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Il y a un an, le Vélodrome vibrait pour Roberto De Zerbi, ému par l’amour de ses supporters après une large victoire face au Havre. Aujourd’hui, à Marseille, le climat est tout autre : finances sous tension, jeunes au pouvoir et l’avenir du club en suspens.
L’automne 2025 sentait l’électricité et la passion brute sur la Canebière. Au lendemain d’un OM-Le Havre à sens unique (6-2), l’actualité marseillaise s’écrivait à coups de banderoles et de déclarations d’amour. Le Vélodrome, alors en proie à la tension suite à la défaite à Rennes et à l’affaire Rowe-Rabiot, avait retrouvé un peu de son âme grâce à ses ultras. Les South Winners répondaient à De Zerbi par un vibrant « No, l’OM siamo noi !! » — tout un symbole de la rivalité affective entre tribune et banc. Mais la Vieille Garde, ce soir-là, avait choisi l’union sacrée : « Roberto, uno di noi », pouvait-on lire, accompagné d’un dessin du coach italien au poing levé. Ce message avait fait mouche : De Zerbi, passionné, s’était dit « très touché et heureux », renforçant ce sentiment d’idylle entre le technicien et un public prêt à s’enflammer pour ses couleurs. Sur la pelouse, l’OM alignait les buts et laissait entrevoir des lendemains qui chantent. Un an plus tard, ce décor paraît presque lointain.
Octobre 2026, le décor a changé. De Zerbi n’est plus là, remplacé par Bruno Genesio, et l’enthousiasme du Vélodrome a laissé place à une réalité plus rugueuse. Le club, secoué par des contraintes financières de plus en plus lourdes, est entré dans une phase de reconstruction où chaque euro compte. Les jeunes issus du centre de formation, comme Nouhoum Kamissoko, sont devenus les nouvelles têtes d’affiche, révélant un OM obligé de miser sur la jeunesse, non par choix mais par nécessité. Les départs et retours espérés, à l’image du dossier Simon Ngapandouetnbu, illustrent cette gestion au cordeau où la moindre option de rachat devient un enjeu stratégique. En coulisses, la gouvernance évolue : Franck McCourt cherche à équilibrer les comptes, tandis que la nomination de Joe Riley fait planer la question d’une possible vente. Sur le terrain, l’OM souffle le chaud et le froid, alternant jolis succès et passages à vide. Les grandes envolées du passé ont laissé la place à un club qui lutte, parfois dans l’anonymat du classement, pour retrouver sa place et ses certitudes. En un an, le romantisme De Zerbi a cédé devant la dureté des chiffres et la nécessité de reconstruire : à Marseille, l’histoire ne s’arrête jamais, mais la réalité du football moderne impose ses rappels à l’ordre.