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Alors que Luis Enrique prône un turnover régulier au Paris Saint-Germain, la densité de l'effectif ne laisse que peu de place aux jeunes du centre de formation. Ce qui devrait amener certains à reconsidérer leur avenir.
Et oui, tout ne fonctionne pas parfaitement au Paris Saint-Germain. Depuis deux saisons, Luis Enrique est loué (à juste titre) pour la gestion de son effectif, très minutieuse, qui permet au club de la capitale d’être à la fois performant sur tous les tableaux tout en arrivant dans les meilleures dispositions pour les grands rendez-vous. Mais dans cette équation, les jeunes ont quelque peu disparu de la circulation.
Au-delà du cas Warren Zaïre-Emery, formé au club mais passé pro en 2022, qui reste-t-il ? Depuis son but en finale de Ligue des champions contre l’Inter Milan, Senny Mayulu n’a pas vu son temps augmenter. Quentin Ndjantou se contente de miettes depuis le début de saison, en étant souvent laissé à l’écart du groupe. Et c’est à peu près tout. Quelques éléments ont pu s’entraîner et jouer avec les pros la saison passée (Nsoki, Mounguengue, Lucea, Boly, Jangéal…), mais sans franchir le cap.
On ne peut pas vraiment accuser Luis Enrique de ne pas faire confiance aux jeunes. Mais le coach parisien doit s’adapter au niveau global de son effectif, et aux ambitions de son club, ce qui rend la tâche compliquée pour les Titis. « Nos jeunes sont beaucoup trop loin », ne peut que constater un éducateur du club dans L’Equipe.
Résultat, pour les jeunes joueurs, l’horizon semble bouché au PSG. « Aujourd’hui, c’est quoi la projection pour eux ? Il y a un groupe d’une vingtaine de joueurs internationaux hyper concurrentiel et tu te demandes où est la place, résume l’agent d’un espoir. Ces dernières années, ils (les dirigeants) prenaient l’exemple de Senny mais il est où, Senny, là ? Il sera titulaire un jour ? » A l’inverse, il y a les exemples des Ibrahim Mbaye, Joane Gadou et Ethan Mbappé, partis chercher du temps de jeu ailleurs.
A cela s’ajoute le recrutement de Dro Fernandez (18 ans), et les tentatives pour aller chercher des promesses venues d’autres clubs français, comme le Lyonnais Adil Hamdani (17 ans) ou le Montpelliérain Lacine Megnan (16 ans). Voilà qui est de nature à démoraliser les jeunes du centre… et inciter les nombreuses pépites de la région parisienne (le plus grand vivier de footballeurs d’Europe) à envisager de lancer leur carrière dans d’autres clubs. « Si on n’arrive plus à retenir nos jeunes à la sortie et qu’on ne parvient plus à recruter les meilleurs au départ, ça risque d’être compliqué… », glisse un salarié. Le rêve de former le prochain Lionel Messi, longtemps envisagé par le PSG, pourrait s’éloigner…