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Ligue 2. Thierry Debès, entraîneur du Pau FC : « J’ai payé des trucs que je n’avais pas à payer »

Souvent tancé depuis sa prise de pouvoir en janvier dernier, l’entraîneur du Pau FC, Thierry Debès, s’est concentré sur son travail pour que les résultats inversent cette tendance. Avant le déplacement à Metz (ce vendredi à 20 heures), il retrace cette passe

Thierry Debès, sous des trombes d’eau, mais victorieux face à Grenoble (2-1).

Pas du tout ! Ce n’est pas ma mentalité. Je donne le maximum, je passe des heures et des heures au stade pour bosser le plus possible, pour être le plus précis dans ce que l’on veut faire. Ça marche ou ça ne marche pas, cela dépend de beaucoup de facteurs, mais j’essaye, avec mon staff, de mettre les choses en place le mieux possible. Mais il n’y a aucune revanche parce que, je n’étais pas pessimiste quand cela fonctionnait moins bien et je ne m’enflamme pas pour autant aujourd’hui.

Depuis votre prise de fonction...

Pas du tout ! Ce n’est pas ma mentalité. Je donne le maximum, je passe des heures et des heures au stade pour bosser le plus possible, pour être le plus précis dans ce que l’on veut faire. Ça marche ou ça ne marche pas, cela dépend de beaucoup de facteurs, mais j’essaye, avec mon staff, de mettre les choses en place le mieux possible. Mais il n’y a aucune revanche parce que, je n’étais pas pessimiste quand cela fonctionnait moins bien et je ne m’enflamme pas pour autant aujourd’hui.

Depuis votre prise de fonction fin janvier, le jeu de l’équipe et votre système de jeu ont souvent été critiqués. L’avez-vous vécu comme une injustice ?

Oui, peut-être parce que les gens n’ont pas vraiment essayé de comprendre ce que je voulais mettre en place. C’est en tout cas mon ressenti. Je ne suis pas jusqu’au-boutiste et, si je pense que ce que je veux mettre en place ne correspond pas aux joueurs que j’ai à ma disposition, je suis capable de changer. C’est ce que j’ai fait la saison dernière, peut-être un peu trop tard, parce que j’avais des joueurs qui n’avaient pas du tout travaillé dans mon système préférentiel, à trois derrière, et qui n’en avaient peut-être pas envie. Cette année, on a bâti un effectif pour jouer dans ce système-là et j’étais convaincu que cela fonctionnerait. On sent, en plus, que les joueurs s’épanouissent. Je leur avais dit que j’étais convaincu qu’on pouvait se régaler dans ce système parce que j’avais réussi à insuffler ça à Ajaccio.

Il vous faut aussi lutter contre cette image tenace d’entraîneur défensif... 

J’ai sans aucun doute été mal compris par une partie du public et même aussi par certains joueurs de la saison dernière. Dans ma façon de jouer, il y a une part de maîtrise, une part de personnalité avec le ballon mais aussi une part de structure. Effectivement, je ne me vois pas encaisser 60 ou 70 buts par saison parce que cela va contre ma philosophie. Cela étant dit, il n’y a qu’un seul match cette saison où on a terminé avec moins d’expected goals (buts attendus, NDLR) que l’adversaire, à Dijon, où l’on a gagné. Cela prouve bien mon envie d’aller de l’avant et de marquer des buts ! En fait, Il y a ce que je véhicule, ce qui est ressenti, mais il y a aussi un manque d’objectivité tenace qui part d’un a priori selon lequel je suis un entraîneur défensif. Pourtant, avant chaque match, je rappelle à mes joueurs que je veux qu’ils soient inventifs. Je veux qu’on frappe, qu’on centre. Je veux qu’ils aient le maximum de libertés dans les 30 derniers mètres pour apporter le danger. Je leur demande même souvent de prendre plus de risques qu’il ne faudrait dans ces zones-là ! 

“On a renversé Grenoble parce qu’après l’égalisation, on a senti le public pousser très fort”

Pensez-vous aussi avoir payé le fait de succéder à Nicolas Usaï, qui était très apprécié ?

Je pense que les gens ont surtout fait un raccourci très éloigné de la réalité. J’étais très heureux de travailler avec Nico et j’aurais vraiment aimé que cela dure jusqu’à la fin de la saison. Même si j’avais senti, déjà avant Noël, qu’il était fatigué de la situation. Ensuite, j’ai un peu subi le fait de prendre la suite à la tête d’une équipe qui s’était imposée qu’une fois en treize journées. Les gens ont retenu le début de saison merveilleux mais ne se sont pas vraiment rendu compte que je récupérais une équipe en crise. Quand je reprends l’équipe, on est 12e, et on termine 9e. Comme quoi, mon bilan était loin d’être catastrophique. Beaucoup de monde a aussi pensé que Nico avait été limogé alors que ce n’était pas le cas parce que c’est lui qui a décidé de partir. Tout ça a créé une ambiance qui était contre moi, sans que je puisse faire quoi que ce soit. Je sais la personne que je suis et je connais mes valeurs mais, avec les rumeurs, il n’y a rien à faire. Je me suis réfugié dans mon travail, avec mon staff et mon groupe car on sait tous qu’il n’y a qu’une chose qui peut aller contre tout ça, c’est avoir des résultats.

Sentez-vous que le regard des gens a changé à votre endroit ?

En tout cas, je n’ai jamais changé ma communication et mon attitude mais il n’y avait pas tout pour moi en ce début d’aventure. Par exemple, j’arrivais d’Ajaccio après un dépôt de bilan et j’ai payé des trucs que je n’avais pas à payer ! Je suis juste l’entraîneur qui a permis à Ajaccio de passer de 18e avec 7 points de retard à la trêve à un maintien avec 12 points d’avance. Parfois, j’avais l’impression que, dans les yeux des gens, c’est moi qui avais fait couler le club. Bien sûr, on préfère tous être aimé mais je ne peux pas faire plus que ce que je fais. Mais je ne sais pas si leur regard a changé parce que je suis tellement focus dans mon travail que je ne m’en rends pas compte.

Quels sont les reproches qui vous ont le plus touchés ?

Tant qu’on attaque l’entraîneur, cela ne me dérange pas du tout. Le foot est un des rares milieux où tout le monde a le droit de parler et d’avoir son avis. En revanche, quand on parle de l’homme, j’ai beaucoup plus de mal avec les critiques. Je suis dans des staffs depuis 2012, je n’ai jamais fait quelque chose de négatif par rapport aux gens qui travaillent avec moi, jamais mal parlé des adversaires ou des arbitres. Je suis quelqu’un de très respectueux dans la vie alors, quand on attaque l’homme, ça me blesse beaucoup plus.

L’un des éléments qui illustre le changement de regard à votre égard est peut-être l’ambiance du Nouste Camp vendredi face à Grenoble ?

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