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Top 14 – "La régularité, la consistance… Dans cet apprentissage-là, on doit être meilleur" : avant d’affronter Toulouse, l’USAP s’étoffe défensivement mais garde des failles mentales et un manque d’efficacité
Nicolas Godignon souligne les progrès catalans en défense depuis le début de saison. MICHEL CLEMENTZ

Malgré des progrès dans son organisation défensive soulignés par son entraîneur en charge de ce secteur, Nicolas Godignon, l’USAP peine à maintenir sa régularité d’un match à l’autre et notamment à l’extérieur. Avec des points clés ciblés avant de se déplacer à Toulouse, ce samedi (16 h 35).

Une chose est sûre en ce début de saison, les défenses de Top 14 sont sous pression. Le rythme reste soutenu, avec plus de sept essais et 55 points inscrits par rencontre. Et, en moyenne, il y a au moins deux équipes par journée qui s’inclinent avec 40 points ou plus encaissés. L’USAP a été dans ce cas de figure (à Montpellier, 50 points, et au Racing 92, 55). "Prendre 50 points, c’est toujours dur. Mais on n’est pas les seuls à les prendre. Je pense que c’est un peu sur l’aspect psychologique, quand on voit que ça devient dur, on lâche un peu", analysait l’entraîneur de l’édifice catalan, Nicolas Godignon. Et ce constat se vérifie : Bayonne, Clermont, Lyon, Vannes, le MHR, Pau, le Stade Français, Castres, Bordeaux-Bègles et le Racing 92 ont tous encaissé au moins une fois 40 points.

Un problème d’abord mental donc pour l’USAP, selon Godignon. "Ces règles font qu’il y a beaucoup de scores larges, mais ce qui nous a le plus ennuyés, c’est plutôt sur l’état d’esprit à Montpellier et au Racing." Cette fragilité psychologique a également pénalisé l’USAP sur la pelouse de Newport, vendredi dernier. "Il faut qu’on travaille pour être au même niveau pendant 80 minutes, relatait Jerónimo de la Fuente. Par manque de précision, de savoir quoi faire dans les moments clés et par erreurs individuelles, on se retrouve sous pression." Et cela se confirme, parce qu’à Newport, l’USAP était en tête à la mi-temps ; au Racing et à Montpellier, elle était à moins neuf. "La régularité, la consistance, prendre le niveau de confiance nécessaire… Dans cet apprentissage-là, on doit être meilleur. On a encore besoin de s’éprouver, notamment sur cet aspect psychologique", analysait Nicolas Godignon.

L’USAP beaucoup franchie à Newport sur des relances

L’amélioration doit se poursuivre sur le plan mental, mais aussi dans l’organisation face aux relances et au jeu dans le désordre, deux secteurs dans lesquels les Catalans seront attendus face au Stade Toulousain, samedi (16 h 35). Face aux Dragons de Newport, l’USAP a craqué sur les relances galloises dans le dernier quart d’heure, terminant le match avec 15 franchissements contre elle. Un problème à régler avant de défier le jeu à la toulousaine. Et cela passe par une organisation précise, mais aussi une efficacité au plaquage. L’USAP est sur le podium des équipes ayant manqué le plus de plaquages en Top 14. Elle perd même cinq points d’efficacité à l’extérieur.

Face à ce constat, Nicolas Godignon ne veut pas se ranger derrière l’excuse du turnover. Il veut progresser avec son effectif dans son ensemble et estime que les Catalans sont sur la bonne voie : "Je trouve qu’on progresse. On a changé le système et, à Aimé-Giral, on nous a vus assez solides. On a concédé quatre essais contre Castres, puis trois contre Bordeaux, et deux contre Vannes, donc on sent une évolution. On sent qu’on est de plus en plus précis. Les repères communs sont de plus en plus costauds et on est de moins en moins franchi (6 fois contre le Racing, 5 contre Vannes). Je trouve sincèrement qu’il y a une vraie amélioration sur la cohésion et les connexions."

On est parfois frustré de nos sorties de camp.

L’USAP avance donc, mais n’a pas réglé tous ses problèmes, notamment à l’extérieur. Mentalement, physiquement, mais aussi techniquement : "On est parfois frustré de nos sorties de camp, de ne pas avoir cette capacité à prendre nos coups d’envoi, de ressortir proprement et d’enchaîner plutôt que de se remettre sous pression", étayait-il. Il pointe notamment les essais montpelliérains inscrits deux et six minutes après une réalisation sang et or, celui du Racing deux minutes après le retour de l’USAP à 17-13, ainsi que les autres essais concédés trois et quatre minutes après une marque catalane. Contre Vannes, les Bretons ont marqué six minutes et quatre minutes après que l’USAP a scoré, et les Dragons sont notamment repassés devant au score grâce à une pénalité glanée deux minutes après l’essai de l’USAP.

Ces détails, souvent déterminants, coûtent cher à l’USAP. Parce que structurellement elle progresse, travaille avec les arbitres les mercredis, elle a ajusté sa ligne du hors-jeu et fait partie des équipes les plus disciplinées (10 pénalités concédées en moyenne). Mais, à des moments clés, l’USAP a tendance à se laisser dépasser. Et face à un Toulouse qui use et abuse du désordre et du jeu rapide, ces détails peuvent encore coûter cher. Ce sera l’occasion de prouver le niveau de progrès défensif de cette équipe.