Bernard Goutta, tout juste nommé manager du club landais.

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