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C’est avec un groupe de 24 ans de moyenne d’âge que le staff du XV de France a choisi d’aller défier les Black Ferns sur leurs terres en cet automne 2026. 24 ans « et très peu de sélections », reconnaît le sélectionneur François Ratier. Elles sont même 4, parmi les 23, à en compter 0 (la 2e ligne Ylona Avril, qui est titulaire, ainsi que Marion Latonnelle, Lylou Pedesseau et Charlie Gauyat, présentes sur sur le banc).
Élodie Fernandez, titularisée à l’ouverture, compte seulement 6 minutes de temps de jeu sous le maillot tricolore, alors que Marie Ibanez, Amalia Bazola-Allière, Lou Roboam et Elsa Peyras ont elles aussi fêté leur première cape lors de la victoire sur le Canada (21-5) à La Rochelle.
Qu’à cela ne tienne, les Bleues n’ont pas voyagé à l’autre bout du monde pour faire de la figuration à l’occasion de ces 3 tests face à la 2e nation mondiale (les 17, 24 et 31 octobre).
«On veut vraiment pouvoir mesurer la performance individuelle de chacune, qui va pouvoir rejaillir sur le collectif et à partir de là, on se donne le droit de gagner des matchs », livre le technicien, « convaincu que si chacune amène vraiment sa meilleure perf, on peut aller chercher des victoires en Nouvelle-Zélande. »
Bien sûr, les Françaises ne sont pas favorites. « Clairement pas », conçoit Ratier, mais le sélectionneur souhaite en jouer :
"Justement, ça doit permettre de se libérer, de pouvoir travailler et jouer avec beaucoup moins de pression que si on était une équipe à 60 sélections de moyenne, à trois mois de la Coupe du Monde."
Pas d’objectif comptable, donc, pour les Tricolores. Pas de complexes non plus. Le staff a volontairement choisi d’aligner une équipe jeune, alors que les capitaines Manae Feleu et Pauline Bourdon-Sansus n’ont pas fait le voyage.
« À 3 ans de la Coupe du monde, on a besoin de voir plus de joueuses à des postes stratégiques […] Il faut les voir tout de suite pour pouvoir aligner la meilleure équipe possible au fur et à mesure des rencontres », a expliqué François Ratier.
Et les jeunes en question comptent bien en profiter. Encadrées par des filles expérimentées comme Anaëlle Deshaye et Assia Khalfaoui au poste de piliers, les 3e ligne Léa Champon et Axelle Berthoumieu, la capitaine Alexandra Chambon ou la centre Teani Feleu, elles savent qu’elles ont énormément à gagner.
Et ne boudent pas leur plaisir visiblement :
"Les filles sont enthousiastes. C'est un peu cliché mais le groupe vit bien. En tout cas, c'est sympa. Il y a encore une heure, c'était très bruyant, plein d'énergie..."
Le staff veille à « créer un climat d’apprentissage mais aussi où les joueuses se sentent bien. On est très exigeants sur le terrain mais il faut aussi qu’elles profitent du moment et qu’elles sentent qu’elles sont dans les meilleures conditions pour performer. »
Ainsi, la France va crânement jouer sa chance au pays du long nuage blanc ces prochaines semaines. Sans pression mais avec une certaine ambition. N’a-t-elle pas vaincu le Canada, alors 2e nation mondiale, avec 5 néophytes sur sa feuille de match le 28 septembre dernier ?
XV de départ : Bourgeois ; Ibanez, Rousset, T. Feleu, Murie ; (o) Fernandez, (m) Chambon (cap) ; Touré, Champon, Berthoumieu ; Avril, Grosz ; Khalfaoui, Riffonneau, Deshaye.
Remplaçantes: Lazarko, Bazola-Allières, Latonnelle, Roboam, Peyras, Pedussaud, Queyroi, Gauyat.