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Brandon McNulty s’apprête à porter, pour la dernière fois de la saison 2026, son maillot arc-en-ciel. Voilà six courses que l’États-Unien de 28 ans arbore cette tunique après son titre de champion du monde glané il y a trois semaines à Montréal au Canada. À l’occasion de cette dernière sortie de l’année, en Italie (Veneto Classic), le coureur de la UAE Team Emirates - XRG a pris le temps de se confier à L’Équipe. Il en a notamment profité pour évoquer le bonheur de porter ce maillot spécial dans le peloton : « J'ai toujours aimé courir mais là, avec le maillot, c'est encore plus agréable, a souri l’équipier de Tadej Pogacar. J’ai la sensation que les jours passent plus vite et de la meilleure manière possible. Je ne compte plus les kilomètres. À chaque fois que je baisse les yeux et que je vois les rayures arc-en-ciel, c'est un sentiment nouveau. »
Avec cette tunique distinctive, Brandon McNulty a viré dans une autre dimension, d’abord intérieurement. « Même quand je commence à avoir mal, c'est comme si je pouvais ignorer la douleur, philosophe le champion du monde. Ce n'est pas que je suis invincible, j'ai encore clairement des limites, mais, je ne sais pas, je ressens une forme de liberté, quelque chose comme ça. »
Si le natif de Phoenix en Arizona se sent différent depuis l’obtention de ce titre, il prévient cependant qu’il ne pense pas que cela changera sa manière de courir ni d’être. « Je suis toujours le même coureur, avec les mêmes forces et faiblesses, donc ce n'est pas comme si j'allais subitement remporter les cinq Monuments, a souri l’intéressé. Je préfère plutôt rester sur ce qui a fonctionné les cinq ou six dernières saisons et continuer d'essayer de progresser. Je vais honorer le maillot du mieux possible sur certaines grandes courses, mais rien de drastique ne va changer. »
En clair, Brandon McNulty a prévu de s’amuser sur certaines courses qu’il apprécie comme les classiques à l’instar de l’Amstel Gold Race ou encore Liège-Bastogne-Liège. En revanche, l’États-Unien ne veut pas être calife à la place du calife. « Si Tadej est là, c'est différent, reconnaît le coureur. Je ne crois pas que je peux gagner un grand Tour. Rien qu'un podium ce serait déjà beaucoup. C'est un tel engagement, donc pour le moment, je suis content d'y aider nos leaders Isaac (Del Toro) et Tadej (Pogacar). Pour moi, le gros objectif serait de gagner une étape du Tour, c'est ce qui manque à mes résultats. » Alors à la question de savoir si cela l’embête qu’un « simple » équipier soit champion du monde, il glisse : « Je ne crois pas que ce soit une mauvaise chose, répond McNulty toujours à L’Équipe. On a été un peu gâtés les dernières années à avoir un champion du monde qui gagnait toutes les courses, mais ce n'est pas toujours comme ça. Pour moi, être en tête de peloton, avec Tadej dans ma roue et le maillot, c'est assez cool et spécial aussi. »