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Le trail et l’ultra-trail sont des courses très en vogue auxquelles les courageux s’essayent avec l’envie d’arriver au bout. La Diagonale des fous, une course de trail extrême, se déroule à La Réunion. Elle incarne l’esprit d’aventure, d’endurance et de défi.
Cette année, 2 870 coureurs du monde entier ont affronté les 180 km avec 10 200 m de dénivelé positif. Parmi eux, Chloé Nivoliès a réussi brillamment la traversée mythique de l’île.
Mendoise, elle se lance dans des études de kiné, avant de se réorienter vers des études d’infirmière. Reçue brillamment, spécialité anesthésie, elle choisit de partir travailler à la Réunion. Inscrite dans un club de trail, elle effectue plusieurs courses.
En 2024, elle tente le parcours de 175 km de la Diagonale des fous. Elle se prépare en faisant du vélo et du renforcement musculaire. "Avec mon club, j’avais deux entraînements par semaine, renforcement musculaire chez le kiné et vélo le week-end, se souvient-elle. Je suis partie avec une copine, afin de se motiver l’une et l’autre. Il faisait très froid et il pleuvait. Au km 110, j’ai eu une inflammation à la hanche qui s’aggravait au fil de kilomètres. De plus, je me suis endormie. Je me suis réveillée en hypothermie et j’ai dû abandonner. J’ai été frustrée et j’ai beaucoup souffert."
L’année suivante, toujours motivée, elle s’est inscrite, mais n’a pas été tirée au sort. "J’ai été rappelée fin août, mais je n’étais pas prête." Elle retente cette année et est tirée au sort au mois de mars. À partir du mois de mai, elle commence sa préparation. Mais le sort s’acharne. "Fin juin, je me fais une grosse entorse à la cheville et je dois porter une attelle pendant six semaines", se rappelle Chloé Nivoliès.
"Fin juillet, un incendie se déclare dans le bloc opératoire de la clinique les Orchidées, au Port, où je travaille. Nous avons été répartis sur d’autres blocs opératoires. De temps en temps, je vais jusqu’à Saint-Denis. Mi-août, après des tests, mon kiné m’a donné le feu vert. Je n’avais qu’un mois pour m’entraîner, sans excès pour ne pas arriver épuisée le jour de la course."
J’ai appris de mes erreurs
Le 15 octobre, elle prend le départ. "J’ai appris de mes erreurs d’il y a deux ans, j’y suis allée décontractée et j’ai pris le départ sereine." Elle ne s’impose que quinze à vingt minutes de sieste plusieurs fois. Elle a souffert à nouveau du froid dans la première partie, puis elle a traversé une zone très boueuse.
"Il y avait beaucoup de descentes très glissantes. C’était très dur. Les pieds ont souffert. La première nuit se passe bien. Mon copain Damien m’avait monté une tente où j’ai pu dormir à l’abri pendant vingt minutes. Au petit matin, au sommet du piton Maïdo, il faisait très froid. La descente a été dure pour les articulations. J’avais des copines qui m’accompagnaient dans plusieurs tronçons. J’étais dans ma bulle et je suis arrivée, heureuse, en début de soirée."
Elle a fini 710e et 44e féminine sur 330, après 45 h 36’09 de course. "La réussite a été possible aussi grâce à Bruno, mon papa, qui m’a fait l’assistance tout au long de ces deux longues journées, sans beaucoup dormir. Je récupère bien. Je suis très contente d’avoir réussi. Ça s’est très bien passé."