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Si tout se passe bien, l’AF Virois vivra un événement assez inhabituel entre le 31 octobre 2026, date de son déplacement chez l’équipe réserve du Stade Malherbe Caen, et le 28 novembre 2026, qui marquera le huitième tour de la Coupe de France. Si Caennais et Virois parviennent à faire respecter la hiérarchie au septième tour de la compétition, le week-end des 14 et 15 novembre 2026, ils se retrouveront face à face deux semaines plus tard. « Ça peut faire un remake d’il y a quelques saisons« , sourit le capitaine Dorian Charlier. En 2022, après bien des péripéties, Vire s’était qualifié pour les 32ᵉ de finale sur tapis vert.
L’événement a marqué les mémoires, mais avant de replonger dans cette Coupe de France où ils rêvent de faire des étincelles, les Virois vont donc affronter la réserve du Stade, ce samedi (18h00). Ils abordent le rendez-vous avec une seule idée en tête : prolonger leur remarquable début de saison.
On avait commencé difficilement à la maison contre la TA Rennes par un nul (1-1). Il y a eu ensuite une victoire compliquée à l’ASPTT Caen (1-2). Depuis, on est sur une belle série de huit victoires, en intégrant la Coupe de France. Même si on sait qu’on peut encore mieux faire dans le contenu, c’est top !
La dynamique de l’AF Viroise intègre quatre succès en championnat, ce qui lui vaut d’occuper la deuxième place à égalité de points avec le leader Cesson. « On a une marge de progression assez importante », assure Dorian Charlier. Vire, troisième de National 3 en 2025, deuxième la saison dernière, a toutes les cartes en main pour franchir le cap espéré. « L’objectif est de remonter. On se sait attendus. Contre nous, on sent que l’atmosphère est différente. De notre côté, on avance sans pression. On fera les comptes à la fin. »
Vire « prend les matchs les uns après les autres », en commençant par celui qui l’opposera à Caen ce samedi. « C’est une équipe joueuse, avec deux ou trois individualités qui peuvent faire la différence à tout moment, présente Dorian Charlier. Il y aura deux belles équipes qui aiment jouer et proposer du beau jeu. On sera sur un beau terrain, devant du monde, dans de belles conditions. Quoi de mieux pour jouer au foot ?«
Le plaisir transpire des propos du brillant dépositaire du jeu virois. Affronter Caen revêt encore une saveur particulière pour celui qui a quitté le club il y a désormais neuf ans. « C’est devenu loin, même s’il y a toujours quelques personnes que je connais sur place. Ça reste le club qui m’a formé pendant dix ans, donc c’est un match spécial. » Après Caen, Dorian Charlier était parti en Suisse. Puis il avait posé ses valises à Vire, alors en National 3, dès la saison 2019-2020. Il était parti cinq ans plus tard, après avoir connu une montée en National 2 et une relégation à l’étage inférieur.
On sortait d’une saison assez délicate en National 2. J’étais au club depuis cinq ans, j’avais besoin de voir autre chose et je voulais rester au niveau N2. Je n’étais pas parti en mauvais termes, loin de là.
Dorian Charlier avait signé en Balagne, en Corse, et avait conservé ses standards. Vingt-neuf matchs sur trente possibles, trois buts, trois passes décisives. « On avait fini cinquièmes. C’était une bonne expérience, mais il y avait des retards de salaires. C’était un peu délicat de poursuivre. » Le jeune marié a fait le choix de revenir en Normandie, où vivent sa mère et sa belle-famille. « C’est ici que je me sens le mieux. » Dès lors, le doute n’était pas permis : il allait resigner à Vire.
Ses sept buts et ses trois passes décisives la saison dernière n’ont pas suffi pour retrouver le N2 (actuellement N1), mais Dorian Charlier s’est de nouveau fondu à merveille dans le collectif. « Les coachs amènent un nouveau souffle, estime-t-il. Je m’entendais déjà bien avec Tony (Théault, qui a pour adjoint son frère Robin, ndlr) quand il était joueur à Granville. Il est beaucoup dans le dialogue. Il m’a promu capitaine, c’est aussi un signe de confiance de sa part. On a un projet de jeu qui me correspond, et on aime gagner tous les deux. Je m’éclate. On a un super groupe. Ça fait deux ans qu’on est ensemble et qu’on travaille vraiment bien. Les résultats suivent. »
Rares sont ceux qui observent Dorian Charlier sans penser qu’il pourrait, à 29 ans, jouer à un bien meilleur niveau que le cinquième échelon français. « Ça reste dans un coin de ma tête », confie-t-il. La plus belle manière d’y parvenir est de monter avec son club. Surtout quand on y est particulièrement attaché.
Dorian Charlier au sujet du Stade Malherbe : "Quand on voit les infrastructures et les moyens, ce n'est pas un club qui doit être en Ligue 3. Je leur souhaite de remonter au plus vite. Beaucoup de clubs sont descendus pour mieux remonter. L'arrivée de Mathieu Bodmer va faire du bien. Elle va permettre de bien structurer la chose. Je vais aux matchs de temps en temps le jeudi soir. Quand on voit le monde au stade, sans dénigrer les autres clubs, Caen n'a rien à faire à ce niveau-là. Au centre, on allait voir les matchs contre le PSG, Marseille, Lyon. Là, c'est différent, mais la ferveur des supporters n'a pas changé. Ils méritent de remonter en Ligue 2 a minima."