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"Le volcan ne se rapprochait jamais": à 55 ans, cet habitant de Saint-Raphaël a parcouru 245 km jusqu'à 6000m d'altitude
Francis Cutaia, ancien militaire installé à Saint-Raphaël (Var), a bouclé les 245 km de la Bolivia Race entre la Bolivie et le Chili, du 18 au 30 septembre 2026. À 55 ans, il a relevé ce défi d'ultra-endurance pour repousser ses limites, jusqu'à 6 000 mètres d'altitude.
Francis Cutaia, ancien militaire installé à Saint-Raphaël (Var), a bouclé les 245 km de la Bolivia Race entre la Bolivie et le Chili, du 18 au 30 septembre 2026. À 55 ans, il a relevé ce défi d’ultra-endurance pour repousser ses limites, jusqu’à 6 000 mètres d’altitude.

Plus de huit heures pour traverser 80 km de désert de sel, avant de poursuivre son aventure en haute altitude. À 55 ans, Francis Cutaia vient de boucler la Bolivia Race, un ultra-trail de 245 km entre la Bolivie et le Chili. Parti le 18 septembre, le Raphaëlois est rentré le 3 octobre, avec des souvenirs encore plein la tête.

Ancien militaire au 21e régiment d’infanterie de marine (RIMa) de Fréjus, où il a servi pendant quinze ans, il s’est lancé dans l’ultra-endurance en 2021. Depuis, il enchaîne les courses dans des environnements extrêmes. Mais cette dernière aventure l’a confronté à une difficulté différente : l’altitude, avec un passage à plus de 6 000 mètres.

80 km dans le désert de sel

Au cours de la Bolivia Race, Francis Cutaia a notamment traversé le salar d’Uyuni, en Bolivie. Sur cette immense étendue blanche, le paysage semble ne jamais changer. Un phénomène qui a pesé sur son moral autant que sur son effort physique.

« On le voyait de loin, mais on avait toujours l’impression qu’on n’avançait pas. C’est un plateau, il n’y a pas d’arbre, il n’y a rien. Il y a juste le volcan devant vous et vous avancez, mais le volcan ne se rapproche jamais. »

Sur cette portion de 80 km, le coureur a mis plus de 8 heures pour atteindre le bout. Le vent lui projetait du sel sur tout le côté droit du corps, de la tête aux pieds. Il en respirait également, tandis que ses narines étaient congestionnées.

« À un moment donné, on se dit : ‘Putain, on n’y arrivera jamais. le volcan est toujours au même endroit’. »

Cette traversée reste, selon lui, le passage le plus difficile de la course. Le lendemain, il a encore fallu grimper jusqu’à 5 200 mètres d’altitude. Une succession d’efforts qui donne une idée des exigences de l’épreuve.

« Chaque pas demande un effort physique »

L’altitude a changé sa manière d’avancer. À ces hauteurs, le corps ne réagit plus du tout comme lors d’un effort au niveau de la mer. Les jambes deviennent lourdes et la progression se fait beaucoup plus lente. Les guides jouent alors un rôle essentiel : « Il faut vraiment écouter les guides. À un moment donné, si ils disent » stop «, on s’arrête directement car il ne faut pas jouer avec les éléments de la montagne. »

Pour avancer, Francis Cutaia s’est placé derrière son guide et a reproduit ses pas. « Je me suis mis derrière lui et je me concentrais pour mettre mon pied là où il mettait son pied. Chaque pas demande un effort physique », explique-t-il.

Cette Bolivia Race a également demandé une adaptation à des températures comprises, selon lui, entre 0 et 9 °C. Si le soleil a été présent pendant les onze jours de l’aventure, le froid et les vents ont longtemps accompagné les coureurs. Le dernier jour, l’arrivée se situait encore à 5 600 mètres d’altitude.

Une passion née à 50 ans

Francis Cutaia n’en était pas à son premier défi. Il avait envisagé de participer au Marathon des Sables dès 2020, avant que la pandémie de Covid-19 ne reporte son projet. Il a finalement pris le départ de cette course mythique en octobre 2021, lors d’une édition qu’il décrit comme particulièrement éprouvante, avec des températures pouvant atteindre 60 °C.

Cette première expérience lui a donné envie de continuer. En 2024, il a parcouru 520 km en Namibie, puis la même distance en Australie en 2025. Au printemps 2026, il a réalisé une course de 340 km au Costa Rica, avant de s’attaquer à la Bolivia Race.

« Quand on vit cette aventure-là, ça donne plus qu’envie de continuer pour à nouveau sortir de sa zone de confort et vivre autre chose que notre quotidien. »

Installé à Saint-Raphaël, il s’entraîne notamment dans le massif de l’Estérel et au mont Vinaigre. Pour préparer son passage en haute altitude, il s’est aussi rendu dans les Alpes, notamment au mont Rose, qui culmine à environ 4 600 mètres, et au col de la Bonette.

Mais pour lui, l’entraînement ne suffit pas : il faut aussi apprendre à se connaître. « Même si on est très entraîné, la douleur est là, et il faut savoir la gérer. Dans les courses comme ça, c’est de l’autogestion. »

Une aventure qui coûte plusieurs milliers d’euros

En plus de la difficulté physique, ces défis ont aussi un coût. Pour la Bolivia Race, l’inscription seule s’élevait à 1 811 euros, hors billets d’avion. Francis Cutaia bénéficie notamment du soutien de Tégo, une association qui accompagne les militaires, et finance le reste de sa poche. Pour l’avenir, il recherche également de nouveaux partenaires.

Au-delà de l’effort physique, le coureur dit revenir transformé de ses expéditions. Elles lui permettent de prendre du recul sur son quotidien et de relativiser les difficultés rencontrées à son retour.

« Quand je rentre de toutes ces courses-là, je suis purifié intérieurement. À mon retour, je vois la vie urbaine différemment. »

À 55 ans, il n’envisage pas de s’arrêter tant que sa santé le lui permet. Il pense déjà à de nouveaux horizons, notamment le Groenland, avec une épreuve de 160 km sur la banquise, mais aussi l’Antarctique, son rêve ultime.

« Les rêves ne meurent jamais », rappelle-t-il. Et ce Raphaëlois compte bien continuer à poursuivre les siens.

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