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« Jamais j’aurais cru être là un jour dans ma vie » : Jade Agboton, l’ascension fulgurante d’une championne du monde d’apnée
Apnée – Jade Agboton dépasse les 100 mètres et décroche l’argent mondial
Jade Agboton

En trois ans, Jade Agboton est passée de ses premières explorations sous-marines à un titre de championne du monde d’apnée. Un parcours aussi rapide qu’inattendu pour celle qui n’avait jamais pratiqué de sport à haut niveau avant de découvrir cette discipline. Entre une première rencontre décisive avec les apnéistes aux Philippines, l’apprentissage de la profondeur et la découverte de ses propres limites, la Française avance à toute vitesse. Sacrée championne du monde, elle savoure encore difficilement ce qui lui arrive, tout en gardant en tête ses prochains objectifs. Elle raconte cette ascension, son rapport à la peur et à son corps, mais aussi cette sensation d’apesanteur qui l’a fait tomber amoureuse de l’apnée.

Comment avez-vous vécu votre titre de championne du monde ? Qu’avez-vous ressenti au moment de comprendre que vous aviez décroché l’or ?

C’est incroyable. C’est le plus gros titre qu’on puisse obtenir en apnée, puisqu’il ne s’agit pas d’un sport olympique. Championne du monde, c’est vraiment le maximum. La suite, ce serait peut-être de battre un record du monde, mais être championne et vice-championne du monde, c’est déjà incroyable.

Au début, je n’arrivais pas à y croire. J’avais l’impression de marcher dans un rêve. J’avais aussi peur qu’il y ait énormément de protestations, parce que c’est souvent comme ça : tout est très protocolaire et chacun essaie de trouver la petite règle qui pourrait faire gagner une place à son athlète. Il y en a eu beaucoup et la journée a été interminable. Quand les résultats sont finalement tombés, je me demandais encore si c’était terminé, si c’étaient bien les derniers résultats ou si une nouvelle protestation allait arriver. Et finalement, c’était bien de l’or !

Je n’ai pas encore reçu ma médaille, je dois la récupérer après-demain. Je pense que je réaliserai davantage à ce moment-là. Mais ce qui me touche le plus, c’est de pouvoir chanter la Marseillaise sur le podium. Ça, c’est incroyable. Je risque de pleurer comme une madeleine ! Nous sommes vingt dans l’équipe de France ici, et j’ai vraiment hâte de vivre ce moment avec toute ma team.

Après des années de travail, atteindre le titre ultime doit être particulier. Comment envisagez-vous la suite, maintenant que vous êtes championne du monde ?

C’est fou. C’est la plus belle distinction que je pouvais obtenir. Ça m’a même mise dans une sorte d’état de transe : je me suis demandé ce qui allait se passer après ça. Une fois qu’on est championne du monde, qu’est-ce qu’on fait ?

C’est une vraie question. Être championne du monde n’était pas mon objectif de la saison. J’ai atteint un objectif que je plaçais très loin, à plusieurs années. Mon objectif de cette saison, en revanche, était de battre tous les records de France, et je ne l’ai pas encore atteint. Je vais donc commencer par ça.

Ensuite, j’imagine que, quand on a été championne du monde une fois, on a envie de le redevenir. Il y a deux championnats du monde par an, donc beaucoup d’occasions d’aller chercher de nouveaux titres. J’ai hâte d’être à l’année prochaine et de revenir sur ces deux championnats en sachant que j’en ai désormais les capacités.

C’est forcément un énorme boost de confiance en soi. Me retrouver sur le podium avec des personnes que je regardais de loin l’année dernière, c’est assez incroyable.

Votre parcours est d’autant plus surprenant que vous avez commencé l’apnée il y a seulement trois ans, et la compétition l’année dernière. Comment avez-vous découvert cette discipline ?

À la base, je viens plutôt du monde de la restauration et un peu de celui de la nuit. Mon dernier travail était à Nice, au Plongeoir, un magnifique restaurant situé sur la mer, vraiment au-dessus de l’eau. J’avais donc accès à la Méditerranée et j’allais nager tous les jours avant mon service, avec mes palmes, mon masque et mon tuba. J’essayais de descendre un peu, mais je n’arrivais pas à équilibrer mes oreilles, ce qui me limitait. Je crois que j’étais tout de même descendue à 17 mètres toute seule. Ce n’était déjà pas si mal, surtout en égalisant mal mes oreilles !

À la fin de cette saison, je me suis rendu compte que ce qui me rendait le plus heureuse, c’était tout simplement la mer : passer du temps sous l’eau et aller voir les poissons. C’était ce qui me permettait de m’évader. Je voulais être sur la mer tout le temps.

