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Pour honorer la mémoire de Francis Bousquet, onze cyclistes de l’AC Canétoise ont gravi le mont Ventoux, défiant la légende du Géant de Provence lors d’une ascension émouvante et solidaire. Retour sur un hommage poignant.
Même si les ascensions n’étaient pas sa tasse de thé, Francis Bousquet avait eu le bonheur d’effectuer par trois fois celle du mont Ventoux. Il en était revenu avec une certitude : y retourner avec ses amis de l’AC Canétoise. L’idée était lancée… Francis étant décédé prématurément l’hiver dernier, onze amicalistes ont tenu à honorer sa mémoire, ce mardi 13 octobre, en relevant ce formidable défi sur les pentes du Géant de Provence.
Par sagesse, trois d’entre eux ont choisi la montée par Sault, tandis que la voie par Bédoin s’est imposée aux autres. C’est la route qui forge les légendes : vingt et un kilomètres d’ascension sans répit, sauf au Chalet Reynard. Devant la buvette, une pause fut la bienvenue. Ce fut l’occasion de reprendre des forces, mais aussi de reconstituer le groupe avant d’aborder la partie finale. Un final que le mistral peut rendre épique, poussant parfois certains à renoncer. Fort heureusement, en ce 13 octobre, il avait décidé de ne pas s’inviter.
À partir de là, la végétation disparaît pour laisser place à un décor presque lunaire. Au loin, apparaît enfin la célèbre antenne de radiodiffusion, construite en 1960. Mais ce sommet, pourtant en vue, semblait vouloir se dérober aux amis de Francis. Il paraissait reculer et s’esquiver un peu plus à chaque virage. Les derniers kilomètres, entre les fameux poteaux jaunes et noirs, prirent une dimension particulière : impressionnants par le paysage, éprouvants par la pente et émouvants par la raison même de cette ascension.
À l’approche du sommet, la stèle dédiée à Tom Simpson rappela à tous que le Ventoux est aussi une montagne chargée d’histoire et de tragédies. Le groupe s’y arrêta dans la descente, avec une pensée profonde pour Francis. Pour de nombreux passionnés, ce lieu reste associé aux cyclistes disparus.
Après cet effort d’une rare intensité, la joie fut immense. Les onze amicalistes, l’un d’entre eux ayant effectué l’ascension en solo huit jours auparavant, venaient de relever un défi sportif exigeant, mais surtout un formidable défi du cœur. Le Ventoux avait été vaincu, mais l’essentiel était ailleurs : la mémoire de Francis Bousquet avait été honorée. Sur ce sommet mythique où il rêvait de revenir avec ses amis de l’AC Canétoise, il était, ce jour-là, manifestement un peu avec eux.