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Dans une compétition qualifiée "d’opportunités" par l’USAP, les Catalans n’ont pas réussi à cocher toutes les cases face à un adversaire des Dragons de Newport pourtant à sa portée, ce vendredi (défaite 29-14). De quoi frustrer le vestiaire, mais aussi l’encourager.
Ce vendredi à Newport, l’USAP poursuivait plusieurs objectifs. Libérés de la pression, les Catalans entendaient profiter de leur déplacement au pays de Galles pour gagner à l’extérieur, lancer une dynamique positive, donner du temps de jeu aux jeunes et conforter leurs certitudes. Mais face à des Dragons loin d’être souverains, la défaite (29-14) a laissé un sentiment contrasté dans le vestiaire sang et or.
"Le résultat n’est pas ce que nous attendions, résume froidement l’entraîneur de la défense, Nicolas Godignon. Nous ne sommes pas si loin. Il y a un tournant en deuxième mi-temps, quand nous étions à 5 mètres de la ligne : il y a un "neck-roll" et on ne peut pas revenir potentiellement à 22-21." Parce qu’en effet, parmi les cases qui n’ont pas été cochées par les Catalans ce vendredi, il y a l’efficacité : l’USAP a eu 61 % de possession, 14 entrées dans les 22 mètres gallois, 64 % d’occupation et réalisé plus de courses. Trois joueurs de l’USAP figurent même en tête du classement des courses ballon en main : Dvali, Tanguy et Tedder. Tout ça pour deux essais. L’illustration est frappante : un essai en 25 minutes de domination en première mi-temps, trois refusés, et cette fin de match avec des ballons clés perdus.
"C’est souvent comme ça quand on joue à l’extérieur, regrette le centre Jerónimo de la Fuente. Il y a soit un manque de précision (14 ballons perdus), soit des erreurs individuelles. C’est là où il faut qu’on travaille encore plus pour arriver à jouer 80 minutes au même niveau, que ce soit à domicile ou à l’extérieur." Ces lacunes réapparaissent souvent en fin de rencontre loin d’Aimé-Giral. Comme à Montpellier ou au Racing 92, à Newport, les dernières minutes ont vu les Catalans céder petit à petit, mentalement ou physiquement, laissant filer la victoire puis le bonus défensif. Contrairement à ce qui se produit souvent à Perpignan, où l’USAP résiste aux remontées adverses.
"C’est dur à digérer parce qu’on voulait gagner et parce qu’on n’arrive pas à tenir quand on est à l’extérieur. Pendant 60 minutes, on est dans le match, mais par manque de précision et de savoir quoi faire dans les moments clés, on se retrouve dans les 20 dernières minutes à prendre deux essais", poursuit "Jero". Au final, ce sont 17 points encaissés dans le dernier quart d’heure.
L’équipe est forte mentalement pour progresser.
Le retour tardif à Perpignan s’est donc effectué dans une atmosphère morose. Pourtant, pendant une grande partie de la rencontre, l’USAP a su profiter des opportunités offertes par la Challenge Cup. Fidèle à ses intentions d’avant-match, elle a conservé le ballon, relancé, donné leur chance aux jeunes et permis à plusieurs revenants de se distinguer. "Malgré tout, on avait une équipe qui a essayé d’aller chercher le match. On a vu des joueurs qui jouent moins s’exprimer. Et ça offre l’opportunité de travailler encore plus", analyse De la Fuente. Les jeunes se sont notamment illustrés. Le deuxième ligne Bastien Chinarro a disputé 80 minutes et capté 7 touches. Le troisième ligne Andro Dvali, auteur de 15 courses, meilleur total du match, a été le Catalan qui a le plus avancé, battu 4 défenseurs et réussi ses 9 plaquages. Le pilier gauche Lorencio Boyer-Gallardo a aussi été très bon en mêlée, tandis que Setareki Toganiyadrava a été menaçant sur son aile.
Le pilier droit Marco Riccioni, qui lance petit à petit sa saison, a aussi montré son activité, tout comme le deuxième ligne Mathieu Tanguy, relancé et plutôt revanchard, le troisième ligne Jules Coulon, auteur d’un essai, et le deuxième ligne Posolo Tuilagi, aussi décisif. Sur le plan individuel, rares sont les joueurs passés à côté de leur match. "Je sais que le résultat ne traduit pas ce que je dis, mais l’équipe est forte mentalement pour progresser", insiste le capitaine argentin. Mais le bilan comptable reste négatif. Avant la réception de Parme le dimanche 13 décembre prochain (16 h 15), l’USAP n’est pas lancée sur orbite pour la qualification. Pourtant, au tableau d’affichage et dans le contenu, elle a montré qu’elle pouvait rivaliser et se donner les moyens d’exister à l’extérieur. C’est peut-être une étape de plus pour grandir avant les déplacements à Toulouse (samedi prochain, 16 h 35) et à Pau (samedi 7 novembre, 16 h 35), et la réception de Toulon (samedi 31 octobre, 21 h).