J’ai commencé par la plongée bouteille. J’ai bien aimé, mais ça n’a pas été le coup de foudre. Je ne me suis pas dit que j’allais en faire mon métier. En revanche, j’ai découvert les premiers apnéistes. Les voir descendre à des profondeurs où, moi, j’étais encore en train de respirer de l’air, puis les regarder passer du temps sous l’eau avant de remonter, je trouvais ça incroyable.

J’ai alors intégré un programme « Zero to Hero », qui permet de partir de zéro, ou des premiers niveaux, pour aller jusqu’au niveau instructeur. Je suis partie aux Philippines et là, ça a été le vrai coup de foudre, l’amour avec un grand A. Du jour au lendemain, l’apnée est devenue ma vie quotidienne.

Vous étiez pourtant partie aux Philippines pour une autre raison, au départ…

Mon projet initial était de voyager en Asie. Les Philippines étaient ma première étape : je voulais y passer mes niveaux un et deux, puis continuer à voyager en ayant les compétences nécessaires pour descendre sous l’eau et observer les poissons ailleurs.

Finalement, je n’ai vu que Panglao, aux Philippines ! Tout l’argent que j’avais mis de côté est parti dans cette année consacrée à l’apnée. Je suis devenue instructrice, j’ai acheté mes premières combinaisons et mes premières palmes, et j’ai commencé à descendre assez vite. J’ai atteint les 50 mètres en deux mois environ.

J’ai d’abord commencé la compétition en piscine, parce que la mer me faisait encore un peu peur. Ensuite, j’ai trouvé un travail en Dominique, où j’ai rencontré Deep Dominica et où l’on m’a donné l’occasion d’être safety, c’est-à-dire d’assurer la sécurité des athlètes sur de grandes compétitions. À ce moment-là, plusieurs personnes me disaient déjà que je devrais m’intéresser à la compétition et essayer la profondeur. Mais ça m’effrayait encore un peu.

C’était il y a deux ans. Ce travail m’a semblé être une bonne première étape pour me rapprocher de la compétition en profondeur. J’ai fait ça pendant un an, puis, l’année dernière, je me suis lancée de mes propres ailes. J’ai réalisé les minima pour participer aux championnats de France, où j’ai décroché l’argent et le bronze dans deux disciplines. Ces résultats m’ont permis d’être sélectionnée pour les championnats du monde.

Et ensuite, l’histoire a continué de s’écrire : les records, les championnats du monde, les médailles… Tout est allé à une vitesse folle. Mais, à la base, ce n’était absolument pas mon rêve. Je n’avais jamais rêvé d’être apnéiste et je n’avais jamais fait de sport à haut niveau avant ça.

Avec une progression aussi rapide, avez-vous le temps de réaliser ce qui vous arrive ?

Pas vraiment. C’est aussi pour ça que j’ai du mal à mettre des mots sur ce que je vis, sur les sensations et les émotions. Tout va tellement vite depuis un an que j’ai parfois l’impression d’avoir du mal à suivre le train. Mon cerveau est un peu en mode automatique : on avance, prochaine compétition, prochain record, et ça ne s’arrête jamais.

Même aujourd’hui, après certaines plongées, je fais surface et je me demande : « Mais qu’est-ce que je viens de faire ? Qu’est-ce que je fais de ma vie ? » La première personne impressionnée par ce qui m’arrive, c’est moi. Jamais je n’aurais cru être là un jour dans ma vie.

J’ai aussi hâte de rentrer et de pouvoir me poser pour contempler un peu cette médaille. Ce n’est pas ma première médaille internationale, c’est la deuxième. J’ai eu le sentiment de ne pas avoir eu le temps de profiter de ma médaille de bronze au dernier championnat. Cette fois, je compte vraiment m’asseoir avec ma médaille et, comme on dit en anglais, « soak it in », prendre le temps de savourer ce moment.

Je n’ai pas envie non plus que tout cela devienne trop normal. Lors des derniers championnats du monde, j’ai vu des personnes pour qui remporter une médaille semblait presque aller de soi. Je n’ai vraiment pas hâte d’arriver à ce stade où l’on me dira simplement : « Ah, tu as ramené une médaille, super, tu es championne. » C’est important de garder des étoiles dans les yeux, d’aimer ce qu’on fait et de continuer avec passion. J’ai aussi besoin de voir cette discipline à travers les yeux des gens qui la découvrent. Quand on leur dit qu’on plonge à 20 mètres, ils sont déjà impressionnés ! Ça fait du bien de retrouver cette perspective.

Vous dites qu’il y a encore deux ans, la mer vous faisait peur. Qu’est-ce qui vous effrayait, et comment avez-vous réussi à dépasser cette appréhension ?

Déjà, ça fait peur, tout simplement ! Ce n’est pas parce qu’on est apnéiste qu’on a moins peur que les autres. C’est plutôt qu’on apprend à plonger dans nos peurs.

