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Ils étaient là, un jeudi soir, dans un Vélodrome à guichets fermés. Ils sont repartis avec une défaite (0-1) face à l’Olympiakos, sur un but d’Hezze à la 42e minute, et une immense lassitude. Après le 4-1 encaissé à Besiktas lors de la première journée, l’OM pointe désormais à la 32e place sur 36 de la phase de ligue de la Ligue Europa. À la sortie du stade, au micro de La Provence, des supporters ont vidé leur sac. Et Bruno Genesio a été la première cible.
« Genesio, la transhumance, il est venu promener ses chèvres », a ironisé l’un d’eux. Un autre a laissé parler son amertume : « Tout le monde nous chie à la figure, tout le monde rigole de nous. C’est jeudi soir, on est tous seuls à supporter Marseille. Demain, on travaille, on est tous fatigués. »
Tout est dit. Ou presque.
Les joueurs n’ont pas été épargnés. « C’est pas possible que Neal Maupay, Abdelli et Angel Gomes soient titulaires. Ils ont des niveaux de district », a tranché un supporter. Certains ont réclamé le départ de l’entraîneur, d’autres ont affirmé ne plus vouloir revenir au stade. Quelques-uns, malgré tout, refusaient d’envisager le pire, à savoir une descente en Ligue 2.
Le contraste est saisissant avec le discours tenu la veille par Genesio. Interrogé en conférence de presse sur le rendement d’Angel Gomes, l’entraîneur marseillais avait pris sa défense : « Je suis globalement satisfait de ce qu’il fait depuis le début de la saison, même si ça a été plus compliqué à Troyes. » Vingt-quatre heures plus tard, les tribunes avaient un tout autre avis.
Rarement l’OM aura autant cumulé les fronts en si peu de temps. Sur le terrain, le club reste sur un début de saison chaotique, marqué par une série de quatre défaites consécutives fin septembre (Monaco, Paris FC, Rennes, Besiktas), à peine rattrapée par la victoire à Troyes (0-2). Sur le marché des transferts, l’été s’était soldé par un bilan historique de zéro recrue, laissant Genesio avec un effectif réduit.
Et en coulisses, le climat n’est pas plus serein. Vendredi, dans L’Équipe, Jean-Pierre Papin accusait Ali Zarrak, aujourd’hui responsable du scouting de l’OM en Île-de-France, de harcèlement moral lorsqu’il entraînait la réserve. L’intéressé a répondu par un message énigmatique sur X.
Pour Genesio, arrivé cet été pour relancer la machine, la marge de manœuvre se réduit à vue d’œil. Le soutien de son vestiaire existe (Angel Gomes avait salué son management il y a une semaine), mais celui des tribunes s’effrite.
En voilà une soirée qui va laisser des traces. La suite se jouera en championnat, avec l’obligation de réagir vite. Car à Marseille, on le sait, la patience n’a jamais été la vertu cardinale du Vélodrome.