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Girondins de Bordeaux. « Ce qu’on peut faire ici, c’est une fois dans une vie » : Driss Trichard se confie sur les raisons qui l’ont poussé à rester

Désigné capitaine, Driss Trichard (31 ans), passé par la Ligue 1 et la Ligue 2, a pris la décision de rester malgré la chute pour s’inscrire dans le projet des repreneurs. Il explique son choix et sa vision du nouveau départ

A Avranches, il y avait une énorme déception de ne pas terminer au moins meilleur 2e. On nous avait dit qu’on monterait avec 60 points. On en avait 62, on aurait pu en avoir 64. Mais cela n’aurait pas été suffisant. J’étais là depuis deux ans. La première saison, on avait réussi à être premier à...

A Avranches, il y avait une énorme déception de ne pas terminer au moins meilleur 2e. On nous avait dit qu’on monterait avec 60 points. On en avait 62, on aurait pu en avoir 64. Mais cela n’aurait pas été suffisant. J’étais là depuis deux ans. La première saison, on avait réussi à être premier à la trêve et on n’était pas monté. Là, c’était un peu le même scénario. J’étais dépité, frustré. Mais deux jours après, j’étais prêt à repartir à l’assaut pour faire remonter ce club.

Il y a ensuite cet été d’incertitude, terminé par la rétrogradation en R1. Avez-vous pensé à partir ?

On a repris pour la N1. Ensuite, on nous a évoqué la N2. La R1, ça faisait très bas. Je me suis posé la question jusqu’au dernier moment (fin septembre, NDLR). J’avais des propositions de clubs de Ligue 3 et de N1, la possibilité de retrouver le niveau pro. À 31 ans, ça fait réfléchir. Une carrière, on n’en a qu’une. J’ai essayé de prendre du recul, j’ai discuté avec ma famille, j’ai pensé à l’aventure humaine qu’on pouvait vivre ici. Arnaud Cormier (entraîneur), Arnaud Saint-André (directeur général), Dominique Delport (président) m’ont parlé. Et je me suis dit que ça aussi, ce n’est qu’une fois dans une vie. Je suis reclassé amateur, on voit avec le club pour faire autre chose à côté. Et le but est de remonter le plus vite possible.

Y a-t-il eu de l’amertume durant l’été ?

Ça a été très délicat pour nous, comme pour nos proches. On nous disait que ça allait être racheté, puis finalement peut-être pas… Franchement, je ne souhaite ça à personne. J’ai ma femme, des enfants en charge, je ne savais pas où j’allais, où je devais inscrire ma fille à l’école. On s’est réfugié dans le travail en se disant que ça allait se décanter à un moment, même si ça a été très, très long. On s’est soutenu entre nous, on a essayé de maintenir un groupe d’entraînement même si ceux qui n’avaient pas leur famille ici ont dû partir. Aujourd’hui, on voit enfin le bout du tunnel.

« J’espère que dans 10 ans, le club retrouvera la Coupe d’Europe et qu’on se souviendra des années sombres »

Le fait d’être six à rester a joué sur votre décision ?

Oui, car c’était important de garder un noyau fort. On aurait aimé même être un peu plus mais je comprends que certains veuillent jouer plus haut. Moi, j’ai eu la chance de jouer en Ligue 1, Ligue 2. D’autres, plus jeunes, non et gardent ce challenge. Dans nos discussions avec les autres, j’ai poussé aussi pour accepter le reclassement en amateur et laisser la place à cinq contrats fédéraux. Aujourd’hui, je sais que je fais une croix sur ma carrière et je me vois finir à Bordeaux. Ça va être long, ça va être dur, mais je suis resté pour faire remonter le club. Pouvoir jouer au stade Atlantique, aussi, était un point important.

Physiquement, où en êtes-vous après cette longue période ?

Je suis bien. J’ai fait attention de rester toujours à mon poids de forme, je n’ai pas eu de coupure durant ces quatre mois. Je sors d’une saison complète et je voulais rester dans la continuité. Le plus dur a été mentalement. Avoir une date, un calendrier, a remis de l’ordre dans le cerveau. On sait maintenant où on va.

À quoi vous attendez-vous en R1 ?

J’habite à Mérignac, le SAM joue en bas de chez moi. Je suis allé voir quelques matchs. On a aussi l’expérience de la Coupe de France la saison dernière. Il y aura peut-être un peu moins de jeu et plus de duels. À nous de poser le ballon, de faire courir l’adversaire et d’être prêt : le football est un sport de contact avant tout.

Arnaud Cormier pense vous aligner au milieu. Qu’en pensez-vous ?

J’y ai joué en formation ici avec le coach Matthieu Chalmé lors de mon premier passage, en Ligue 2. C’est en montant avec les pros que j’ai été placé latéral gauche. Je connais le poste, mais il faut que je retrouve mes marques car j’y ai pas joué depuis un match contre Caen avec Clermont, en mai 2021.

Dimitri Liénard, capitaine de la remontée de Strasbourg jusqu’en Ligue 1, a une buvette qui lui rend hommage au stade de la Meineau. Imaginez-vous une buvette Driss Trichard au stade Atlantique ?

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