Ce qui m’a permis de les atténuer, c’est l’entraînement et la confiance que j’ai gagnée petit à petit. J’avais notamment ce syndrome de l’imposteur, cette impression de ne pas avoir ma place. Je le ressentais encore en début de saison. Mais, à force de m’entraîner, d’enchaîner les records et de m’habituer à ces profondeurs, j’ai fini par avoir davantage confiance en moi. Je sais désormais que je suis solide, que je ne suis pas en train de faire un pari avec ma vie. Je suis une athlète, je suis entraînée, je suis faite pour ça et je me prépare pour ça.

Ce matin, par exemple, je suis arrivée sur la ligne pour ma plongée à 101 mètres en sachant que je m’y étais préparée et que j’allais réussir mon dive. Je n’avais aucun doute. Et je pense que le fait de ne pas douter enlève une grande partie de la peur.

À ce stade, le stress vient davantage de l’enjeu, du titre et de la médaille. Je savais que je plongeais pour l’argent. Ce n’est plus tout à fait la même peur que celle de la mer elle-même.

Cela dit, la mer reste un environnement qu’il faut respecter et dont il faut se méfier. Rien n’est jamais acquis. Pour mon titre de championne du monde, les conditions étaient absolument horribles, avec beaucoup de courant. C’est quelque chose qu’on ne peut pas toujours prévoir. On arrive le jour prévu, on annonce une profondeur et, parfois, il faut accepter que ce ne soit pas le bon jour.

Plusieurs concurrentes qui étaient mieux placées que moi n’ont pas pu réaliser leur plongée. Un record du monde était annoncé, mais les conditions ne permettaient pas de le tenter. L’athlète concernée a dû faire demi-tour, et cela m’a fait gagner des places.

En apnée, il faut aller toujours plus profond tout en restant calme. Comment apprend-on à maîtriser ses émotions dans un environnement aussi exigeant ?

Je pense que cela dépend de la personnalité de chacun. On n’est pas tous naturellement calmes ! Certaines personnes doivent vraiment apprendre à maîtriser cet état. Moi aussi, j’ai dû l’apprendre.

Avant, mon métier, c’était la fête. Le calme, ce n’était pas quelque chose que je connaissais vraiment. Et pourtant, la mer a un effet incroyable sur moi. Je peux être très irritée sur terre, puis entrer dans l’eau et ressentir immédiatement un bien-être. Elle m’apaise instantanément.

Aujourd’hui, j’ai réalisé tellement de plongées depuis mes débuts en compétition que, lorsque je suis sur la ligne de départ, je passe presque en pilote automatique. Toute une série d’actions s’enchaînent. Mon cerveau n’a pas besoin de beaucoup réfléchir tant que le plan se déroule comme prévu.

Mais parfois, les choses ne se passent pas comme prévu. À Chypre, pendant les entraînements officiels, je me suis fait attraper par le courant à 80 mètres. Ce n’est évidemment pas une bonne nouvelle. Je m’apprêtais à annoncer 95 mètres, ce qui aurait représenté une plongée à seulement un mètre de plus que mon record personnel.

À ce moment-là, mon cerveau est sorti de son état de calme. J’ai ressenti un petit mouvement de panique, comme tout le monde, en me demandant combien de temps cela allait durer et en essayant d’évaluer la force du courant. C’était une plongée importante, avec des limites hypoxiques que je devais prendre en compte. J’ai donc fait demi-tour.

C’est pareil pour une autre plongée, où j’ai renoncé parce que je sentais que quelque chose n’allait pas : j’étais trop fatiguée, mon égalisation ne fonctionnait pas bien et mes sensations étaient différentes de d’habitude. J’ai préféré faire demi-tour. Le calme existe tant que le plan suit son cours, mais il faut aussi savoir reconnaître le moment où ce n’est plus le cas.

À ces profondeurs, comment faites-vous la différence entre une peur qu’il faut dépasser et un signal du corps qu’il faut écouter ?

C’est une question intéressante, parce que je suis encore en train d’essayer d’y répondre. Il y a des moments où je m’impressionne moi-même, lorsque je réussis à mettre certains signaux de côté pour réaliser ma plongée. Mais c’est vraiment du cas par cas. Si vous me demandiez d’écrire un mode d’emploi pour savoir quand continuer et quand s’arrêter, je ne saurais même pas par où commencer.

Je pense que cela relève beaucoup de l’instinct. C’est comme ça que je fonctionne dans la vie, quoi qu’il arrive. Pendant une plongée, on scanne son corps encore et encore. Pour chaque sensation, il faut essayer de comprendre si elle peut nous mettre en danger ou si elle vient d’une peur qui n’est pas fondée et qui ne nous empêchera pas de réaliser le dive.

