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En Toscane, même le bitume a droit à son décor de carte postale. Près de Florence, le circuit du Mugello déroule ses virages au milieu des collines verdoyantes.
C'est là que Sami Meguetounif a passé une partie de sa semaine à conseiller les jeunes pilotes de l'écurie italienne Trident.
De quoi mettre du baume au cœur, sauf que le sien n'avait toujours pas quitté le Portugal. Samedi dernier, à Portimão, le Marseillais est passé tout près de son premier titre en endurance. Lors de la finale de l'European Le Mans Series (ELMS), il avait fait le plus dur : reprendre l'Oreca n°14 de TDS Racing en cinquième position et la rendre en tête, avec quinze secondes d'avance.
Mais dans le dernier tour, son coéquipier Scott Huffaker, pourtant prévenu qu'un nouvel écart au-delà des limites de piste serait sanctionné, a commis celui de trop. Première de sa catégorie à l'arrivée, la voiture a finalement été classée troisième. "Je le digère toujours mal. Le garage entier avait le regard dans le vide, c'était un mélange de stupeur et d'état de choc. On s'est retrouvé plongé dans un long silence...", confie-t-il.
Un épilogue cruel, qui n'efface pourtant rien du chemin parcouru. Pour ses débuts en ELMS, il a décroché deux podiums dans sa catégorie, dont une victoire à Silverstone, et terminé vice-champion d'Europe en LMP2 Pro/Am. "Rookie ou pas rookie, je savais en début d'année qu'on avait l'ambition de gagner", rappelle-t-il. La vitesse, il l'avait déjà. Restait à apprivoiser une discipline où elle ne suffit pas à faire la différence.
Se frayer un passage dans le trafic, ménager les pneus et le carburant, anticiper les stratégies : autant de réflexes à acquérir.
"Je me suis très vite adapté à l'auto, grâce à l'environnement humain de TDS Racing. Ils m'ont accueilli à bras ouverts en croyant en moi dès les premiers roulages", explique celui qui ne retient qu'une seule erreur cette saison, à Imola.
Mais sa plus belle réussite ne se mesure peut-être pas au chronomètre. "En Formule 2, il y a eu des moments très durs mentalement. Là, j'ai retrouvé beaucoup de confiance et de sérénité avec un pilotage plus proche de ce que j'ai connu auparavant", assure-t-il. De quoi envisager la suite avec enthousiasme.
Si son programme pour 2027 reste encore confidentiel, Sami Meguetounif annonce davantage de courses en endurance, avec des essais prévus d'ici décembre. "J'ai envie que mes vingt prochaines années ressemblent à ça." Pourvu que la route soit longue.