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l'essentiel À l’occasion de la réception de Nissa Rugby, vendredi soir, Jules Soulan a connu sa première titularisation à Armandie. Un rêve de gosse conclu par l’essai de la gagne... Confidences.
"Oui, bien sûr que je retiendrais ce match..." Jules Soulan l’avoue volontiers. Depuis 17 ans, il attendait une titularisation à Armandie. Son rêve s’est exaucé, et tout s’est déroulé presque comme dans un film. "Je retiens déjà la victoire, parce que, le plus important, c’était de gagner, même pour un premier match pour moi. Puis, je suis très content de la soirée, d’avoir performé, d’avoir pu jouer 80 minutes aussi."
Et s’il attendait ce moment depuis très longtemps, l’ouvreur l’a bien abordé. "C’était plus de la fierté et de la joie d’être là, que du stress, comme j’aurais peut-être pu l’imaginer. J’étais très content de jouer. Cela faisait un moment que je l’attendais, donc je m’étais préparé pour cela. Il fallait ne pas louper le truc, tout simplement."
Ce qu’a réussi Soulan, sobre et efficace tout au long du match. "Je ne voulais pas être trop dans l’émotion ou le stress. J’ai fait comme si c’était un match normal, et c’était un match normal. Du coup, c’est vrai que je n’ai pas trop profité. Même quand je marque, je ne profite pas vraiment d’avoir marqué, d’être juste devant la famille parce qu’il faut vite transformer..."
Car Soulan a inscrit l’essai de la gagne vendredi. Et le plus drôle, c’est que c’était devant sa femme, assise devant l’en-but en tribune Ferrasse. "Mes parents ne pouvaient pas venir, mais il y avait toute sa famille, qui habite à Agen. Ils étaient juste au-dessus de là où j’ai marqué. Du coup, ils étaient super contents. C’est surtout pour eux. Ils ont vécu la chose complètement différemment. Ma femme, surtout, puisqu’elle sait ce que cela représente pour nous. Elle est avec moi depuis que je suis parti du club il y a douze ans. C’est cela qui est sympa en fait", explique l’intéressé, assez pudique sur ce moment : "Je pense qu’il y a plus d’émotions pour eux que pour moi. J’avais un match à jouer, une performance à faire, et je ne voulais pas être dans l’émotion. J’ai essayé de faire abstraction pour pouvoir rester dans mon match."
En marge du match, Soulan a aussi reçu "pas mal de messages des copains". "Certains jouaient ce match à travers moi." Au coup de sifflet final, les émotions se sont partagées jusqu’à la bodega, où le Charentais est retombé sur son entraîneur en Cadets. "Les gens sont contents du parcours et de voir que j’ai fini là. C’est aussi l’objectif de tous les coachs des jeunes, de passer et d’entraîner les joueurs qui finiront par représenter ce que le SUA essaie de mettre en place pendant tant d’années, c’est-à-dire la formation", poursuit-il.
En résumé, le joueur de 32 ans a vécu une soirée "rêvée, mais pas imaginée". "À chaque fois que tu imagines, il ne se passe jamais rien de ce qui est prévu. Imaginer te fait monter le stress, parce que tu as envie d’être à la hauteur, de te montrer et de prouver. Cela faisait 17 ans que j’attendais, que je m’entraîne et que j’essaye de revenir à ce niveau-là. C’était presque joué ! La première fois où je suis venu ici avec Aix, cela avait été dur, parce qu’il y avait ma famille. Tout le monde s’était déplacé. Au final, je n’avais pas joué... Il y avait de l’émotion, car j’étais à un âge où je me disais que je ne reviendrais peut-être plus ici. Ce vendredi, j’avais imaginé plus d’émotions, mais je suis très content de la soirée." Et les Agenais aussi.
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