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Un rassemblement aux allures d’ultime répétition. Ce 24 septembre, au pied des anciens bunkers de la base sous-marine de Lorient, quatre des meilleurs navigateurs français se sont donné rendez-vous pour s’affronter à bord de leurs géants des mers. Parmi eux, Anthony Marchand, skipper d’Actual Ultim 4, l’un des rares trimarans de la classe Ultim. Ces monstres des océans mesurent 32 mètres de long et 23 de large, sont les plus grands voiliers de course au large.
Équipés de foils, des appendices qui permettent aux coques de s’élever au-dessus de l’eau, ils peuvent atteindre des vitesses approchant les 100 km/h. À un peu plus d’un mois du départ de la Route du Rhum, les 24H Ultim constituent l’une des dernières occasions de se mesurer à la concurrence. Au programme, quatre runs de vitesse sur un parcours chronométré d’un mille nautique, soit 1,85 kilomètre, puis une course au large d’environ 24 heures et 500 milles nautiques. Une répétition grandeur nature, permettant aux équipes de peaufiner les derniers réglages et de déceler d’éventuelles faiblesses avant la grande échéance.
Car le 1er novembre, Anthony Marchand, 41 ans, s’élancera de Saint-Malo à destination de Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe. Pour le navigateur breton, ce sera une première participation à cette transatlantique mythique, à bord d’un bateau qui connaît déjà le chemin : anciennement baptisé Maxi Edmond de Rothschild, le trimaran a remporté la dernière édition de la Route du Rhum, en 2022. Racheté par le Team Actual en janvier 2025, il a depuis subi une importante refonte technique pour être adapté à son nouveau skipper.
À Lorient, pendant que le skipper enchaîne les navigations, toute une équipe s'active autour de la machine. Environ 25 personnes interviennent sur le chantier. Ingénieurs, techniciens et spécialistes des différents équipements travaillent à optimiser les performances du trimaran.
Mais la préparation ne se limite pas à la recherche de performance. Il faut également anticiper les avaries, inévitables sur des machines aussi complexes, soumises à des contraintes considérables. « On fait vite des réparations de guerre à bord », résume Yves Le Blevec, directeur du Team Actual et ancien skipper de l'équipe. En pleine course, impossible de solliciter une équipe de techniciens : le navigateur doit pouvoir intervenir lui-même, parfois dans l'urgence, avec les outils et les pièces disponibles.
Cette première Route du Rhum revêt aussi une dimension particulièrement personnelle. Anthony Marchand a perdu sa mère quelques semaines avant le départ. Une épreuve intime qui accompagne désormais sa préparation, à l'approche de l'un des rendez-vous les plus importants de sa carrière.
Ce jeudi 29 octobre, c'est accompagné de Karine Le Marchand, marraine du bateau, que le skipper a baptisé sa monture. Désormais, les derniers préparatifs touchent à leur fin. Dimanche, au large de Saint-Malo, Anthony Marchand prendra seul la barre pour rallier la Guadeloupe. Avec, derrière lui, des mois de travail et toute une équipe qui suivra, depuis la terre, sa traversée de l'Atlantique.
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