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Bruno Genesio n’a pas éludé la question. En conférence de presse vendredi, avant la réception de Toulouse, l’entraîneur de l’OM a été interrogé sur le niveau de la Ligue 1. Et sa réponse a eu le mérite de la franchise, rapporte Foot Mercato. « Pour regarder beaucoup de matchs étrangers, il y a des purges en L1, mais il y en a aussi en Premier League », a-t-il lâché.
Le technicien de 60 ans, qui entraîne en Ligue 1 depuis 2015, a toutefois refusé de noircir le tableau : « Je trouve que globalement le niveau reste correct. » Pas question, pour lui, de parler d’un championnat au rabais. Mais le constat qui suit est plus amer.
Pour Genesio, le problème est ailleurs. « Depuis que je suis entraîneur, les meilleurs joueurs partent à l’étranger et de plus en plus tôt », a-t-il observé. Une hémorragie qui empêche les clubs français de construire dans la durée : « On perd beaucoup de joueurs chaque année, c’est difficile de créer un effectif qualitatif. »
L’entraîneur olympien pointe les difficultés économiques du football français, qui contraignent les clubs à vendre leurs meilleurs éléments. Et il fait le lien avec les compétitions européennes : jouer sur plusieurs tableaux exige un effectif large, difficile à bâtir quand les départs s’enchaînent. Il cite d’ailleurs l’exemple des clubs portugais, qui s’en sortent un peu mieux que les français selon lui.
Ces mots prennent une résonance particulière à l’OM. Cet été, le club s’est séparé de plusieurs cadres, de Mason Greenwood à Facundo Medina en passant par Geronimo Rulli et Pierre-Emerick Aubameyang, selon le site brésilien Trivela. Et selon le JDD, Genesio aurait sans doute démissionné si Igor Paixão avait été vendu à Sunderland en fin de mercato. Le sujet le touche directement.
En Ligue Europa, l’OM n’a toujours pas pris le moindre point, selon Sports Mole. Un symptôme, peut-être, de cette difficulté à rivaliser sur plusieurs fronts avec un effectif sans cesse renouvelé.
Genesio a aussi salué l’apport des entraîneurs étrangers en Ligue 1, qui amènent d’autres approches tactiques, physiques et mentales. Avant de conclure en s’interrogeant, sans trancher, sur la méthode adoptée par le football français. « C’est difficile de répondre, mais c’est un constat clair », a-t-il résumé.
Un discours lucide, qui tranche avec la langue de bois habituelle. Et qui risque de faire réagir, à l’heure où la Ligue 1 cherche à redorer son image et à convaincre les diffuseurs. Le débat est lancé.
Le phénomène n’est pas nouveau, mais il s’accélère. Chaque été, la Ligue 1 voit partir certains de ses meilleurs talents vers la Premier League, la Bundesliga ou la Liga, parfois avant même qu’ils aient confirmé en France. Les clubs vendeurs encaissent, mais le championnat perd en qualité.
Pour l’OM, la priorité reste immédiate : battre Toulouse dimanche. Le constat sur la Ligue 1 attendra. Ou plutôt, il s’écrira aussi sur le terrain, match après match.