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ENTRETIEN. Pro D2 : "On est mal payés, mais c’est parce qu’on n’a pas su se payer"... Le constat du manager de Nevers Xavier Péméja avant d'accueillir le SU Agen d'Hugo Bouyssou
REPORTAGE DDM MANUEL MASSIP

l'essentiel Défait d’un point contre Béziers, de deux points contre Biarritz et Narbonne, de quatre points contre Montauban, Nevers n’a pas eu de réussite dans ce début de saison et occupe la dernière place du championnat après six journées. Nous avons fait le point avec son manager Xavier Péméja avant le rendez-vous important contre Agen ce vendredi à 21 heures.

Nevers est dernier de Pro D2 après six journées. Cependant, quand on regarde vos résultats de plus près, on peut dire que c’est mal payé ?

Sur les quatre premiers matchs, on aurait dû en gagner au minimum trois, et on aurait pu même en gagner un quatrième. On est mal payés, certes, mais c’est parce qu’on n’a pas su se payer tout simplement. Et depuis, on le traîne. À côté de cela, j’ai beaucoup de blessures, et notamment des joueurs d’expérience. Cela fait qu’on joue avec beaucoup de jeunes ou avec des joueurs qui arrivent de Nationale et qui n’ont pas encore l’expérience de la Pro D2. Avec trois victoires, on pourrait attendre plus sereinement le retour de tout le monde. Il faut faire avec, il y a Agen qui arrive. On sait qu’aujourd’hui, on est visés par tout le monde, et c’est normal. Il ne faut pas lâcher. Il faut rentrer sur le terrain pour gagner le match dès le début. On prend trop de points sur les entames. Mais je crois en ce groupe. On a beaucoup de compétence à l’infirmerie, mais on a des joueurs qui sont en train de devenir compétents. Puis, on ne lâche pas. C’est un signe important. Le groupe n’est pas en dépression, il fonctionne bien. Je ne suis pas dans la panique. Je sais que c’est possible de gagner contre Agen ce vendredi.

Agen, qui a vécu aussi un début de saison compliqué avec deux défaites à la maison...

Oui, mais le SUA a joué Provence Rugby, Oyonnax et Brive. Nous, on n’a pas encore reçu de gros.

Historiquement, Agen vous réussit plutôt bien à domicile, comme en atteste votre dernier succès 54-17...

Vous savez, Biarritz aussi avait du mal, et, pourtant, ils ont gagné. On leur a donné le match. Cela ne veut rien dire tout cela. Un match ne se joue qu’une fois. Il faut qu’on gagne pour pouvoir souffler, et donner un peu de plaisir aux joueurs, car, quand vous ne faites que perdre, cela fait mal.

Vous allez retrouver Hugo Bouyssou, qui était l’an passé à Nevers. Un mot sur votre ancien joueur ?

C’était notre capitaine. Il a fait le choix d’aller à Agen, il n’y a pas de problème. C’est un homme bien. Quand il a démarré avec nous, il était numéro deux, puis, petit à petit, par son travail et ses performances, il est passé numéro un et capitaine. C’est le genre de joueurs que tout entraîneur a envie d’avoir. Cela a été une perte, mais cela a donné l’opportunité à Simon (Tarel) de s’exprimer. Il est en train de grandir aussi comme Hugo l’a fait. Après, le problème que j’ai, c’est qu’à chaque fois qu’un joueur devient grand, je le perds, et il faut repartir à zéro avec d’autres.

Vous regrettez cela ?

C’est comme cela. Le choix a été fait d’être sur la formation. Le club de Nevers a changé d’image. C’était un club avec une image de mercenaires. Aujourd’hui, c’est un club qui est beaucoup sur la formation. L’avantage, c’est qu’il y a de l’énergie. Mais, par contre, on manque de maîtrise et d’expérience. Et les rares joueurs d’expérience que j’ai sont malheureusement aujourd’hui à l’infirmerie. Mais je ne m’affole pas, je sais qu’ils vont revenir. J’espère toutefois qu’on va gagner ce vendredi. Cela nous ferait une bonne bouffée d’oxygène.

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