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FIFA : les excuse d’Infantino ne passent pas, l’Allemagne lui répond que la confiance est rompue

Rarement le président de la FIFA s’était montré aussi contrit. Rarement, aussi, ses excuses avaient été aussi froidement accueillies. À Zurich, le mea culpa de Gianni Infantino n’a pas suffi à éteindre l’incendie.

Il fallait calmer la fronde. Jeudi, lors d’un Conseil de la FIFA organisé à Zurich, Gianni Infantino a présenté ses excuses devant les 37 membres de son exécutif, après la polémique provoquée par son projet d’ouvrir la Coupe du monde à des investisseurs privés. « Nous nous excusons pour les erreurs commises dans la conduite et la communication de ce projet », a déclaré le dirigeant italo-suisse, rapporte Foot Mercato. Un geste rare. Mais visiblement insuffisant.

Car à la sortie, le président de la Fédération allemande, Bernd Neuendorf, n’a pas caché sa déception : « Nous avons posé beaucoup de questions critiques, il n’y a pas eu de réponses satisfaisantes de mon point de vue. » Pour lui, la confiance envers Infantino est rompue. Et le dirigeant allemand d’enfoncer le clou, selon Goal : « Je n’ai pas eu le sentiment que ces excuses portaient sur le projet FIFA Forward dans son ensemble. »

Ambiance glaciale.

Un projet né dans l’ombre

Révélé début août, le projet « FIFA Forward Enterprise » prévoyait de confier une partie des droits commerciaux des Coupes du monde à une filiale ouverte à des investisseurs privés. L’initiative avait aussitôt provoqué une levée de boucliers, notamment de l’UEFA, de la Concacaf et de la Confédération asiatique. Le projet a fini par être abandonné. Mais la manière dont il a été conduit, elle, n’est toujours pas digérée.

Infantino, lui, persiste à défendre l’intention de départ. « Il est important de rappeler qu’il s’agissait d’une proposition, et non d’une décision définitive », a-t-il rappelé, assurant que l’objectif était simplement d’augmenter les ressources redistribuées aux fédérations membres.

L’Angleterre aussi monte au créneau

L’Allemagne n’est pas seule. Debbie Hewitt, présidente de la Fédération anglaise, a elle aussi regretté l’absence de réponses concrètes. « Nous n’avons obtenu aucune réponse à nos demandes spécifiques », a-t-elle déploré. Le patron de la FIFA s’est engagé à répondre ultérieurement par écrit aux questions des membres du Conseil. Une promesse qui ressemble fort à une manière de gagner du temps.

Tous ne sont pas sur cette ligne, cela dit. Certains dirigeants, comme le Mauritanien Ahmed Yahya, ont défendu les intentions initiales du projet.

Un Conseil sous haute tension

Cette séquence s’inscrit dans une réunion particulièrement agitée. Lors de ce même Conseil, les membres ont aussi décidé de faire examiner le « Prix de la paix » remis à Donald Trump en décembre 2025, une autre initiative très personnelle d’Infantino désormais passée au crible. Les conclusions sont attendues en décembre.

Rarement le président de la FIFA aura été autant contesté de l’intérieur. Ou plutôt, rarement les grandes fédérations européennes l’auront contesté aussi ouvertement.

Et maintenant ?

Infantino garde la main sur l’institution, et il devrait briguer un nouveau mandat. Mais le climat a changé. Les excuses, censées refermer le dossier, l’ont paradoxalement rouvert. Le feuilleton continue, et cette fois, ce sont ses propres membres qui écrivent la suite.

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