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Les supporters de la Roma avaient préparé un accueil royal. Dans la tribune des tifosi, une immense banderole montrait José Mourinho brandissant la Ligue Europa Conférence, ce trophée européen qu’il avait offert au club pendant ses deux ans et demi dans la capitale italienne. Mercredi soir, le Portugais revenait à l’Olimpico sur le banc du Real Madrid. Il en est reparti avec une victoire 4-3 arrachée dans les dernières minutes. Cruel.
Pendant plus de 80 minutes, pourtant, la soirée avait tout d’un cauchemar pour le Real. Marten de Roon ouvre le score à la 20e minute. Kylian Mbappé égalise, avant qu’un doublé de Donyell Malen ne donne deux buts d’avance à la Roma de Gian Piero Gasperini. À 3-1, l’équipe de Mourinho semble totalement dépassée.
Puis tout bascule en sept minutes, et uniquement sur corners. À la 83e, Carlos Espí reprend un ballon mal relâché par le gardien. Deux minutes plus tard, Endrick égalise de la tête sur un corner d’Arda Güler. Et à la 90e, c’est Antonio Rüdiger, ancien défenseur de la Roma, qui crucifie son ex-club sur un nouveau coup de pied arrêté du Turc. L’Olimpico est réduit au silence. Personne ne l’avait vu venir.
Mourinho, lui, n’a pas cherché à tirer la couverture à lui. « Je ne vais pas jouer au génie et dire que j’avais prévu de passer de 3-1 à 4-3 », a-t-il reconnu avec un sourire. Selon ESPN, il a même pris sur lui les difficultés de son équipe en première période, avant de saluer la réaction de ses joueurs. Une humilité inhabituelle, qui n’a pas empêché le Special One de savourer.
Ses choix ont pourtant fait la différence. Deux des trois buteurs de la fin de match, Espí et Endrick, sont entrés en cours de partie, tout comme Güler, auteur de deux passes décisives. Le Turc fait d’ailleurs partie des joueurs qui créent le plus d’occasions dans les cinq grands championnats cette saison. De quoi relancer le débat sur sa place de titulaire.
Au milieu de ce chaos, Mbappé a lui aussi écrit une page d’histoire. À 27 ans, il est devenu le plus jeune joueur à atteindre 100 matchs de Ligue des champions, et seulement le huitième à célébrer cette centaine par un but. Avant lui, seuls Cristiano Ronaldo en 2014 et Toni Kroos en 2019 l’avaient fait sous le maillot merengue.
La soirée n’a pas été parfaite pour autant. Deux heures avant le coup d’envoi, le Real apprenait la suspension de Vinícius pour quatre matchs de Liga, dont le Clasico. Mourinho a d’ailleurs vivement dénoncé ce timing en conférence de presse. Le contraste est saisissant : le meilleur moment de son retour à Madrid coïncide avec le début d’un bras de fer avec la fédération espagnole.
Pour la Roma, la pilule est dure à avaler. Marquer trois buts contre le Real et perdre quand même, voilà une soirée que le club n’oubliera pas de sitôt. Pour Mourinho, c’est l’inverse : la preuve que son Real sait souffrir et revenir. Exactement ce qu’on attend d’une équipe du Portugais.