C’est particulièrement difficile dans la discipline du brasse, où l’on remonte en nageant. Mon cerveau m’envoie tous les signaux possibles pour me pousser à tirer sur la corde, à remonter et à arrêter de souffrir. C’est une discipline très dure, avec beaucoup d’acide lactique et de CO₂ qui s’accumulent dans le corps. Les sensations sont parfois horribles.

Il faut donc apprendre à s’écouter, mais c’est extrêmement difficile. L’instinct joue un rôle essentiel.

Cette attention constante aux sensations a-t-elle changé votre rapport à votre corps ?

Absolument. J’ai l’impression de mieux me connaître, aussi bien physiquement que psychologiquement. J’ai beaucoup appris sur moi depuis le début de ce parcours, et je pense que je n’ai pas fini d’apprendre, notamment en tant que femme.

Avant, je suivais mon cycle menstruel comme beaucoup de femmes, pour savoir quand mes règles allaient arriver ou quand j’allais ovuler. Aujourd’hui, cela a pris une tout autre ampleur, parce que je vis vraiment avec mon cycle et mon corps de femme. Cela influe beaucoup sur mes performances.

Je me suis mise à lire des livres sur le cycle menstruel des femmes dans le sport, sur la manière de gérer son cycle en fonction de sa pratique, mais aussi sur la nutrition et les apports dont on a besoin selon les différentes phases du cycle.

Avec le temps, en intégrant le yoga et la méditation et en apprenant à écouter les signaux de mon corps, j’ai compris qu’il nous indique ce dont il a besoin. Il faut simplement savoir s’écouter. J’ai pu appliquer dans la réalité ce que j’avais appris dans les livres, et je me suis rendu compte que, même sans ces lectures, j’aurais probablement pu arriver aux mêmes conclusions en étant attentive à moi-même.

Il faut juste s’écouter. J’ai la chance d’évoluer dans un sport où cette écoute est au cœur de la pratique : on médite, on observe son corps en permanence. Tout le monde n’a pas ce luxe au quotidien, entre les responsabilités, les métiers stressants et les obligations. Moi, j’ai la possibilité de consacrer beaucoup de temps à écouter mon corps.

Je trouve que c’est un luxe de pouvoir vivre à son rythme. Et c’est finalement l’un des aspects qui me plaît le plus dans ce que je fais : toutes ces choses que je continue de découvrir sur moi-même.

Comment vos proches vivent-ils cette ascension fulgurante, entre vos débuts il y a trois ans et ce titre mondial aujourd’hui ?

Personne n’y croit vraiment ! Enfin, si moi je n’y crois pas encore, eux y croient encore moins. Ma mère, notamment, en perd le sommeil. Elle stresse pour tout : quand elle me voit faire demi-tour, quand elle n’a pas les résultats…

Aujourd’hui, je lui ai même envoyé un message pour lui demander d’attendre un peu avant de regarder ma plongée, le temps d’être sûre que tout se passe bien.

Je lui répète que je ne vais pas mourir sur une plateforme où il y a une vingtaine de personnes, des équipes médicales et de l’oxygène partout. Je peux me faire mal, bien sûr, mais je ne vais pas mourir. J’essaie de la rassurer comme je peux !

Pour le reste de ma famille, comme pour beaucoup de gens, tout cela reste assez lunaire. À force d’évoluer avec des apnéistes, je finis par perdre un peu de vue à quel point ce que nous faisons est impressionnant. Mais c’est vrai que c’est énorme.

Si vous pouviez faire découvrir une seule sensation de l’apnée à quelqu’un qui n’a jamais mis la tête sous l’eau, laquelle choisiriez-vous ?

La sensation d’apesanteur. Je suis sûre que les astronautes répondraient la même chose ! C’est tellement incroyable.

En apnée, on descend avec les poumons pleins, donc la quantité d’air que l’on a dans le corps ne change pas. Au fur et à mesure de la descente, on passe par une flottabilité positive, puis neutre, puis négative. La zone de flottabilité neutre se situe généralement entre 10 et 15 mètres, même si cela dépend de plusieurs facteurs.

À cette profondeur, on peut se retrouver dans une situation où l’on ne remonte ni ne descend. On lâche tout et on ne va nulle part. On ne sent plus la gravité, ni cette force qui nous pousse vers le haut, ni celle qui nous entraîne vers le bas. Tout s’arrête.

Il y a aussi le silence. Contrairement à la plongée bouteille, où l’on entend constamment les bulles, en apnée, tout est silencieux. On entend généralement uniquement son cœur, dont le rythme ralentit progressivement sous l’effet de l’eau, qui a des vertus apaisantes sur le corps.

On a l’impression de s’endormir et de flotter. Au bout d’un moment, l’envie de respirer arrive, mais parfois, on est tellement calme qu’elle n’est même pas dérangeante. On a simplement envie de rester là un peu plus longtemps.

C’est une sensation incroyable. Et c’est justement ce que je fais comme échauffement avant chacune de mes plongées profondes.

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